Le jour d’après

Le jour d’après ce sont là-bas les manifestations de centaines de milliers de musulmans hostiles aux caricatures du prophète et ici les coups de menton sécuritaires et la « guerre à l’islamisme ».

Cà va passer. Les affaires reprennent : terreur au Nigeria avec Boko Haram, Dahesh en Irak et à Kobane, Mali, Sahel … et les islamistes radicaux sur nos territoires européens.

La Nouvelle République des Pyrénées, par exemple, s’insurge déjà contre le paravent « social » qui serait un alibi pour ce radicalisme. Ailleurs, on ne parle que de police et de contrôle d’Internet. Et la question interdite reste tue : est-ce que le jeu des caricatures vaut la mèche des attentats ?

Moi, je n’y comprends rien. Alors, j’écoute ce qu’il est advenu de la voix d’un grand disparu : Abdelwahab Meddeb, Ecrivain, poète, directeur de la revue internationale Dédale, producteur de l’émission hebdomadaire «Cultures d’islam» sur France Culture. Il est décédé le 6 novembre 2014 à l’âge de 68 ans.

Son émission est reprise à présent par Abdennour Bidar, philosophe, normalien, spécialiste de l’islam et des mutations de la vie spirituelle, chargé de mission sur la « Pédagogie de la laïcité » par le ministère de l’Education Nationale et le Haut conseil à l’intégration,

Au cours de cette émission Abdennour Bidar  s’entretient avec Jacques Gabriel Huntzinger, ancien ambassadeur français en Israël, en Estonie et en Macédoine, ancien ambassadeur auprès de l’Union pour la Méditerranée. Il est l’auteur de « Il était une fois la Méditerranée » (2010) et « Les printemps arabes : La sécularisation de l’Islam ».

Pour ces deux penseurs,  les sociétés du monde musulman sont à le recherche d’une voie singulière, dans la sécularisation – avec des divisions internes : modernité et tradition d’un côté, aspiration au changement et attachement au passé de l’autre.

Après les Printemps

Pour voir ce qui reste des printemps arabes, des protestations, des revendications en faveur de la modernité, il faut nous libérer des logiques d’accusations mutuelles – matérialisme impérialiste contre fondamentalisme et intégrisme. Il importe de mettre en place une logique de compréhension et de coopération.

La sécularisation en œuvre du côté de l’islam diffère de ce que nous avons connu avec le christianisme. Selon Max Weber, la sécularisation est une distanciation entre les divers domaines de la vie religieuse, sociale, juridique et politique. Ce qui advient est différent de la « séparation-laïcité » occidentale, mais cette distanciation progressive n’en est pas moins irréversible. C’est différent de ce que nous avions imaginé, ce qui n’exclue pas que notre propre sécularisation soit elle-même en crise. Le dialogue est d’autant plus nécessaire entre les deux rives de la Méditerranée, ce qui interdit tout stéréotype, toute fixité de la perception.

Un chemin spécifique

Le monde arabo-musulman est en train de se séculariser sans pour autant sortir du religieux. Voyez la constitution tunisienne de janvier 2014 : dimension musulmane mais refus de la charia, liberté de conscience, droit à l’apostasie. La norme est laïque et la religion est présente.

Juxtaposition ou conciliation ?  En dépit de phases de régression, nous sommes sur le temps long et nous ne percevons qu’un phénomène inachevé. C’est 1791… ou Thermidor. Il nous a fallu un siècle pour installer la République en France. Ils iront plus vite – mais sur plusieurs décennies. Bruno Latour ne dit pas autre chose.

Cette sécurisation est beaucoup moins visible que l’islamisme radical – mais tout aussi présente – bien que souvent rejetée par le monde intellectuel.

Le juridique

A l’origine, les Arabes avaient créé quatre écoles de pensée juridique :  hanafisme, malikisme, hanbalisme et mutazilisme. Cette dernière, aux deuxième et troisième siècle de l’hégire (IXe et Xe siècle), instillait des principes de liberté, de responsabilité et de raison, en rapport à Dieu. Elle a échoué parce que le peuple l’a rejetée. Puis, au XIXe siècle, l’occident pose ses principes de sécularisation, hérités de la Renaissance, la philosophie des Lumières et la Révolution. A la fin du XIXe siècle, les grands nationalistes arabes étaient des laïques – mais ils ont agi en sens inverse (baasistes en Syrie et en Irak). On a perdu la voie d’une « société civile religieuse ».

