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	<title>LA CROISSANCE AUTREMENT</title>
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	<description>Développement Durable et humanisme</description>
	<lastBuildDate>Tue, 21 May 2013 10:40:35 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Hubert Védrine rejoint LCA !</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 10:40:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[ENERGIES DU FUTUR]]></category>
		<category><![CDATA[ecologisation]]></category>
		<category><![CDATA[transition]]></category>
		<category><![CDATA[vedrine]]></category>

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		<description><![CDATA[Hubert Védrine interrogé suite à la publication par l’université de Queensland (Australie) d’une étude qui rappelle que 97.5% du monde scientifique est d’accord sur le réchauffement climatique : nous aussi !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas seulement le plaisir un tant soit peu vaniteux de citer quelqu’un qui serait d’accord avec nos positions… Encore que … C’est tout de même réconfortant quand il s’agit d’une personnalité aussi connue qui défend les mêmes points de vues que nous.</p>
<p>Hubert Védrine fait partie de ces hommes politiques qui inspirent le respect et dont la vaste culture, l’immense étendue des connaissances du monde diplomatique et des relations internationales dépassent les clivages partisans.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">97.5%</span></h3>
<p>Cet ancien diplomate tient régulièrement une chronique sur France Culture le vendredi. Le 17 mai 2013, donc, Hubert Védrine était interrogé suite à la publication par l’université de Queensland (Australie) d’une étude qui rappelle que <span style="text-decoration: underline;">97.5% du monde scientifique est d’accord sur le réchauffement climatique et ses causes</span> mais que le public continue à penser que ce monde scientifique est divisé. Pour le coup, Marc Voinchet, d’habitude moins convaincu, s’étonne de ce paradoxe et des obstacles qu’il représente pour les actions qui devraient autrement découler de ce savoir. <a href="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/media/SelonHubertVedrine.mp3">Ecouter ici</a></p>
<p>Oui, il y a un changement majeur, et surtout rapide. Si maintenant on considère que les scientifiques ont raison – et ce qu’ils disent est vraiment terrifiant – on voit par contre un monde qui ne prend pas cette réalité au sérieux. Le consensus – notamment (ou essentiellement) en Europe, existe. Mais personne ne semble prêt à changer dans chacun des pays sur le plan économique, technique, fiscal. Jean Jouzel nous dit bien que plus nous nous enfonçons dans la crise et moins nous nous nous intéressons à ces questions qui sont pourtant primordiales – y compris pour résoudre la crise.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Vous avez dit &laquo;&nbsp;croissance&nbsp;&raquo; ?</span></h3>
<p>Cependant, Hubert Védrine nous fait remarquer à quelle vitesse les opinions publiques évoluent malgré tout. Les choses ont bien changé depuis Copenhague où les Européens avaient échoué à imposer des mesures &#8211; les émergents souhaitaient alors exclusivement de la croissance, arguant que ces propos alarmistes étaient une invention pour nier notre responsabilité de pays riches, une manœuvre destinée à empêcher les pays pauvres de se développer – ce qui est tout à fait intenable si les scientifiques ont raison.<br />
Mais à présent, depuis l’effondrement de l’économie spéculative en 2008, le mot d’ordre général est « croissance ».  Ce n’est même pas « croissance écologique », ce qui aurait un sens. En fait, la question ce n’est pas croissance ou décroissance, c’est « quel contenu ? ». Si on développe le solaire, c’est de la croissance écologique utile. Mais non : G20, G8, G7, conseil européen, nulle part on n’entend la volonté de relancer la croissance en Europe (déjà personne n’est d’accord) mais encore moins on n’entend parler de croissance écologique.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Le clivage du nucléaire</span></h3>
<p>Que dit-on sur la transition énergétique en Allemagne ? Là le débat devient : « pour ou contre le nucléaire ? » et ce débat supplante le premier. &laquo;&nbsp;<em>L’Allemagne fait moins de nucléaire mais de plus en plus de charbon et de lignite. Elle devient de ce fait le premier émetteur de CO2 en Europe. Le monde de l’écologie n’a pas réussi à rester uni sur ce point puisque la peur du nucléaire l’a emporté chez beaucoup d’entre eux sur celle du CO2.&nbsp;&raquo;</em><br />
Si on prenait au sérieux les avis des scientifiques on devrait adopter des programmes extrêmement précis sur tous les plans (réchauffement, acidification des océans, etc.). Même en Europe nous ne prenons pas au sérieux ce à quoi nous croyons.</p>
<p>Les pays émergents devraient admettre que même si l’accumulation du CO2 remonte au début de la révolution industrielle, d’abord en Grande Bretagne, puis en Europe, nous sommes tous embarqués dans le même bateau. On peut néanmoins ne pas exclure qu’apparaisse un mouvement assez rapide dans les pays émergeants qui permettre de franchir d’un bond plusieurs techniques  sans passer par toutes les technologiques ultra polluantes par lesquelles nous sommes passés– ce qu’illustre l’ambition de la Chine sur le solaire.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Réconciliation, écologisation</span></h3>
<p>La seule réponse serait une <em><strong>réconciliation</strong></em>. Le mot de décroissance peut se comprendre philosophiquement, mais il est maladroit puisqu’il ne peut rassembler personne. La vraie réponse c’est <em><strong>l’écologisation </strong></em>: un programme sur 10, 20, 30 ans comme il y a eu un programme d’industrialisation. L’écologisation concerne l’agriculture, l’industrie, les transports, la construction, etc. C’est la seule réponse parce que sinon on va vouloir sortir de la crise par la croissance quelle qu’elle soit : ce n’est pas tenable.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;"> D&#8217;accord &#8230; mais</span></h3>
<p>On ne peut cette fois qu’être d’accord – sauf sur le sous-entendu du nucléaire. Et encore, il faut bien reconnaître que le clivage des écologistes sur ce point existe en effet – ou plus précisément que l’opposition fréquente des écologistes à cette énergie constitue un obstacle par rapport à l’adhésion d’une plus large part du public à leurs idées. Il me semble que cette réaction est plus marquée en France qu’ailleurs. Est-ce à dire qu’il faut abandonner les arguments contre le nucléaire pour réaliser une union plus rapide et plus large autour de la seule lutte contre le CO2 ? Ce recul – car pour moi cela en est un – ne me semble pas une bonne idée. Je vais essayer de dire pourquoi.</p>
<p>D’abord, les statistiques me laissent dubitatif. D’un côté la France serait très performante (5.6 tCO2 par habitant) et l’Allemagne, en effet, un mauvais élève (9.1 tCO2). Sauf que d’après Le Monde en 2010 : <em>&laquo;&nbsp;l&#8217;empreinte carbone de la demande finale française, une fois pris en compte le solde des émissions liées aux importations et aux exportations, est de l&#8217;ordre de 9 tonnes de CO2 par personne et par an(en 2007 il est vrai, avec une Allemagne qui était alors à 10.2).</em></p>
<p><em><strong>Si l’on compare les émissions par  dollar de PIB l</strong>’écart est de  0.20 contre 0.29</em>. Il faut bien garder à l’esprit que l&#8217;industrie en France représente 15,6 % du PIB national, contre 23 % en Allemagne et en Italie. Dans ces conditions il n’est pas étonnant que l’Allemagne émette davantage de CO2. De plus, si à la fois la France et l’Allemagne on réduit leurs émissions entre 2007 et 2011 (-9% et –11% respectivement) ce n’est pas sur le même schéma : la croissance est toujours là en Allemagne, et pas en France. Les efforts allemands ne sont pas vains. Si en effet le recours au charbon et au lignite existe – depuis longtemps – chez nos voisins, le développement des leurs énergies renouvelables est sans commune mesure avec le nôtre. De plus, oui, l’électricité allemande est plus chère pour les particuliers – mais leurs maisons sont bien mieux isolées, et la facture dans les deux pays est plus ou moins équivalente sous cet aspect. Bref, le nucléaire n’arrange pas grand chose.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;"> Non à un recul stratégique</span></h3>
<p>Ensuite si « nous » cédons sur le nucléaire, « on » nous attaquera – c’est déjà le cas – sur « tout le reste » : l’énergie de la biomasse (émission très critique d’Arte le 18 mai 2013), le solaire (pas rentable), l’éolien (une aberration), les voitures électriques, l’agriculture bio…</p>
<p>Oui, je suis de ce peuple-là, celui des « rêveurs », si l’on veut. Ce peuple a appris depuis longtemps, peut-être depuis la Commune, peut-être depuis les fossés de Barcelone en 1937, et bien d’autres batailles où nous avons appris que reculer n’est pas jouer. Perdre du terrain n’est pas utile, même si nous sommes en butte à l’immanence de la crise. La crise est globale et le point de rupture s’appelle « croissance ». De cela, Hubert Védrine parle très bien. Reste l’injonction de Bruno Latour : reconstruire. On ne reconstruit pas en reculant. Il ne faut pas nous cacher l’étendue du défi, l’extension du front des « réformes » au sens où nous l’entendons ici et qui se résument essentiellement à un autre mot à opposer d’urgence à la croissance : la transition.</p>
<p>Dans ce débat, les media prennent un virage. La négation du problème climatique n’est plus tenable. Les mêmes journalises qui s’étaient présentés comme les défenseurs du doute se retrouvent au chômage intellectuel. Quoi d’étonnant à ce qu’ils se replient sur la ligne de défense traditionnelle de la critique et la déconstruction. Bien sûr, il est rassurant de voir bouger les lignes – et très vite. Mais bien sûr aussi ce n’est suffisant ni du côté des journalistes ni du côté des défenseurs de la transition. Le point suivant est encore peu visible du côté de ces derniers alors que le débat autour du nucléaire est sur le point de basculer. Je dirai même que chez beaucoup de ces militants, la question de croissance est largement gagnée aux thèses que présente Hubert Védrine.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Une autre économie</span></h3>
<p>Il nous faut sans attendre nous tourner vers le prochain combat : l’économie et la gouvernance. Deux écoles vont s’opposer : d’un côté ceux qui voient le capitalisme comme le mal premier – et ils pensent qu’il doit d’abord disparaître; de l’autre, les réformistes, qui pensent qu’il faut encadrer ce capitalisme, lui imposer des limites et des règles.</p>
<p>Aucun des deux camps ne peut à présent ignorer la nécessité de reconstruire et ne pas s’en tenir à l’analyse critique.</p>
<p>C’est ce qu’ils font de plus en plus. Dans le premier camp, nous trouverons notre ami Jean- Michel Masson et son blog. Voir par exemple son billet :</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="jmm" href="http://jmmasson.wordpress.com/2013/05/18/le-prix-de-linegalite-de-joseph-stiglitz/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">http://jmmasson.wordpress.com/2013/05/18/le-prix-de-linegalite-de-joseph-stiglitz/</span></a></strong></em></span></p>
<p>Si l’appel à la fin du capitalisme est tempéré par une solution en trois tiers équilibrés, le capitalisme résiduel n’est vu qu’en tant que survivance et concession au monde ancien.</p>
<p>C’est le camp d’Attac ou de Larrouturou (encore que des divisions  sévissent là aussi). Avons-nous le temps de reconstruire autant ? Si certains pensent que nous n’avons même plus le temps pour des solutions démocratiques, je crains que nous n’ayons pas davantage le temps pour une telle victoire d’une part, et une telle réinvention d’autre part…</p>
<p>Dans le second camp, on peut lire de manière plus positive les ouvrages de Stiglitz – lequel s’attaque aux inégalités des 1% comme cause profonde des dégâts démocratiques et sociologiques. Les « réformistes » rejoignent plus volontiers ces positions avec des penseurs comme Rifkin et, plus proche de nous (à tous les sens du terme, peut-être), Tim Jackson, voire Michel Rocard et, donc, bienvenue à Hubert Védrine ! Le système capitalisme a quand même à son acquis le new deal et les 30 glorieuses, si l’on veut bien passer au-dessus de quelques raccourcis et réductions que comporte ce raisonnement. Et ce système ne s’est vraiment détraqué que sous Reagan et Thatcher, quand on a mis fin aux compromis et réglementations (certes vieillissantes) de Bretton Woods.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;"> L&#8217;essentiel</span></h3>
<p>Libre à chacun de choisir son camp. Le plus important est de nous attaquer le plus vite possible à la falaise du CO2 qui, à mon avis, ne se distingue pas de celle du scandale des inégalités des 1% les plus riches. La réelle folie de ces derniers, l’absence de toute justification morale chez eux, l’échec constant de leurs solutions, l’immense responsabilité non assumée des malheurs qu’ils provoquent et des dommages qu’ils infligent à la planète, conséquence de leur cupidité et leur égoïsme – suffiront à les condamner aux yeux de l’histoire. Réellement, posons-nous la question : comment nos enfants jugeront-ils notre inaction ? Comment apparaîtront dans les livres d’histoire les années 2013 et 2014 ?</p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Certes, notre petit pays de 1% de la population mondiale pèse bien peu. Mais (même si l&#8217;argument est très critiquable) notre minuscule territoire est néanmoins en possession pour le pire d’armes encore capables dissuader bien des pays plus puissants tentés par une politique plus violente. Alors, pourquoi pas pour le meilleur ? De plus, vu ce que 1% de la population mondiale a pu imposer aux 99% restants, 1% aussi peuvent influer sur le cours de l’histoire pour peu, comme le dit très bien Hubert Védrine, qu’on parvienne à réunir les bonnes volontés.</span></p>
<p>C’est le travail,le plus difficile et le plus urgent. La domination de &laquo;&nbsp;l’autre 1% &laquo;&nbsp;ne survit que grâce à l’indolence et la division de « notre » 1%. Et plus les Européens et les Américains progressistes – et, comme on l’a vu ici, les Australiens – pourront s’entendre, plus nous pourrons rapidement trouver des solutions véritables et durables à la crise – et éviter ce léger dommage collatéral … la guerre (je ne parle pas de conflits locaux…et je n’ose donc pas penser à un 3<sup>e</sup> conflit mondial – mais certains comme Rocard et Larouturu n’hésitent plus à l’évoquer).</p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Références :</span></p>
<p style="text-align: left;"><a title="lemonde" href=" http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/08/12/la-france-ne-rejette-pas-moins-de-co2-qu-en-1990_1398245_3244.html" target="_blank"> <span style="font-size: x-small;"><span style="line-height: 19px;">http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/08/12/la-france-ne-rejette-pas-moins-de-co2-qu-en-1990_1398245_3244.html</span></span></a></p>
<p><a title="stats" href="http://www.statistiques-mondiales.com/emissions_co2.htm" target="_blank">http://www.statistiques-mondiales.com/emissions_co2.htm</a></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank">Obtenir le livre </a></strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les Grandes Réformes oubliées : la taxe carbone</title>
		<link>http://dtwin.org/WordDD/2013/05/16/les-grandes-reformes-oubliees-la-taxe-carbone/</link>
		<comments>http://dtwin.org/WordDD/2013/05/16/les-grandes-reformes-oubliees-la-taxe-carbone/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 May 2013 13:43:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[taxe-carbone]]></category>

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		<description><![CDATA[Oubliée ? Peut-être pas. Enterrée ? Dans les faits, pas loin de l&#8217;être. En tout cas, sur le plan mondial, nouveau record : nous franchissons le record de 400 ppm de CO2 dans l&#8217;atmosphère.
L&#8217;atmosphère terrestre n&#8217;a jamais contenu autant de dioxyde de carbone depuis au moins 800.000 ans, et peut-être même depuis cinq millions d&#8217;années. Avant la révolution [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oubliée ? Peut-être pas. Enterrée ? Dans les faits, pas loin de l&#8217;être. En tout cas, sur le plan mondial, nouveau record : nous franchissons le record de 400 ppm de CO2 dans l&#8217;atmosphère.</p>
<p>L&#8217;atmosphère terrestre n&#8217;a jamais contenu autant de dioxyde de carbone depuis au moins 800.000 ans, et peut-être même depuis cinq millions d&#8217;années. Avant la révolution industrielle, durant les 800.000 dernières années, le niveau de C02 dans l&#8217;atmosphère a fluctué entre 180 et 280 ppm.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>En clair, nous n&#8217;avons en rien enrayé la progression du CO2 dans l&#8217;atmosphère – bien au contraire</strong></span>.</p>
<p>Or, la taxe carbone était supposée inciter au moins les plus gros pollueurs industriels à réaliser des efforts pour réduire leurs émissions. Qu&#8217;en est-il ?</p>
<p>Le 16 avril, les députés européens ont rejeté la proposition de la commissaire à l&#8217;Environnement de geler temporairement une partie des quotas de CO2 devant être alloués aux industriels sur la période 2013-2020.</p>
<p>Les 11 000 plus grosses entreprises responsables à elles seules de la moitié des émissions européennes de CO2 &#8211; les producteurs d&#8217;électricité (qui utilisent des centrales à gaz ou au charbon), les cimentiers, les sidérurgistes, les chimistes… &#8211; exploitent au mieux de leurs intérêts cette possibilité de comptabiliser des « réserves » acquises du fait de concessions obtenues sous la menace de licenciements et délocalisations diverses.</p>
<p>Cela se traduit par des cours ridiculement bas de la tonne de CO2 sur le marché. Partant d&#8217;un prix autour de 20 euros, on est passé par près de 30 euros en 2008 pour tomber à 2.70 au 17 avril 2013.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Mauvaise idée ?</span></h3>
<p>C&#8217;est aussi que la taxe carbone n&#8217;a pas très bonne presse. Plusieurs proches de LCA se réjouissent même de sa non-application – au nom du pouvoir d&#8217;achat.</p>
<p>Outre l&#8217;allergie aux impôts, la taxe part d&#8217;une idée qui déplaît : celle de l&#8217;écologie. Les écologistes sont mal perçus : ou bien ils manquent de talent ou bien ils en trop – et leur discours est perçu comme purement alarmiste – comme celui d<strong>&#8216;Al Gore</strong>. Ce dernier est d&#8217;ailleurs suspect : il est riche et a réussi dans le commerce du CO2 et du conseil écologique.</p>
<p>Surtout, elle constituerait une double menace</p>
<ul>
<li>perte de compétitivité</li>
<li>baisse du pouvoir d&#8217;achat des ménages</li>
</ul>
<p>… et d&#8217;autres qualificatifs plus caricaturaux :</p>
<ul>
<li>lubie d’écolo ou de bobo ignorant campagnes et banlieues</li>
<li>cadeau au patronat</li>
<li>nouvelle ponction fiscale sous alibi écologique</li>
</ul>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Les alertes à la catastrophe sont talentueuses (</span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Une vérité qui dérange d’Al Gore ou Le Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot</em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">), mais provoquent des attitudes de dénégation chez ceux qui n’y voient qu’une manipulation de l’opinion par les bons sentiments.</span></p>
<p>Les deux-tiers des Français se déclarent opposés à cette mesure, qui pourtant figurait au Pacte Écologique de <strong>Nicolas Hulot</strong>, signé par le candidat Sarkozy, puis fut confirmée par le Grenelle de l’Environnement et le lancement de la <strong>Mission Rocard</strong>.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;"> Le </span><span style="color: #ff0000;">CIRED contre les fausses évidences</span></h3>
<p><img class="alignleft" title="cired" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/cired.png" alt="" width="123" height="236" />Une étude très sérieuse du <span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="sitecired" href="http://www.centre-cired.fr/spip.php?rubrique197" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">CIRED </span></a></strong></em></span>tend à prouver que ces craintes sont loin d&#8217;être fondées.</p>
<p>Le paradoxe qu&#8217;une taxe puisse améliorer le sort de tous n&#8217;en est un que depuis que nous avons oublié le sens profond des interventions étatiques, de leur pouvoir multiplicateur et plus généralement de cette « force du vivant » qui se traduit aussi sur le plan économique : nous produisons toujours plus que nous ne consommons.</p>
<p>Marx rejoint ici Jean Dorst et bien d&#8217;autres pour une vision dynamique de l&#8217;humanité et de la civilisation – mais est-ce toujours bon à dire ?</p>
<p>L&#8217;étude du CIRED est disponible sur ce lien :<br />
<em style="color: #0000ff; font-size: 13px; line-height: 19px;"><strong><a title="cired" href="http://www.centre-cired.fr/IMG/pdf/Fiscalite_cired_ires_03nov09.pdf" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">http://www.centre-cired.fr/IMG/pdf/Fiscalite_cired_ires_03nov09.pdf</span></a></strong></em></p>
<p>Elle a pour titre :<br />
<span style="color: #0000ff; font-size: 11px; line-height: 14px;"><br />
</span></p>
<p align="CENTER"><span style="color: #0000ff;">Économie d’une fiscalité carbone en France<br />
</span><span style="color: #0000ff; font-size: 11px; line-height: 14px;">Emmanuel Combet, Frédéric Ghersi, Jean-Charles Hourcade, Camille Thubin<br />
</span><span style="color: #0000ff; font-size: 11px; line-height: 14px;">Étude réalisée avec le soutien de l’ADEME et de la CFDT par le biais de l’Agence d’Objectifs IRES 3 novembre 2009</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">A vrai dire il s&#8217;agit d&#8217;un document assez technique et dense de 144 pages.</span></p>
<p>On peut faire confiance au CIRED pour résumer ainsi l&#8217;essentiel :</p>