Je préférerais pour ma part m’en tenir à « faire valoir le libre examen de la conscience et de la raison tout en manifestant un attachement à un certain nombre de vertus, de valeurs et d’héritages spirituels». L’occident n’a pas plus que l’Orient actuel la réponse à cette quadrature du cercle.

La reprise de ce rendez-vous manqué n’est pas évidente mais elle est ouverte. Les « printemps », renversant des régimes politiques, ne sont que la première manifestation de cette modernisation qui s’est opérée depuis 30 ou 40 ans. Parce que le monde social a changé, les valeurs de liberté, d’état de droit, se sont affirmées. Ça va continuer ! Ceux qui ne s’intéressaient qu’aux « barbus » ont été surpris par les Printemps – pas ceux qui ont étudié les sociétés arabes : ils savaient à quel point ces sociétés avaient changé, à quel point les femmes avaient changé – avec aussi la chute du taux de natalité, y compris en Arabie Saoudite où les femmes sont dans les universités et jusqu’à la chambre de commerce de Djeddah. Les Printemps arabes ne sont que la partie émergée de ces bouleversements. Bien que l’islamisme politique puisse encore nous réserver de mauvaises surprises, il y a convergence entre une dimension spirituelle et des fonctionnements modernes.

L’islamisme politique est apparu avec les frères musulmans comme un nationalisme religieux, un retour aux racines pour s’expurger de la civilisation occidentale. Il se fait jour aux côtés d’un nationalisme arabe laïque – paradoxalement fondé par des arabes chrétiens – avec le baassisme.

Ce qui se passe de nos jours est de l’ordre de la transition. On l’a vu au Maroc au moment de la réforme du statut personnel. Les femmes n’ont bénéficié que de droits inférieurs à ceux des femmes tunisiennes – et pourtant il a fallu l’intervention directe du roi pour l’imposer. Il avait en face de lui une partie de l’opinion et toute la classe politique, bien au-delà des ouléma. C’est qu’il y a une crispation vers le passé. A l’inverse, les débats sur la constitution tunisienne ont bien montré que les uns et les autres (y compris le noyau dur d’en Ennhadha) ont compris qu’il leur fallait renoncer au salafisme et au retour vers le passé. Cette révolution politique vient accélérer des processus culturels, mentaux et idéologiques en cours.

Peut-on être optimistes ?

Il faut surtout rester résolument déterminés à accompagner la transition actuelle. L’optimisme est une responsabilité, un devoir de dialogue et d’action. Il faut que la rive nord de la Méditerranée accompagne de manière efficace et concrète la transition en cours – notamment dans les réformes économiques. Sans quoi l’échec surviendra pour les Printemps arabes et on verra resurgir des populismes sous la forme du salafisme et du djihadisme. Il existe heureusement une prise de conscience et une certaine solidarité depuis une cinquantaine d’années. Lorsque les pays européens ont donné leur indépendance à ces pays de la rive sud, ils ont voulu garder des liens. Et réciproquement. Il s’en est suivi une certaine coopération euro-méditerranéenne – traités, engagements, convention de Barcelone, Union pour la Méditerranée. Les résultats sont très insuffisants mais c’est un cadre pour prendre des décisions. Le problème c’est que la rive sud est en train d’être bouleversée alors que la rive nord est en crise.

Le modèle européen de la sécularisation ne permet pas de comprendre la sécularisation en cours dans le monde arabo-islamique. On retrouve le dialogue de sourds comme au temps d’Ernest Renan avec d’un côté une Europe moderne et laïque, une sécularisation  érigée en modèle universel – et de l’autre une rive arabe perçue comme religieuse et archaïque. L’occident n’arrive pas à renoncer au préjugé de « l’universel tout seul » : nous sommes surpris de découvrir que les Arabes sont capables de faire des révolutions démocratiques. Un an après, c’est  « l’hiver islamique ». Ce serait à nos yeux une plongée dans le chaos et l’intolérance. C’était ignorer la dialectique de l’histoire au nom de notre vision « universelle » de la laïcité.