<p style="padding-left: 30px;">« &#8230; <em>l’application d’une CCE conforme au rapport Rocard de 2009 (</em><em><strong>32 € par tonne de CO2 aujourd’hui et 200 € en 2050</strong></em><em>) permettrait de collecter </em><em><strong>16 milliards dès 2018 et 22 milliards en 2050.</strong></em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>La CCE produirait ainsi des recettes stables et non négligeables.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Depuis 1960, le coût relatif du travail par rapport à l’énergie n’a cessé de croître, en partie à cause de la hausse des charges sociales. L’amélioration de l’efficacité des moteurs a réduit de 46 % le coût du carburant nécessaire pour parcourir 100 km tandis que les cotisations par salarié ont été multipliées par 6 et le nombre de chômeurs par 7. &#8230; Quant au maintien de l’énergie à un prix inférieur à son coût social, il a freiné l’amélioration de l’efficacité énergétique et entretenu notre dépendance aux énergies fossiles, surtout celle des plus modestes.</em></p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Contrairement aux idées reçues, <strong>une contribution climat-énergie n’est ni inéquitable ni un obstacle à la sortie de crise.</strong> &#8230; taxer la pollution et détaxer le travail encourage la production en élargissant l’assiette des prélèvements &#8230; et permet d’enclencher un cercle vertueux pour la compétitivité et l’emploi. »</em></p>
<p>Il ne suffit peut-être pas de l&#8217;affirmer pour convaincre&#8230; Alors, p<span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">enchons-nous sur le rapport complet.</span></p>
<h3><span style="color: #ff0000;"><strong>Déterminants de l’impact macroéconomique d’une fiscalité carbone :</strong></span></h3>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Hypothèse : La taxe est supposée générale, appliquée par la France de façon unilatérale et prélevée sur le contenu carbone de toutes les ventes d’énergies fossiles, acquittée par les producteurs comme par les consommateurs. On retient la valeur ambitieuse de <strong>400€/tCO2, </strong>soit une hausse de 108% des carburants et de 77% de celui de l’énergie résidentielle. Afin d&#8217;isoler les paramètres les plus incertains, la CIRED s&#8217;est placée dans un premier temps dans le cas d&#8217;une application de cette taxe à partir de 1990 sur les 15 ans qui suivaient.</em></p>
<h3><em></em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px; color: #3366ff;">Recyclage du produit de cette taxe, plusieurs scénarios :</span></h3>
<ul>
<li>baisse des cotisations sociales</li>
<li>baisse de la TVA</li>
<li>remboursement de la dette</li>
<li>allocation universelle</li>
</ul>
<div><strong>L&#8217;effet de cette action est simulé et analysé suivant plusieurs critères :</strong></div>
<ul>
<li>le PIB</li>
<li>l’emploi</li>
<li>le prix des biens et services non énergétiques (« composites »), indicateur important de la compétitivité internationale</li>
<li>l’intensité en travail de la production de biens composites</li>
<li>la consommation effective = consommation privée, services énergétiques et consommation publique individualisable</li>
<li>la compétitivité : les exportations et importations de biens composites</li>
<li>le ratio dette publique sur PIB</li>
</ul>
<h3><span style="color: #0000ff;"><strong>Premier scénario : </strong>neutralité budgétaire = reversement € pour €  aux contribuables.</span></h3>
<p>Les cotisations sociales patronales et salariales sont diminuées mais les taux des autres prélèvements obligatoires sont maintenus constants.</p>
<p><strong>Résultat :</strong></p>
<ul>
<li>un niveau d’activité plus élevé s’accompagne d’un emploi nettement amélioré</li>
<li>une consommation composite des ménages significativement réduite</li>
<li>une dette publique fortement réduite car le niveau de la dette s’ajuste pour équilibrer les comptes publics</li>
</ul>
<div><img class="alignleft" title="afc" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/afc.png" alt="" width="521" height="216" /></div>
<p><em><span style="text-decoration: underline;">On désigne ce schéma comme étant « Autres fiscalités constantes » (AFC)</span></em></p>
<h3><span style="font-size: 13px; line-height: 19px; color: #0000ff;">Second scénario : Ratio dette publique/PIB constant (RDPC) :</span></h3>
<p>Il consiste en l&#8217;ajustement du taux de prélèvement, de dépenses publiques/transferts, en réinjectant l’intégralité du surplus de recettes fiscales dans l’économie si la réforme favorise l’activité ou en opérant une ponction supplémentaire si la réforme l’altère.</p>
<h3><span style="color: #0000ff;">Troisième scénario : Pression fiscale constante (PFC) :</span></h3>
<p>La part des prélèvements obligatoires dans le PIB est fixe &#8211; ajustement conjoint de la dette publique et du budget public.</p>
<h3><span style="font-size: 13px; line-height: 19px; color: #ff0000;"> Comparaison :</span></h3>
<p><img class="alignnone" title="comparer" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/CCEcompare.png" alt="" width="538" height="262" /></p>
<p>Par rapport au fort désendettement constaté en option AFC,<span style="color: #000000;"> <strong>l’option RDPC</strong></span> alloue les ressources budgétaires à une baisse des taux de cotisations sociales. Ceci renforce le cercle vertueux sur l’emploi et l’activité pour déboucher sur une plus forte hausse de la consommation non énergétique.</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>L’option pression fiscale constante (PFC)</strong></span> bénéficie elle-aussi de marges de manœuvre pour une baisse des cotisations supplémentaire par rapport à l’option AFC – laquelle induit une hausse de la pression fiscale. Ce surcroît de baisse permet des gains de PIB additionnels et une légère hausse de la demande des ménages en biens non énergétiques au prix d’un moindre désendettement public.</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Quelle que soit l’option,</span></strong> une substitution entre taxe carbone et cotisations sociales conduit systématiquement à :</p>
<ul>
<li><span style="font-size: 11px; line-height: 14px;">une hausse du coût de l’énergie,</span></li>
<li><span style="font-size: 11px; line-height: 14px;">une hausse de l’intensité en travail &#8211; baisse du coût du travail par rapport à l’énergie et aux autres intrants</span></li>
<li><span style="font-size: 11px; line-height: 14px;">une baisse du prix des biens composites</span></li>
</ul>
<p><span style="color: #000000;"><strong>La baisse des prix de production</strong></span> est rendue possible du fait qu&#8217;une partie de la taxe carbone ne retombe pas sur ces coûts ou sur les revenus grâce à :</p>
<ul>
<li>une baisse du transfert de richesse en faveur des pays exportateurs de pétrole – donc une moindre charge sur l’ensemble de l’économie</li>
</ul>
<ul>
<li>des revenus de rentes et de transferts frappés par cet impôt nouveau qui n’a plus à être prélevé puisqu&#8217;il intervient lors de la consommation de produits fossiles</li>
</ul>
<p>La réforme enclenchera un cercle vertueux si l’effet négatif de la hausse de la facture énergétique des ménages est compensé par l’intensité en emploi et la baisse des prélèvements sur la production.</p>
<h3><span style="color: #ff0000; font-size: 1.17em; line-height: 19px;">Les ménages ou l&#8217;entreprise ?</span></h3>
<p><strong><em>Faut-il appliquer la taxe carbone aux émissions des ménages (pour préserver la compétitivité) ou aux entreprises (pour épargner les ménages).</em></strong></p>
<p>En taxant seulement les <strong>ménages</strong>, on opère un transfert de charge fiscale du secteur productif vers les ménages. Ce transfert permet certes un gain de compétitivité de la production mais les gains à l’exportation sont contrebalancés par la moindre demande des ménages.</p>
<p>Lorsque la taxe est appliquée au seul <strong>secteur productif</strong>, le coût relatif du travail baisse (hausse du coût de l’énergie et des autres intrants, baisse des cotisations salariales et patronales). La hausse de l’intensité en travail des biens composites permet une relance car le pouvoir d’achat n’est plus affecté par la taxe carbone. D&#8217;où une plus grande demande intérieure et d’une meilleure utilisation des capacités. On notera la grande différence par la toute première solution où les entreprises subissaient tout le choc de la taxe sans bénéficier de la baisse des cotisations sociales.</p>
<p>Néanmoins ces simulations ne portent que … sur le passé. Pour le futur, bien des paramètres vont jouer. Et surtout, cette taxe n&#8217;est pas une fin en soi : elle doit faciliter la transition vers une moindre consommation des énergies fossiles et une réduction des émissions des gaz à effet de serre. De plus, sa mise en œuvre doit se pencher de très près sur le cas des ménages les plus en difficulté, pour lesquels l&#8217;accroissement du prix de l&#8217;énergie qu&#8217;ils consomment peut peser de façon insupportable. Il faut donc encore affiner la redistribution du produit de la taxe.<br />
Il faudra donc nous plonger sur la suite de ce rapport … entre les pages 60 et 141 !</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">N&#8217;en restons pas là</span></h3>
<p>Nous regarderons ce projet dans un contexte plus général de révision de la <strong>fiscalité</strong>. C&#8217;est l&#8217;apport d&#8217;une autre étude – celle de  Landais, Picketty et Saez publiée, elle aussi par La République des Idées&#8230; Mais ceci est une autre histoire.</p>
<p>Encore une fois, nous ne pouvons pas nous contenter de protester : il ne faut pas compter sur le « 1% » et les banquiers pour faire à notre place ce travail de réflexion. Il ne faut pas compter non plus sur les politiques pour fonctionner dans ce sens en l&#8217;absence d&#8217;une très forte pression de l&#8217;opinion. Il ne faut pas compter sur les média aux mains du « 1% » pour nous informer. Il ne faut pas compter sur nos universités en charge de la formation des économistes pour sortir du bois et des sentiers battus. Bref : il faudra bien ne compter que sur nous-mêmes. Et encore : une fois ce travail effectué, une fois que nous aurons fait de notre mieux pour relayer ces idées, il ne faut trop compter sur beaucoup d&#8217;amis de LCA … pour descendre dans la rue : nous serons devenus trop vieux, trop sceptiques, trop modérés. C&#8217;est vrai que certains d&#8217;entre nous ne verront pas même le début de ces changements et qu&#8217;ils sont tentés de dire « après nous le déluge ».</p>
<p>Mais non : chacun peut apporter sa pierre, témoigner de l&#8217;effort solitaire accompli pour une action qui, elle, sera solidaire. C&#8217;est à quoi nous consacrons le temps que nous arrachons à la tentation de la « retraite ». La « retraite », c&#8217;est comme la « retirada » des républicains espagnols en 1939 : pas bien glorieux. Ne nous retirons pas – tendons nos réseaux vers ces jeunes pour qui, décidément, rien ne sera simple. Mais ils ont la force, le talent, et le courage. Nous serons avec eux &#8211; avec vous &#8211; aussi longtemps qu&#8217;il le faudra &#8211; et que nous le pourrons.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank">Obtenir le livre </a></strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Pas que du mauvais &#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 20:49:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[ECOLOGIE]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette semaine, levons un petit peu les yeux au-dessus de la grisaille de ce printemps rétif et quittons les unes des journaux « scandalisés »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Cette semaine, levons un petit peu les yeux au-dessus de la grisaille de ce printemps rétif et quittons les unes des journaux « scandalisés » par les dérives du système politique et économique qui est précisément le leur – celui de leurs actionnaires de la haute finance.</span></p>
<p>Plusieurs bonnes nouvelles, donc.</p>
<p>D’abord le blog « Planète » du Monde existe encore malgré les menaces qui pesaient (ou pèsent,) sur lui.</p>
<p>En effet la menace de disparition est réelle – d’ailleurs à quoi bon garder une rubrique aussi futile que l’avenir de la planète ?</p>
<p>Voir par exemple <span style="color: #0000ff;"><a title="lemonde" href="http://jne-asso.org/blogjne/?p=16990" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><em><strong>« Le Monde » va-t-il supprimer ses pages Planète</strong></em> ?</span></a></span></p>
<p>Mais cette rubrique est bien présente encore ce 3 mai, ce qui nous permet de lire :</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="toits" href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/06/les-toits-verts-se-multiplient-dans-les-villes-francaises_3155246_3244.html" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Les &laquo;&nbsp;toits verts&nbsp;&raquo; se multiplient dans les villes françaises</span></a></strong></em></span></p>
<p>Je ne regrette pas d’avoir signé <span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="petition" href="http://1b.r.mailjet.com/1MNs.html?a=3d7RoZ&amp;b=918ef4ac&amp;email=s.clavero@orange.fr" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">cette pétition</span></a></strong></em></span> pour défendre la rubrique tenue en particulier par la très sympathique Audrey Garric.</p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Poétique aussi </span><span style="color: #0000ff;"><em><strong><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" title="avion" href="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/SolarImpulse.pdf" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">ce magnifique avion solaire</span></a></strong></em></span><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> qui s’apprête à traverser l’Amérique.</span></p>
<p><img class="aligncenter" title="avion" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/impulse.png" alt="" width="454" height="314" /></p>
<p>Et enfin, <span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="abeilles" href="http://www.pollinis.org/spip.php?page=article&amp;id_article=79" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">une grande victoire</span></a></strong></em></span> pour défendre les abeilles : un moratoire de deux ans interdisant trois pesticides néonicotinoïdes.</p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Hé bien, mes amis, pour cette semaine, nous en resterons là (des fois que le reste des nouvelles ne soit pas aussi optimiste). De toute façon de longs travaux nous attendent : la mise à jour du suivi scientifique du mois d’avril … et le début d’un grand chantier : la préparation de l’eBook « Les traces du futur » (mais là, chut, c’est confidentiel !).</span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank">Obtenir le livre </a></strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Small is (still) beautiful</title>
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		<pubDate>Sat, 04 May 2013 15:17:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[ALIMENTATION]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[europe]]></category>
		<category><![CDATA[kokopelli]]></category>
		<category><![CDATA[pac]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici avec la terre l’illustration parfaite, au raz du sol, de la logique des grands groupes, de la finance et des grands égoïsmes qui veulent mettre la main sur le vivant parce que le reste – l’industrie – ne leur rapporte plus assez.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">Nous avions signalé il y a quelques temps ce film :</p>
<p style="text-align: center;"><em><strong>Small is beautyful</strong></em> :  Film documentaire long métrage de Agnès Fouilleux, 2011.<br />
Ce film est accessible sur le net :</p>
<p style="text-align: center;"><a title="small" href="http://www.dailymotion.com/video/xi902m_small-is-beautiful-1-6_news#.UX5nIbVxC24 et la suite (6 épisodes)." target="_blank"><em><strong>http://www.dailymotion.com/video/xi902m_small-is-beautiful-1-6_news#.UX5nIbVxC24</strong></em> </a>et la suite (6 épisodes).</p>
<p>Il est des témoignages qui s’estompent dans le temps. Celui-ci, comme un bon vin, s’est bonifié – allez savoir pourquoi… Sans doute, à force de tourner et retourner les analyses sur la mondialisation, la finance, les banques et le chômage, la crise…, sans doute avons-nous perdu le sens du concret auquel nous ramène la terre, l’agriculture. Non, ce n’est certainement de Pétain qu’il s’agit ! Ce sont plutôt de multiples témoignages d’une sortie possible &#8211; et salutaire pour tous &#8211; du système industriel de l’agroalimentaire, de la finance et des lobbies de Bruxelles.</p>
<p>Mais plus profondément c’est la mise en lumière sous un jour poétique et concret d’un empoisonnement non seulement de la terre mais aussi et surtout des esprits. C’est l’illustration parfaite, au raz du sol, de la logique des grands groupes, de la finance et des grands égoïsmes qui veulent mettre la main sur le vivant parce que le reste – l’industrie – ne leur rapporte plus assez.</p>
<p>Une chose est de le dire – une fois encore. Une autre est d’en voir les contre exemples, cette terre si belle, ces jardins improbables, ces hommes et ces femmes qui sont parvenus à recouvrer leur liberté, leur vérité – à la barbe des banquiers. Ce témoignage est poignant, émouvant avec cet oiseau qui se pose, bouleversant avec ces chenilles sur une feuille de choux ou la voix généreuse qui s’abrite derrière une barbe digne des journaux précurseurs des années 70 comme  « la Gueule Ouverte » ou  « 01 ».</p>
<p>Ceux-là nous montrent la voie, ils nous montrent à nous – qui  vivons tellement dans les villes &#8211;  que nous sommes soumis à des mécanismes simples, barbares, prédateurs. Rien n’illustre mieux ce piège que la main-mise des multinationales sur la nature. Rien n’illustre mieux non plus ce que pourrait faire un parlement européen et des gouvernements courageux et déterminés : la réglementation des marchés, le rôle et le devoir des dirigeants au service des peuples. Ne vous privez pas du plaisir revigorant de les rencontrer &#8211; sur la toile au moins.</p>
<p>Vous pouvez aussi aller plus loin – acheter vos graines auprès de Kokopelli, voire placer une partie de votre épargne auprès de <em><strong><a title="tdl" href="http://www.terredeliens.org/spip.php?page=accueil" target="_blank">Terres de liens</a>.</strong></em>..</p>
<h3><span style="color: #ff0000; font-size: 1.17em; line-height: 19px;"> </span><span style="color: #ff0000; font-size: 1.17em; line-height: 19px;">Cà va pas</span></h3>
<p><img class="alignleft" title="paysan" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/paysan.png" alt="" width="297" height="224" />Le premier à témoigner est un paysan qui s’étonne (ou plutôt ne s’étonne pas) des allergies au gluten et des intolérances au lait… Pas étonnant , en fait, avec les conditions de production actuelles – races bovines « optimisées », recours aux transgéniques. L’agriculture moderne ne fonctionne plus – alors même que nous n’avons pas même commencé à faire le bilan des coûts réels – comme par exemple les maladies contractées par les paysans, les cancers dus à l’utilisation d’une gamme sans fin de produits : fongicides, pesticides, traitements aux hormones, herbicides, tétrachlorure de carbone, bisulfites, solvants, acide sulfurique, anti-oxydants, bi-oxyde de chlore, chlorure de zinc, émulsifiants, colorants … Les pommes subissent en moyenne 27 traitements avant d’être livrées, etc.</p>
<p>Le Français moyen absorbe chaque année 1,35 kg de produits chimiques divers.</p>
<p>Edgar Pisani, ancien ministre de l’agriculture sous de Gaulle, tire un bilan très critique de cette industrialisation et pour lui, aujourd’hui, il vaudrait mieux avoir 100 fermes de 50 hectares qu’une ferme de 5 000 hectares. Pour Edgar Pisani on ne peut plus imaginer que la ville emploiera plus de monde, alors que le territoire rural doit pouvoir fournir un nombre significatif d’emplois.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pourtant les nitrates, tout de suite après la guerre de 14 ont permis une végétation magnifique. Un agriculteur retraité nous raconte comment on passe de 20 quintaux de blé à l’hectare à 75 quintaux. Bien sûr, les engrais ont aussi favorisé la croissance des herbes parasites – donc : herbicides. Mais ensuite la densité des pieds était telle que le soleil n’atteint plus le pied – d’où : champignons … et fongicides. Mais aussi excès d’azote … à compenser par le nitrate. Et bien sûr : insecticides. Résultat : la France est le premier consommateur européen de ces produits – et le troisième au plan mondial.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Dépossession</span></h3>
<p>Comment ne pas voir un système méticuleusement articulé entre les hybrides qui arrivent après guerre avec les tracteurs, les engrais et les pesticides, le NPK (nitrates, phosphates et potassium), les désherbants, puis les labos pharmaceutiques qui relèvent des mêmes grands groupes et sont en bout de chaîne pour soigner les maladies dues à cette agriculture chimique ? Ne peut-on pas y voir une dépossession des agriculteurs de leur savoir millénaire au profit de quelques-uns uns et au prix de l’empoisonnement de nos nappes phréatiques par les nitrates notamment ?</p>
<p>On faisait autrefois de la polyculture avec des plantes qui par leurs arômes repoussaient naturellement les insectes prédateurs. Les champs de monoculture et la disparition des haies ont attiré les papillons parasites – d’où les insecticides. Et puis 30 ans après on découvre le danger des insecticides. Alors la solution ? Les OGMs, bien sûr ! Seulement ces OGMs sont précisément des plantes modifiées pour accumuler des pesticides dans leurs cellules.</p>
<p>Un tiers des terres arables ont été stérilisées en 30 ans par les pratiques de l’agriculture conventionnelle.</p>
<p>Alors qu’il faudrait développer la recherche dans le sens d’un respect de l’environnement, les gouvernements se sont désengagés de la recherche et c’est l’industrie qui a pris le relais avec un objectif de retour rapide sur l’investissement. Le moyen, c’est les biotechnologies qui permettent de déposer des brevets sur le vivant. Les OGMs sont le résultat de cette orientation et permettent à des multinationales de mettre la main sur l’alimentation mondiale. au lieu de faire une recherche très large en nous servant des OGMs comme d’un outil au service des chercheurs. On abandonne de ce fait tout un pan de la recherche et de la connaissance.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Les insecticides</span></h3>
<p><img class="alignleft" title="fleurs" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/fleurs.png" alt="" width="334" height="250" />Pendant ce temps des insecticides comme le Cruiser, le Gaucho et le Régent ont déclenché une hécatombe sur les abeilles et là aussi des apiculteurs témoignent dans le film et s’indignent des conflits d’intérêts entre la science – financée par le privée – et les agences chargées de la sécurité sanitaire.</p>
<p>La moyenne des pertes en abeilles durant l’hiver 2007-2008 dépasse 28% avec des pointes à 60% selon les régions. Or les abeilles sont les principales pollinisatrices pour les plantes comestibles. Dans le même temps, au niveau des espèces,  un amphibien su trois, un mammifère sur quatre et un oiseau sur huit sont menacés d’extinction.</p>