En réalité l’universalisation passe par la différentiation. La sécularisation du monde arabe sera une sécularisation islamisée – jamais une sécularisation à l’européenne.

Quelque chose de bon à prendre

Dans un moment de profond « désenchantement du monde » ressenti par les occidentaux, nous avons, paradoxalement, quelque chose à prendre du côté du monde arabo-musulman.

L’Europe a perdu ses repères. Elle est en crise économique mais aussi morale, parce que toutes les grandes idéologies se sont effondrées. Or, toute société a besoin de donner un sens à ce qu’elle fait, « une certaine dimension verticale » – le « sacré » dont parle Régis Debré et qui n’est pas forcément religieux. D’où des recherches pour un retour vers un humanisme comportant des dimensions spirituelles.

Au Sud, si les sociétés commencent à dissocier le religieux du politique et du juridique, le religieux va devenir un référent moral et éthique – et non plus une chape. On peut espérer que les partis religieux tunisiens rejoignent d’ici 10 ans le modèle des partis démocrates chrétiens. La religion devient une référence mais l’action se fait à partir de la démocratie, de la liberté et de l’individu. Nous pouvons dès maintenant renouer ce dialogue.

Pour fabriquer des civilisations, il faut quelque chose de plus que des lois, des règles, des institutions : il faut un humanisme partageable. Il ne s’agit pas d’un universel abstrait : il repose sur la discussion dont parlait Paul Ricoeur il y a dix ans. : réunir les différentes contributions des héritages spirituels, éthiques, philosophiques et littéraires. C’est un effort considérable pour que chacun aille à la recherche de ses valeurs « candidates à l’universalité ». Dans le monde arabe, les valeurs de solidarité, de charité, de don, de fraternité sont extrêmement fortes, avec l’importance du lien familial et social. Nous avons perdu ces valeurs en Europe. De notre côté, nous avons à défendre la notion de liberté individuelle – au-delà du clan, de la tribu, de la famille, de l’oumma. C’est toute l’importance de l’article 6 de la constitution tunisienne, avec la mention explicite de la liberté de conscience : liberté de religion mais aussi liberté vis-à-vis de la religion.

Le monde arabe redoute la perte de son autonomie et sa spécificité dans ce dialogue. Cette  question s’était déjà posée à la fin du XIXe siècle : intégrer les valeurs européennes ou se fermer pour préserver son identité ? Et ce n’étaient pas que des réformistes arabes : il y a eu des réformistes indonésiens et asiatiques. Dans le monde arabe, cette réflexion a été stoppée du fait de la colonisation – accepter la modernité, c’était accepter le colonisateur.

Rendez-vous

On est revenu à ce rendez-vous. Toute la pensée réformiste arabe – discrète, minoritaire – doit venir fertiliser le débat interne. On ne peut pas savoir si une réforme religieuse sera antérieure à la réforme politique ou l’inverse. En Europe, c’est le politique qui s’est réformé en premier – avec la Renaissance puis le réformisme protestant, puis le mouvement des Lumières. Dans le monde arabe, il faudra que la révolution politique se stabilise, que les libertés se développent – pour que la pensée puisse progresser dans les universités, dans les écoles coraniques. Ce débat devra s’imposer face à une orthodoxie de masse très attachée aux mœurs, rites et représentations de la tradition. Depuis  20 ans,  cette orthodoxie de masse est en train de se fissurer. Les jeunes passent davantage de temps devant les écrans, ils commencent à se bricoler des religions individualisées avec des débats sur le ramadan et le jeûne.

Il faut maintenant s’attaquer à la masse critique, travailler avec les ouléma, accompagner ceux qui veulent se libérer de la tradition. Existe-t-il pour autant une « secondarisation » de la religion dans monde arabo-musulman, surtout chez les jeunes ? Il y a l’exemple du féminisme islamique. En Iran, des femmes avaient adhéré à la révolution islamique des mollah. Elles s’aperçoivent qu’on leur a retiré des droits et considèrent cela comme anormal au nom même de la religion. Elles créent des mouvements revendicatifs au nom de la religion mais, progressivement, ces mouvements se sont laïcisés, sécularisées, pour défendre la parité, le statut de la femme, l’héritage, l’égalité, la famille. Le religieux est devenu une éthique, une morale. Il y a eu métamorphose du religieux dans le spirituel.