<p>Là encore les évaluations d’impact des pesticides ne sont ni suffisantes ni efficaces.</p>
<p>La culture – notamment de maïs – sans insecticide est parfaitement possible : la culture intensive ne fait qu’accentuer la prolifération des parasites comme le taupin du maïs – alors qu’une agriculture raisonnée rétablit les équilibres entre les parasites et leurs prédateurs.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Le remembrement</span></h3>
<p>Le remembrement a favorisé la sécheresse et les inondations. Les tracteurs, comme le reconnaît Edgar Pisani, ont imposé d’élargir les parcelles. Il se reproche aujourd’hui de ne pas avoir fixé de limites.</p>
<p>Il y a 50 ans les fermes étaient polyvalentes avec une production locale et régionale. La PAC a subventionné le passage à une monoproduction et des élevages intensifs. Les pénuries endurées durant la seconde mondiale ont déterminé la volonté d’une production suffisante pour l’Europe. On est resté sur cette logique en dépit d’une situation très différent. Edgar Pisani et ses confrères n’avaient jamais imaginé que la politique qu’ils promouvaient irait aussi loin : mécanisation très lourde, course au productivisme, utilisation d’énergie fossile – une agriculture très polluante.</p>
<p>Le nombre des agriculteurs est dans le même temps passé de 30% de la population à 3% aujourd’hui. Jusque dans les années 70 cette main d’œuvre a été envoyée vers l’industrie … jusqu’au chômage de masse dès les années 70-80.</p>
<p>Malgré ce bilan … on répète exactement la même chose dans les nouveaux états membres de l’Europe Centrale et de l’Europe de l’Est.</p>
<p>En attendant, certains éleveurs s’en sortent en assurant eux-mêmes la transformation des produits laitiers par exemple.</p>
<h3><span style="color: #ff0000; font-size: 1.17em; line-height: 19px;">Productivisme</span></h3>
<p>Oui, mais il faut produire… Cependant nous produisons à présent de quoi nourrir 12 milliards de personnes, nous dit ce chercheur du CNRS. Comme l’écrit la FAO (en 2007) l’agriculture biologique et paysanne est à même de répondre aux besoins de production – avant d’être contrainte de se rétracter !!!  Nous avons pourtant un milliard de personnes qui ont faim dans le monde – et en premier lieu les petits paysans des pays en développement qui n’ont aucun pouvoir politique dans les négociations internationales, les décisions politiques, la protection sociale. C’est en raison des inégalités sociales. Ce n’est pas parce que nous ne produisons pas suffisamment, c’est une question de responsabilité des gouvernements envers les populations pauvres. La faim dans le monde est selon Jean Ziegler un crime contre l’humanité. C’est un problème de distribution et à l’impact à la fois de la spéculation et des agrocarburants. On remplit les réservoirs des voitures des pays riches au détriment des assiettes des pays pauvres. C’est aussi les OGMs qui permettent de nourrir les cochons et les vaches des pays riches, pas les habitants des pays pauvres. On ne résoudra pas la faim dans le monde par les OGMs en plaçant les agriculteurs du monde entier sous la tutelle des firmes semensières et en considérant les stocks comme des outils déloyaux qui perturbent les marchés. Dans ces conditions un tout petit décalage entre l’offre et la demande provoque instantanément des variations de prix – avec une tendance générale à la hausse.</p>
<p>Le risque est la mise en place d’une production de masse de très faible qualité pour la grande majorité des citoyens européens à côté d’une petite agriculture de niche avec des prix un peu plus élevés réservée à une petite partie des consommateurs aisés et bien informés, tout en écoulant largement notre agriculture industrielle dans les pays pauvres. Les grands perdants sont les agriculteurs paysans du Nord et surtout du Sud. Les gagnants sont les agricultures subventionnées du Nord et les agricultures ultra compétitives des émergeants – Brésil – avec une main d’œuvre très peu chère, pas de règles environnementales et un coût de foncier très faible. Les projets de Lula pour la dévastation de la forêt amazonienne pour produire des agrocarburants devraient nous alerter.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">La PAC</span></h3>
<p>La PAC a été mise en place dans les années 50 et 60 avec 3 objectifs. D’abord, soutenir les prix à un niveau acceptable pour les agriculteurs et les consommateurs. Ensuite, des droits de douane pour protéger notre agriculture – la préférence communautaire. Enfin, des subventions aux exportations destinées à compenser à l’export la différence entre les prix européens et les prix mondiaux.</p>
<p>Il s’en est suivi une surproduction. En même temps nous demandons aux pays du sud non seulement d’absorber nos excédents mais aussi de supprimer les barrières de protection de leurs marchés – ceci afin de leur permettre de rembourser leurs dettes (rôle de la Banque Mondiale et du FMI).</p>
<p>Ce n’est qu’en 1984 qu’on a cherché à contraindre le volume de production.</p>
<h3> <span style="color: #ff0000; font-size: 1.17em; line-height: 19px;">La mécanisation</span></h3>
<p>La mécanisation s’est développée, la main d’œuvre est réduite à minima.</p>
<p>A partir de 1992 on a réformé la PAC en suivant les recommandations de l’OMC de libéralisation des marchés agricoles : suppression des droits de douane et des prix d’intervention – le tout compensé par des aides directes à l’hectare ou à la tête de bétail. Ces aides on été « découplées » (que l’on produise ou non, le tarif est à l’hectare). On avantage ainsi la concentration de capital par rapport au travail.</p>
<p>Ces aides sont soumises à condition : respect de l’environnement – mais sans les insecticides et sans l’eau ! Le fond complémentaire (« deuxième pilier ») supposé favoriser l’environnement ne profite pas au bio et sont accordés à des projets industrialisants : grandes exploitations, peu d’emplois, fort impact écologique.</p>
<p>Les variations de prix en faveur des céréaliers se sont traduites négativement pour les éleveurs sur la base d’aides inconditionnelles qui ne compensent pas ces écarts.</p>
<p>Ce système aboutit à des séquestrations de terres dans l’unique but de toucher des subventions. Et cette concentration est aussi plus facile à gérer pour les fonctionnaires. Du coup les jeunes n’ont pas accès au foncier.  D’où aussi le rôle d’associations comme Terres de liens. C’est le carcan qui domine : productivité, concentration, grosses exploitations, capitalisation, production massive. Le contre modèle des AMAPS reste une agriculture de niche. Le résultat c’est que 4% des agriculteurs dans le monde contrôlent plus de la moitié des terres cultivées.</p>
<p>C’est l’ensemble du modèle qui devrait être changé. Les outils de régulation du marché ont disparu. Là encore la finance a pris le pas sur le travail – en mobilisant des capitaux sur la spéculation sur la production alimentaire. Les coûts des marchés à terme, misant sur l’augmentation des prix,  sont devenus déconnectés des marchés physiques. Ce fut un des facteurs de la flambée des prix agricoles. Ces prix sont à présent extrêmement volatiles, alignés sur une toute petite partie de la production exportée, hyper compétitives (peu de contraintes environnementales et sociales). La PAC était sensée combattre ces tendances – qu’elle rejoint aujourd’hui.</p>
<h3><span style="color: #ff0000; font-size: 1.17em; line-height: 19px;">Les prix</span></h3>
<p>D’un autre côté la baisse de certains prix ne bénéficie qu’à la grande distribution et à l’industrie agroalimentaire qui ne répercutent pas ces baisses pour la consommation. L’autre facteur bloquant est l’intérêt des industries de l’amont : intrants, machines, pesticides. Enfin la politique de l’OMC veut entraîner les marchés agricoles vers la libéralisation e la déréglementation. Les lobbies, notamment à Bruxelles, jouent un rôle très important sans endosser aucune responsabilité. Parmi les lobbystes le rapport entre représentants des ONGs et syndicats face aux grandes entreprises et de l’ordre de un contre sept ou huit et les moyens financiers ne sont pas les mêmes, évidemment. Les industries agrochimiques sont largement présentes et plaident pour les OGMs, les subsides, les industries agroalimentaires. Voir sur le film l’enquête très approfondie sur Bruxelles – magnifiques exemplaires de lobbystes prospères.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Alternatives</span></h3>
<p><img class="alignleft" title="jacquin" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/jacquin.png" alt="" width="322" height="273" />Il faut voir ensuite cet agriculteur vanter les mérites … du sarcloir à main !</p>
<p>A nouveau, un vieil agriculteur nous raconte ce moment où il s’est étonné de constater que son potager fournissait de si beaux légumes sans qu’on ait à recourir à l’arsenal qu’il s’était mis à appliquer avec les process vendus clé en main par la coopérative. Après 30 ans de chimie, en 1985, il décide de reconvertir ses 185 hectares vers une agriculture différente. Evidemment, les contraintes sont très différentes : beaucoup plus de rotation de cultures, d’abord.</p>
<p>D’un autre côté, l’agriculture biologique n’utilise pas les sels requis par la chimie et par conséquent elle souffre beaucoup moins des sécheresses . Le choix du bio c’est aussi un choix de vie car le revenu financier est moindre pour davantage de travail. Il s’agit de mettre fin à une logique d’affrontement avec la nature, recommencer à produire pour de vrais besoins – produire du blé pour le meunier, puis pour le boulanger, afin de faire du pain, et non pour faire du blé, accepter aussi que des herbes poussent en même temps que le blé. Les « mauvaises herbes » ne sont plus des ennemies mais des indicatrices de l’état de la terre.</p>
<p>C’est tout un savoir qui ne s’enseigne pas suffisamment dans les écoles – comme la complémentarité entre les plantes qui fixent l’azote – les légumineuses – et celles qui consomment l’azote – les graminées. Ainsi on peut se passer des nitrates et de produire les oligo éléments nécessaires grâce aux vers de terre.</p>
<p>Des aides sont prévues pour la reconversion vers le bio – mais trop limitées– la PAC ne mentionne même pas spécifiquement le bio.</p>
<p>La France est à la 20<sup>e</sup> place en Europe pour la surface agricole cultivée sans produits chimiques. Conséquence : la majorité des produits bios est importée.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Les semences</span></h3>
<p>En France, seules les semences répertoriées dans un catalogue officiel peuvent être commercialisées. Pour bénéficier de leur inscription, les semences doivent répondre à des critères qui ont été déterminés dans le cadre d’une agriculture intensive. Beaucoup de semences qui étaient présentes dans les villages ne vont pas être inscrites au catalogue et sont donc interdites à la vente, ce qui constitue une atteinte à la biodiversité. Ainsi Kokopelli est soumis à des attaques juridiques sévères alors qu’elle permet l’échange de semences et des variétés qui ont disparu des rayons de la grande distribution. Ces condamnations vont carrément à l’encontre des directives de l’Europe sur la biodiversité. 95% des variétés cultivées en 1906 ont disparu du catalogue. C’est une tendance mondiale mais particulièrement grave en France, peut-être du fait de l’implantation de la multinationale Limagrain sur notre territoire. Le prix des semences « officielles » a de ce fait explosé dans le cadre de ce marché captif.  Evidemment les conditions de production chez Kokopelli sont ridiculement réduites. Le résultat c’est que 67% des brevets sur les graines, 50% des brevets sur les produits pharmaceutiques, 89% des brevets sur les produits phytosanitaires, 66% des brevets sur les biotechnologies, 63% des brevets sur les produits vétérinaires, 26% des procédés de fabrication des aliments et 40% des chaînes de distribution de ces produits sont dans les mains de 10 entreprises multinationales :</p>
<p>Monsanto, Syngeta, Dupont, Limagrain, Bayer, BASF, Danone, Nestlé, Pepsico, Cerrefour, etc.</p>
<h3><span style="font-size: 1.17em; line-height: 19px; color: #ff0000;"> Au final…</span></h3>
<p>La question centrale est la capacité de l’Europe envers une véritable volonté de régulation du marché, avec des outils et des objectifs communs sur les aspects sociaux et environnementaux pour l’agriculture et l’alimentation. Mais c&#8217;est aussi une question qui nous concerne tous : en tant que consommateurs, certes, mais aussi dans le processus parallèle qui touche l&#8217;industrie. Le recours aux machines et à l&#8217;accaparement de la mondialisation ne sont pas si différents. Et l&#8217;inertie des des gouvernants ne l&#8217;est malheureusement pas non plus.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank">Obtenir le livre </a></strong></em></p>
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		<title>Défendre Hollande</title>
		<link>http://dtwin.org/WordDD/2013/04/24/defendre-hollande/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 15:46:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[hollade]]></category>
		<category><![CDATA[julliard]]></category>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Qui défend Hollande ? Réponse : Jacques Julliard, reçu lors de l’émission de Marc Vouinchet le 22 mars 2013 sur France Culture]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><em><strong>Qui défend Hollande ?</strong></em> <strong>Réponse : <a title="julliard" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Julliard" target="_blank">Jacques Julliard,</a></strong> reçu lors de l’émission de Marc Vouinchet le 22 mars 2013 sur France Culture à propos de son dernier ouvrage.</span></p>
<p><img class="alignleft" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/lesGauches.png" alt="" width="195" height="315" /><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Afin de ne pas épuiser trop vite la patience et la tolérance de nos visiteurs, laissons les moins allergiques <a href="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/media/julliard.mp3">écouter ici </a> l’extrait de l’émission (50 minutes).</span></p>
<p>Comme les idées claires sont plus rares qu’on le croit ou qu’on le dit, relevons quelques propos de ce grand journaliste, ex directeur du Nouvel Observateur, éditorialiste à Marianne.</p>
<h3>Stéphane Rozès</h3>
<p>Il n’est pas inintéressant d’écouter en préalable « Le monde selon …<strong> Stéphane Rozès </strong>».</p>
<p>Ce politologue enseignant à Science-Po et HEC est aussi président de la société de conseil CAP.<br />
<span style="text-decoration: underline;">La gauche a-t-elle encore un destin ?</span> Son fondement économique, politique et  idéologique est remis en cause par la période. Ce gouvernement est le plus à gauche de l’Europe – et il est très impopulaire.</p>
<p>La politique décidée à Bruxelles accroît les difficultés économiques et sociales et c’est la droite peu soucieuse d’égalité qui en profite électoralement.</p>
<p>De leur côté les peuples sont critiques par rapport au capitalisme financier, ils sont anti-libéraux &#8211;  et la gauche n’en tire pas profit.</p>
<p>Le compromis démocratique patiemment construit par la gauche est révolu  : prospérité pour le plus grand nombre contre la paix sociale et contre aussi la menace du communisme. La fin de cet équilibre est intervenue avec la chute du mur de Berlin, l’ouverture de nouveaux marchés à l’Est et en Asie, la dérégulation et le passage du capitalisme managerial au capitalisme patrimonial soucieux de valorisation des entreprises.</p>
<p>L’état s’est retiré économiquement et socialement et fait douter de l’efficacité économique de la démocratie. Aujourd’hui, c&#8217;est  le salariat hyper majoritaire qui veut la conservation des rapports sociaux &#8211; la gauche est sur la défensive. Les Français – et les Européens – sont anti-libéraux mais pas anti-capitalistes, cependant que la politique continue de relier entre eux les individus, et l’imaginaire politique préempte la question sociale. C&#8217;est pourquoi le populisme et le bonapartisme prospèrent en temps de crise. La gauche, elle, est dans la tradition de la dispute et elle est internationaliste – un internationalisme associé au libre échange qui semble affaiblir le salariat européen.</p>
<p><strong>La gauche en revient donc à la République</strong>. Un nouveau compromis est en route, avec Hollande et Ayrault : <strong>compétitivité contre la préservation du modèle social</strong>. Mais il faut deux conditions : la capacité à nous réformer et la ré orientation des politiques européennes. Au lieu de l&#8217;expliquer, le président Hollande entretient des ambiguïtés et échoue à faire le récit de cet objectif.</p>
<p><span style="color: #ff0000; font-size: 1.17em; line-height: 19px;">Comparaisons et groupuscules</span></p>
<p>Bon, là, on reste dans un discours assez convenu mais pas forcément très simple. Passons la parole à Jacques Julliard avec l’espoir de quelques éclairages tranchés…</p>
<p>La France est-elle en 1788 ou en 1930 ? La manif pour tous est-elle le réveil des groupuscules ou une révolution de droite ?</p>
<p>Comparaison n’est pas raison. L’histoire ne se renouvelle jamais. Une droite sociologique mime mai 68, mais on ne fait pas les révolutions quand çà va mal. On les fait quand les classes dynamiques performantes sont tenues à l’écart du pouvoir.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Les &laquo;&nbsp;cathos&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p>Il y a des <strong>groupuscules</strong> – comme le GUD, les royalistes Action Française… &#8211; en suspension &#8211; un état que révèle le mariage pour tous. Mais ces groupuscules ne sont là qu’à leur propre compte. En 1934 , les Croix de Feu n’étaient pas un groupuscule &#8211; on les a caricaturés. La comparaison n’est pas pertinente. Ensuite il y a l’UMP. Ce n’est pas le plus important.</p>
<p>Mais alors, pour la première fois les « cathos » ré apparaissent en tant que mouvement ultra conservateur. Il y a eu rupture du compromis social avec la république. Les catholiques se considèrent comme une minorité brimée – une attitude proche des islamiste &#8211; et les cathos de gauche ont disparu. C’est ce qui menace de faire basculer la société française et c’est une<span style="text-decoration: underline;"><strong> formidable régression</strong></span>. La réconciliation des cathos et de la république au cours des dernières guerres , de la résistance et de la guerre d’Algérie – est en cours de disparition.</p>
<p>Cette tendance voudrait cette fois établir un parallèle entre la loi du mariage pour tous et le CPE en 2006. Mais le gouvernement ne peut pas reculer – ou bien sur quoi pourrait-il tenir ? Cela dit, La Croix est le seul journal qui progresse spectaculairement et il adhère à cette conception identitaire des catholiques.</p>
<p><strong>Peut-on penser à 1983 ?</strong> 1983 c&#8217;est la fin de la relance par la consommation, l’augmentation des salaires mais 13% d’inflation, la chute du franc et l&#8217;effondrement du commerce extérieur. Pour Delors les entreprises nationales sont incapables de bénéficier de la relance et incapables de faire face à la concurrence internationale. François Mitterrand a choisi : c’est le tournant de la rigueur. Les militants socialistes resteront longtemps nostalgiques de « l’autre politique » à laquelle ils ont dû renoncer. C’est, d’après Brice Couturier, ce vieux rêve qui revient, alors que la rigueur s’est avérée elle aussi être un mythe, avec 4.8% de déficit en 2012 et les dépenses publiques qui continuent à augmenter, les prélèvements devenant à la limite du supportable à 45.6% l’an prochain.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Faux débat</span></h3>
<p><img class="alignleft" title="photo" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/juliard.png" alt="" width="211" height="324" />Pour Jacques Julliard, le débat entre les partisans d’une relance à tout va et une politique « austéritaire » est un faux débat. <span style="text-decoration: underline;">Il n’y a pas d’austérité à l’heure actuelle et la relance est en cours</span> : 65 000 fonctionnaires en plus, emplois d’avenir, revalorisation des retraites des carrières de longue durée… Cette relance est néanmoins insuffisante. La seule véritable trahison de Hollande c’est d’avoir cédé au grand capital &#8211; mais c’est parce que celui-ci lui prête de l’argent à un taux extrêmement bas. D&#8217;ailleurs, qui prône vraiment une sortie du capitalisme ? Personne. Pas même Mélenchon ! <em>Tout le monde est social-démocrate</em>. La vraie question est le choix entre colbertisme-keynésianisme ou au contraire libéralisme.</p>
<p>Le monde entier réclame de la social-démocratie : c’est ce que veulent les ouvriers indiens, brésiliens ou chinois – et Obama est social-démocrate. La social-démocratie est difficile parce qu’on a affaire à un capitalisme patrimonial beaucoup plus dur &#8211; ce qui est la grande différence avec les 30 glorieuses.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Europe</span></h3>
<p>Dans le même temps, la gauche – de François Hollande à Mélenchon – n’a pas de politique européenne. Daniel Cohn-Bendit parle lui aussi de la gauche <em>démoralisée</em>. Le couple franco-allemand, qui a été le seul véritable moteur de l’Europe, ne fonctionne plus. Quant à Mélenchon, il n’est pas un parti ouvrier mais bien d’employés et de bobos et son internationalisme n’est pas en accord avec les émergents beaucoup plus mondialistes.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">La France ne peut pas avoir une politique autonome</span> – ce qui est la politique de la droite. Au contraire, l’Europe, de Victor Hugo à Briand, c’est une politique de gauche qui a besoin de l’internationalisme pour aller vers ses valeurs. <strong>La seule Europe véritable c’est l’Europe à deux </strong>! C’est aussi la priorité absolue à la ré industrialisation afin de retrouver la parité avec l’Allemagne pour être à nouveau écoutés. Prendre la tête dans une alliance avec les pays qui vont mal parce qu’ils ont été mal gérés ne serait d’aucune utilité pour personne – ce qui n’enlève rien à la pertinence de la dénonciation de la dureté de la finance internationale à l’égard de ces pays. Il s&#8217;agit de sauver un héritage qui est celui de la quatrième république puis de la cinquième république et <strong>Jacques Julliard s’oppose catégoriquement à une 6<sup>e</sup> république</strong> – une « fumisterie » : ce n’est pas ce qui va changer la situation !</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Hallali</span></h3>