C’est différent de ce qui s’est passé en occident sur le modèle de la liquidation du religieux et du transfert dans des idéaux socio-politiques qui ne récupèrent quasiment rien de l’héritage religieux. On peut y voir l’émergence d’un savoir-faire du monde musulman, un « savoir conserver » qui métamorphose le religieux traditionnel en spiritualité plus ouverte sur des valeurs éthiques de générosité, d’entraide et d’éducation. Il reste pour les musulmans un rapport personnel à Dieu, avec une place pour ceux qui ne croient pas en dieu  – comme en Tunisie. En ce sens, avec le drame syrien ou irakien, le pire serait la disparition des minorités religieuses (notamment chrétiennes). Ces sociétés n’ont pas à devenir monolithiques sur le plan religieux –elles ne l’ont jamais été. Elles se verrouilleraient alors sur une croyance unique qui irait à l’encontre l’apprentissage de la liberté religieuse.

Convergences laïques

Arrivé ici (si vous y êtes…) vous allez vous dire de deux choses l’une. Ou bien que je suis tombé dans un mysticisme sénile, ou bien que je partage sans réserve ce qui vient d’être retranscrit.

Ce n’est ni vrai ni totalement faux. Si vous reprenez mon billet précédent, vous trouverez des éléments de convergence, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, à mes yeux, serait que ce débat passe devant celui sur la sécurité. Ce ne sont pas les caméras vidéos qui nous permettront de mieux voir en nous-mêmes. Ce n’est pas en espionnant nos ordinateurs que les politiques comprendront où nous en sommes et prendront les meilleures décisions (quoi que…).

Ce que je retiens pour ma part rejoint ma conviction profonde que l’Europe du Sud (la nôtre) a un très grand rôle à jouer dans un dialogue avec le monde arabo-musulman. L’Afrique, ne l’oublions jamais, est le continent qui va voir sa population exploser au cours du XXIe siècle. C’est un continent adolescent, en proie à des crises et des errements. C’est comme la croissance d’un être jeune : il faut à tout prix éviter les carences. Et l’une des pires carences serait de priver ces peuples d’une modernisation de leur pensée – l’autre danger étant de détruire leur héritage.

Je me connais. J’ai tendance à penser en chambre, à travailler seul . C’est pourquoi j’avais écrit ce billet sur Winter sleep. Je suis menacé de blogisme en rond, ce ronron solitaire du clavier et des liens virtuels. Mais nous tous, ne sommes-nous pas pris au piège de notre autisme occidental ?

Une manière simple de poser la question revient encore une fois sur Dien Bien Phu : combien de mitrailleuses ? A l’époque, avec l’argent des Américains, nous en avions beaucoup. Mais les Vietnamiens (et les Chinois) avaient encore bien plus d’hommes. N’oublions pas cette macabre comptabilité – elle vaut aussi, heureusement, pour les vivants. N’oublions que les « caucasiens » seront les moins nombreux dans le monde de demain. N’oublions pas le remarquable livre d’Hervé Kempf « La fin de l’occident » : notre domination ne fut qu’un accident, la conjonction de techniques et de pensées remarquablement efficaces sur une très courte période – période qui voit sa fin prochaine. Ne soyez pas comme moi : ouvrez-vous, dialoguez, pensez avec les autres.

Parler

Si vous considérez que je ne parle que de choses que je ne connais pas, laissez moi évoquer une période de ma carrière. J’étais alors un jeune ingénieur fier de ses convictions progressistes. Néanmoins, en présence des amis maghrébins de mes amis, je ressentais un curieux malaise. C’est que ces arabes étaient un peu minables, pour être honnête. Mais dans le même temps, je savais déjà que ces peuples avaient eu raison de nos croisés blindés comme des cuirassés. Et sans aller aussi loin, ils avaient eu raison de 5 ou 600 000 hommes en Algérie. Et je me disais que leur jour viendrait de nous en remonter sur le chemin des armes.