<p>Cette &laquo;&nbsp;odeur de sang&nbsp;&raquo;  autour de Hollande est psychologiquement et démocratiquement écœurante. Ce gouvernement est le seul depuis longtemps à se battre sur deux fronts : la droite et l’extrême gauche. C’est pourquoi la gauche ou bien est unie ou bien fait le jeu d’un futur gouvernement Copé-Marine Le Pen.</p>
<p>Il y a cependant un « mystère » François Hollande. Mitterrand était capable de construire un récit, fixer un dépassement : « la France est notre présent, l’Europe est notre avenir ». Ce besoin de se projeter est réel et Hollande <em>ne fait pas récit</em> pour notre crispation nationale. Mais est-il nécessaire d’ajouter à ce front anti-gouvernemental alors qu’à l’évidence la France va être dans le marasme pendant des années encore? Il faut refaire un pays moderne. C’est la seule politique possible, cette fois, même s’il peut y avoir des modalités différentes – en allant plus ou moins vite dans le désendettement.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Mélenchon</span></h3>
<p>En ce qui concerne les critiques de Mélenchon, il y a aussi un mystère. Où va-t-il ? Son programme est celui du<strong> général Boulanger </strong>: révision, constituante, appel au peuple ! Quand on parle de proportionnelle, il faut se souvenir que des hommes politiques aussi « modérés »  (falots ?) que Constans sont venus à bout du boulangisme en rétablissant &#8230; le scrutin d’arrondissement. Méfions-nous de l’éloquence ! Il n’est pas question de se couper de la gauche radicale, laquelle est pourtant en train de se couper du peuple – et d’elle-même. Le PC est d’ailleurs de plus en plus réticent à l’égard de la politique aventurière de Mélenchon qui devient un facteur négatif à l’heure actuelle. Encore une fois c’est l’unité de la gauche qu’il faut défendre dans un contexte de domination de la droite et il n’est pas exclu que Mélenchon règle pour son propre compte un problème personnel qu’il a toujours eu avec François Hollande.</p>
<p>Il n’y aura pas de solution dans les 12 ou 18 mois à venir. La France doit redevenir une puissance. Pour cela François Hollande devrait changer de gouvernement. Ayrault, en dépit de ses qualités, n’arrive pas à se faire entendre – <strong>pourquoi pas un chef de gouvernement non socialiste ?</strong></p>
<h3><span style="color: #ff0000;"> Commentaire</span></h3>
<p>Voilà. Je n&#8217;ai pas commenté. Pourtant je serais largement d&#8217;accord avec ce courant qui ne cesse de se renforcer : non à l&#8217;hyper libéralisme mais pas de refus catégorique du capitalisme (avec quelles armes, d&#8217;ailleurs, avec quel projet et dans quel délai alors que l&#8217;heure est à l&#8217;urgence?). Je sais que des amis pensent différemment &#8211; j&#8217;espère que nous pourrons nous retrouver pourtant sur l&#8217;essentiel. Ce qui fait défaut au discours de Julliard est ce qui manque à beaucoup de ces grands politologues pleins de culture et de sagesse,  c&#8217;est de considérer en ligne de mire la transition énergétique qui focalise toute la transformation qui s&#8217;ensuit : sociale, économique et technique. Sur ce dernier point, l&#8217;Allemagne, encore une fois, est en avance, y compris et surtout sur la recherche. On ne peut pas en dire autant sur le premier point (social)  - et Julliard aurait pu insister aussi sur la régression sociale en Allemagne.  De plus, comme le démontre très bien Stiglitz dans son dernier livre, ce sont inégalités qui bloquent pour une bonne part les changements nécessaires. Vu de ce côté, les prélèvements obligatoires ne me semblent pas &laquo;&nbsp;à la limite du supportable&nbsp;&raquo;. On ne règlera rien en prenant aux riches (ils ne sont pas assez nombreux) &#8211; mais çà aiderait. Comment, autrement, faire accepter la décroissance capitaliste ? Les mesures récentes ne sont pas forcément parfaites, elles ne sont pas toutes efficaces &#8211; mais elles sont en phase avec cette question des inégalités. Raison de plus pour ne pas hurler avec les loups &#8211; je dirai presque : les chacals&#8230;</p>
<p>Hum&#8230; et vous ?</p>
<p>Au fait : où en est la grande réforme fiscale ???</p>
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		<title>Philippe Frémeaux : penser simple</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 12:10:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
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		<description><![CDATA[Reconnaissons-le : quelques uns de nos billets récents ne donnaient pas dans la simplicité excessive. Sans tomber dans la complaisance, il est rafraîchissant de nous replonger dans des vérités qui pour avoir été déjà dites ne perdent rien à être rappelées. Ou, plus exactement, ce qui nous paraissait il y a un an ou deux sujet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Reconnaissons-le : quelques uns de nos billets récents ne donnaient pas dans la simplicité excessive. Sans tomber dans la complaisance, il est rafraîchissant de nous replonger dans des vérités qui pour avoir été déjà dites ne perdent rien à être rappelées. Ou, plus exactement, ce qui nous paraissait il y a un an ou deux sujet à caution devient – ou devrait devenir – la base des évidences à partir desquelles réfléchir. Nos adversaires ne se privent pas de simplifier pour manifester dans les rues une « révolte » ultra conservatrice : il est temps de dire que certaines vérités fortes ne sont pas plus compliquées que certains mensonges. Elles ont pour avantage de nous libérer un temps du découragement.</p>
<p>Pour faire court je vous propose <a href="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/media/fremaux.mp3">çi après</a> un extrait (5 minutes) de l’interview de <span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="fremeauxWiki" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Fr%C3%A9meaux" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Philippe Frémeaux </span></a></strong></em></span>sur France Culture le samedi 13 avril 2013 par Véronique Pellerin à propos du débat sur la croissance et la rigueur.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Transcription :</span><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> </span></h3>
<p>A quoi sert la rigueur si elle casse tellement la croissance que non seulement le chômage s’accroît mais qu’on ne parvient pas non plus à réduire les déficits et à stabiliser la dette ?</p>
<p>Pour 2012 la France a échappé à la vraie rigueur &#8230; grâce à un déficit de 4.8% et des dépenses publiques en progression en pourcentage du PIB.</p>
<p><img class="alignleft" title="fremeaux" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/fremaux.png" alt="" width="208" height="232" /><span style="text-decoration: underline;"><strong>Suffit-il pour autant de relancer les dépenses ?</strong></span></p>
<p>Malheureusement non! Compte tenu de l’ouverture de l’économie française et du recul de notre industrie, toute relance massive risquerait de profiter aux importations plutôt qu’à l’emploi. En revanche on ne va pas résoudre la question de la dette en coupant massivement dans les dépenses publiques sans toucher aux impôts, voire en les diminuant. C’est non seulement injuste mais c’est aussi inefficace comme le reconnaissent désormais les économistes du FMI.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">L&#8217;Allemagne en souffrira aussi</span></h3>
<p>L’Allemagne doit admettre que cette relance est dans son intérêt : si l’Europe va très mal avec une crise politique et sociale, elle ne sera pas non plus à l&#8217;abri.</p>
<p>Peter Steinbrück reconnaît que l’Allemagne doit renforcer son pouvoir d’achat pour aider ses partenaires. C&#8217;est aussi ce que le secrétaire au trésor américain est venu dire à Angela Merkel. Sauf que Steibrück est dans l’opposition, qu’Angela Merkel ne veut rien entendre … et qu’elle est populaire. Certes, mais les syndicats réclament néanmoins l’instauration d’un salaire minimum pour mettre fin aux travailleurs pauvres. Bien sûr, rien ne contraint l’Allemagne à céder à ses partenaires politiquement affaiblis.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Quitter l&#8217;euro ?</span></h3>
<p>On pourrait imaginer que l’ensemble de l’Europe du Sud y compris la France <strong>quittent l’euro</strong> – comme le suggère Georges Soros – ce qui provoquerait une réévaluation massive de l<em><strong>’euro-mark</strong></em>. Mais ce n’est pas une perspective séduisante pour la France qui emprunte aujourd’hui à 1.7% pour refinancer sa dette – des taux extrêmement bas qui exploseraient dans cette hypothèse.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Ce n&#8217;est pas une raison pour nous masquer nos propres problèmes :</span> perte de parts de marché, recul de l’industrie à l’export. Il faut renforcer la compétitivité de notre industrie et l’efficacité de l’état afin de dégager des marges pour investir dans la petite enfance, l’éducation, la recherche. L’essentiel c’est aussi de cesser d’attendre la solution de tous nos problèmes dans l’hypothétique retour à une <em>croissance forte et durable</em> : celle-ci ne reviendra pas parce que notre économie est désormais dominée par les services et elle n’est pas non plus souhaitable pour des raisons écologiques évidentes.</p>
<p>Une vraie sortie de crise consisterait en des priorités concrètes en matière d’alimentation, de logement, de transport, d’éducation, de santé et d’emploi. Peu importe après si le PIB augmente ou pas à partir du moment où le bien être de chacun et de tous s’améliore</p>
<p>Ces questions et bien d’autre (10 propositions) se retrouvent dans le numéro d’avril de la revue Alternatives Economiques sur le thème de « vivre mieux sans croissance ».</p>
<p>Pour ma part j’ai retenu sur cette revue l’article consacré à l’emploi : « Travailler moins pour travailler tous ». Comme nous ne cessons de le répéter ici, il va bien falloir nous rendre à cette évidence que non seulement il y de moins en moins de travail mais encore que c’est plutôt une bonne nouvelle – à une condition : que les « insiders » consentent un effort au profit des « outsiders ».</p>
<p>Les 35 heures, contrairement à l’idée qu’on ne cesse de tenter de nous inculquer, ont permis de créer 2 millions d’emplois entre 98 et 2001, le chômage a reculé de 3 points et la masse salariale a augmenté de 20% sans baisse de profit pour les entreprises. Je sais : l’argumentaire est massivement partial, mais il faudrait pouvoir lui opposer des arguments aussi forts – et ils n’existent pas. De plus, la « catastrophe » des 35 heures se traduit par le fait que les Allemands … travaillent moins que nous ! Bref, une voie existe ici.</p>
<p>L’idée avancée par Alternatives Economiques est un congé sabbatique rémunéré de 6 mois tous les 5 ans ou 1 an tous les 10 ans (10% de réduction de temps de travail). Mais on ne pourra plus comme ce fut le cas des 35 heures compter sur le gain de productivité à partir d’un assouplissement dans le temps d’utilisation des machines : l’industrie a trop reculé. Il faudra donc cette fois qu’une partie de l’effort repose sur ceux qui ont emploi : sacrilège ! Comte-Sponville, qui a largement tort sur les 35 heures …aurait raison ici.</p>