Et puis un beau matin – l’un des pires de ma carrière – on m’a tendu un téléphone : « appelle le Koweït, nous devons aller les voir pour leurs Airbus ! ». Ben voyons ! Je passe sur la suite – qui ne manquerait pourtant pas de saveur (les occidentaux n’ayant nullement le monopole de la bêtise, de la bureaucratie et de l’absurdité kafkaïenne), d’autant que Djeddah s’est ajouté à mon palmarès pour plusieurs mois de mission. J’en suis revenu avec un sentiment d’exaspération, mais aussi de fraternité et enfin celui d’un mur sinon infranchissable du moins très difficile à franchir. Ce qui est sûr, c’est que j’ai perdu tout sentiment raciste – ce n’était pas évident – et j’ai dès cette époque ressenti l’imminence des changements. Je me souviens du soir brutal au bord de la piscine à Koweït City – la chaleur à son paroxysme et le soleil qui tombait dans une brume suffocante qu’on aurait confondue avec un début de syncope. Le silence portait en notre imaginaire l’écho des batailles entre l’Iran et l’Irak trop proche.  C’était bien avant la première guerre d’Irak. Rien ne devenait surprenant – et tout est advenu. Deux semaines au Liban, trois en Algérie, ont complété ce tableau rudimentaire mais suffisant. Sans connaître ces pays, je les comprends assez pour avoir envie de rester optimiste.

Et pourtant. Deux milles civils massacrés la semaine dernière encore, la guerre et le terrorisme partout, la tragédie syrienne … nous n’en finirons pas de douter d’une paix possible. Et que diraient ces innocentes victimes à lire nos digressions de salon ? Et enfin le travail de la police est lui aussi indispensable. Indispensable oui, mais pas suffisant. C’est comme la montée des océans : il ne suffira pas construire des digues – il faut s’attaquer aux causes.

Ne nous dédouanons pas pour autant des évidences. Bien sûr, il s’agit d’un combat sur les deux plans : celui des idées et celui de la sécurité. Et pour celle-ci, osons applaudir la police comme nous l’avons fait. Osons défendre les budgets et les moyens militaires qui projettent nos forces au cœur des foyers intégristes au Sahel et en Irak. A quoi bon le nier ? Ce n’est pas le moment de réclamer un désarmement ! Ce ne serait pas responsable. Il est vrai que l’arme atomique ne sert guère dans ce contexte. Quelle bombe inventer ? Probablement celle de la coopération internationale – dont nous voyons les premiers signes.

Vilipender nos élus pour leur laxisme ou leurs compromissions électoralistes dans les « quartiers » n’est pas plus la solution que le tout répressif. Si, encore une fois, nous cessions de considérer « les autres » comme des « autres » mais que nous commencions à les voir comme nos semblables, nous pourrions éviter un terrible ressac de la vague formidable et inédite du 11 janvier. Les vagues, çà meurt aussi. N’oubliez pas, amis, que c’est une vague du même ordre – toutes proportions gardées – qui a soulevé le Portugal contre l’austérité. L’histoire capitaliste n’en a pas pour autant changé de cap. Faisons en sorte que nos amis de Charlie Hebdo ne soient pas morts pour rien. Faisons en sorte de porter à notre tour leur rêve, qui était loin de s’arrêter à la dérision : c’était celui d’une fraternité universelle, solidaire et antiraciste. Ne l’oublions pas.

2 réflexions au sujet de « Le jour d’après »

  1. Serge merci de déclencher cette réflexion.
    1 concernant les massacres, nous n’avons pas à regretter d’être offusqué en ce 21ème siècle, nous, français, capables d’avoir produit les Lumières MAIS AUSSI la Terreur… pour les idéaux républicains.
    2 les relations nord – sud méditerranéennes sont marquées pour moi d’un « grand loupé » de la fin de l’Algérie française. Dont les massacres et plus particulièrement celui du 5 juillet 1962 à Oran. De 3 à 5000 « européens » massacrés par le FLN dont le chef de la Wilaya d’Oran s’appelait Abelaziz Bouteflika. A quand sera-t-il traduit devant le TPI de La Haye pour crimes contre l’humanité, ce que nous attendons depuis 1962, pour des raisons familiales ?
    3 vivre mieux et bien, dans ses croyances ou pas, est peut être l’objectif le plus partagé sur la planète, dont un en tire un très grand profit grâce à la cupidité et la soif du toujours plus de ses affidés, à commencer par notre société Kpitaliste. Que nous vendions des graines et/ou des armes. Socialement seul l’emploi du système « production – consommation – déjection » compte. Michel Botella Bayonne.

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