<p>Mais bien sûr il y a bien d’autres questions à nous poser ici car nous entrons dans un autre monde : celui d’une transition civilisationnelle. Rien ne nous y oblige, c’est vrai : nous pouvons aussi préférer entrer dans une transition barbare ! A moins que vous ailliez une meilleure idée ? Qu’en pensez-vous ?</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank">Obtenir le livre </a></strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Exemplarité des gaz de schistes</title>
		<link>http://dtwin.org/WordDD/2013/04/10/exemplarite-des-gaz-de-schistes/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Apr 2013 08:20:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[ENERGIES FOSSILES]]></category>
		<category><![CDATA[350.org]]></category>
		<category><![CDATA[espagne]]></category>
		<category><![CDATA[gaz-de-schiste]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>

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		<description><![CDATA[Une demi-douzaine de nouvelles sur les gaz de schistes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous consultez (nous le recommandons) <span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="news" href="http://dtwin.org/WordDD/news-2/news/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">sur ce lien</span></a></strong></em></span> le suivi des nouvelles de la technique et de la science, vous aurez sans doute remarqué qu’une demi-douzaine de sujets pour le mois de mars concernent les gaz de schistes.</p>
<p>Je vous propose – en ces temps agités – de nous intéresser à ce qui visiblement est sorti des écrans radar de la presse et de la TV…. mais qui y reviendra, n’en doutons pas, pour nous parler du trésor sur lequel nous dormons (enfin : ceux que l’indignation, le chômage et la précarité n’empêchent pas de dormir).</p>
<p>Merci de suivre les liens pour plus de détail sur les articles&#8230;</p>
<p><strong style="font-size: 13px; line-height: 19px;">1 - <em><a title="espagne" href="http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72587.htm" target="_blank">Soutien gouvernemental à la fracturation hydraulique en Espagne</a></em></strong></p>
<p>Tout d’abord le gouvernement espagnol a décidé « d&#8217;encadrer les techniques de recherche d&#8217;hydrocarbures non conventionnels par fracturation hydraulique en les soumettant aux procédures d&#8217;évaluation d&#8217;impact environnemental ». Il faut traduire l’administratico-espagnol &#8211; cela signifie : autoriser l’exploitation des gaz de schistes.</p>
<p>En effet, un rapport récent estime que les réserves de gaz de schiste présentes dans le sous-sol espagnol (principalement le Pays-Basque et Cantrabrie, le sud des Pyrénées, la vallée de l&#8217;Ebre ou du Guadalquivir), correspondent à <strong>39 années de la consommation actuelle du pays</strong></p>
<p><img class="alignleft" title="ordesa" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/ordesa.png" alt="" width="322" height="242" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vous imaginez combien je suis impatient de voir s’ériger des derricks dans ces vallées… De plus, la fracturation hydraulique au pied du massif de Pyrénées – non exempt d’activité sismique – risque de nous créer de belles surprises. En outre cette région est le réservoir naturel d’une grande partie de l’eau disponible en Espagne – qui en manque déjà.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>2 - <em><a title="impact" href="http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm12_031.htm" target="_blank">Gaz de schistes aux Etats-Unis : recherches en vue de minimiser l&#8217;impact environnemental</a></em></strong></p>
<p>C’est bien vers les USA qu’il convient de nous tourner afin de suivre l’actualité sur cette technique largement utilisée à présent sur ce territoire.</p>
<p>Une étude récente rassemble les avis de 215 experts (universitaires, industriels, membres d&#8217;ONGs et de l&#8217;administration) sur les risques liés à l&#8217;exploitation du gaz de schiste et à la fracturation hydraulique.</p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Les risques qui font le plus consensus sont :</span></p>
<ul>
<li>la qualité des eaux de surface, notamment le risque de dispersion du fluide et des eaux utilisées pour la fracturation et les difficultés liées à leur stockage.</li>
<li>Les émissions de méthane qui contribuent fortement au réchauffement climatique</li>
<li>la qualité des eaux profondes (aquifères)</li>
<li>la perturbation des habitats autour du site d&#8217;exploitation.</li>
<li>les perturbations pour les populations locales, en particulier les ondes sismiques, ont été identifiées comme prioritaires par les experts de l&#8217;industrie et du monde académique mais pas par les experts gouvernementaux ou ceux des ONGs.</li>
<li>D’autres risques sont diversement évalués – notamment les risques d’accidents et leur impact.</li>
</ul>
<p>L&#8217;autorité en charge de la prévention de ces risques doit être le gouvernement d&#8217;après les ONGs, le monde académique et le gouvernement alors que la moitié des experts de l&#8217;industrie estiment que l&#8217;industrie devrait assurer ce rôle .</p>
<p><strong>3 - <em><a title="geo" href="http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72404.htm" target="_blank">Gaz de Schistes : de la géopolitique à l&#8217;atome</a></em></strong></p>
<p>Quelles sont en fait les raisons de cet engouement (40% de la production totale de gaz sec aux Etats-Unis)? Pourquoi cette véritable ruée vers les gaz de schistes ? Ce document revient d’abord sur cette question et rappelle les avantages de cette ressource :</p>
<ul>
<li>la majorité des pays dépendent des importations pour répondre à leurs besoins en gaz</li>
<li>le gaz naturel traditionnel reste encore relativement abondant, mais les réserves sont limitées à quelques régions de la planète et il coûte cher à transporter</li>
<li>le gaz de schistes est plus globalement réparti</li>
</ul>
<p>En revanche il faut noter la forte diminution du taux de production des puits après leur mise en service. Pour assurer le rythme de production initial, il est nécessaire de maintenir un rythme de forage très important, complexe et très coûteux. A cela s&#8217;ajoutent des nombreux problèmes environnementaux.</p>
<p>Par ailleurs le faible coût de production du gaz de schiste peut nuire au développement des énergies renouvelables. Ce prix encourage ensuite une croissance de la consommation d’énergie mondiale – le taux actuel dépasse celui de  l’accroissement de la population.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Globalement, les gaz de schistes n’ont pas fait reculer le charbon</strong></span>. De 2008 à 2012, la part du charbon est passée de 25 à 30% de la consommation mondiale d&#8217;énergie et celle des énergies renouvelables a baissé, passant de 9 à 8%.</p>
<p>Pour limiter les risques liés à cette exploitation,  la compréhension de ce qui se passe au niveau moléculaire est primordiale, notamment en ce qui concerne les réactions entre les molécules qui constituent le ciment des puits d&#8217;exploitation.</p>
<p>En effet, un problème majeur de l&#8217;exploitation des gaz de schiste concerne les fuites importantes de méthane qui seraient de l’ordre de 9%.dues à la mauvaise cimentation des puits d&#8217;extraction. Ce problème est rendu délicat du fait de la température qui augmente de 30 degrés par km de profondeur.</p>
<p>Afin de faire un point précis sur ces questions l’ambassade de France à Washington a rédigé un rapport que vous pouvez télécharger à partir de ce lien :</p>
<p>4 &#8211;  <em><strong style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><a title="impact" href="http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm12_031.htm" target="_blank">Gaz de schistes aux Etats-Unis : recherches en vue de minimiser l&#8217;impact environnemental</a></strong></em></p>
<p>Le rapport concerne les points suivants :</p>
<ul>
<li>Impacts et risques environnementaux</li>
<li>la réglementation</li>
<li>La toxicité des fluides de fracturation (fortement débattue, et peu réglementée )</li>
<li>la contamination des ressources en eau potable</li>
<li>la gestion des fluides de fracturation</li>
<li>L’impact climatique</li>
<li>Une occupation spatiale des forages importante (mitage du territoire)</li>
<li>Une réglementation hétérogène</li>
</ul>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Recherches et optimisations en cours :</strong></span></p>
<ul>
<li>Optimisation du Fluide de fracturation</li>
<li>Minimisation du volume d’eau requis</li>
<li>Retraitement des eaux</li>
<li>Fuites de méthane (émissions de GES, contamination des aquifères)</li>
<li>Comportement de la roche</li>
<li>Impact paysager</li>
<li>Retour d’expériences et partage de bonnes pratiques</li>
</ul>
<p>Il sera utile de nous reporter à cette étude lorsque, inévitablement et profitant éventuellement du discrédit de l’équipe dirigeante française, les lobbies remonteront au créneau.</p>
<p>Toutefois tout n’est pas forcément rose pour les gaz de schistes – même dans le camp capitaliste :</p>
<p><strong>5 -<em><a title="declin" href="http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72437.htm" target="_blank">Gaz de schiste en Amérique du Nord : une étude provocatrice prévoit son déclin dans les 10 ans</a></em></strong></p>
<p>Premièrement, les puits s&#8217;épuisent très rapidement, ce qui nécessite d&#8217;intensifier le forage pour maintenir la production, ce qui limite le potentiel à long-terme</p>
<p>Deuxièmement, bien que les ressources énergétiques carbonées non conventionnelles existent en grandes quantités, leur exploitation nécessite d&#8217;énormes efforts logistiques et financiers qui interdisent l&#8217;augmentation de la production pour répondre aux besoins du marché</p>
<p>Un organisme gouvernemental états-unien, suggère que la part des gaz et pétroles de schistes va atteindre 50% de la production du pays d&#8217;ici 2040. Le Dr. Hughes affirme que ces projections ne sont pas réalistes car elles ne prennent pas en compte le fait que la plupart des puits perdent 15% de leur productivité initiale en quatre à six ans. Il faudrait creuser plus de <strong>70.000 puits supplémentaires</strong> <strong>par an</strong> d&#8217;ici 2040 &#8211;  solution trop coûteuse et hors de portée à partir de <strong>2019</strong>. Il  s&#8217;ensuivrait d&#8217;une forte chute de la production.</p>
<p>Il est vrai que le Dr Hughes a été financé par le Post-Carbon Institute une association californienne ouvertement contre le gaz de schiste. D’autres experts (serons-nous surpris ?)  prévoient une abondante production de gaz naturel sur <strong>plusieurs générations. </strong>Ils affirment que le Dr Hughes ne représente qu&#8217;une opinion minoritaire et que les résultats traités dans le rapport en question démontrent seulement que le gaz de schiste ne s&#8217;écoule pas librement.</p>
<p>Notons que le rapport du Dr Hughes ne nous surprend qu&#8217;à demi puisque nous avons déjà émis des objections similaires :</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="dtwin" href=" http://dtwin.org/WordDD/2011/07/05/gaz-de-schiste-la-suite-ou-la-fin/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"> <span style="font-size: x-small;"><span style="line-height: 19px;">http://dtwin.org/WordDD/2011/07/05/gaz-de-schiste-la-suite-ou-la-fin/</span></span></span></a></strong></em></span></p>
<p>Qu’en sera-t-il ? Ce qui est sûr, c’est que la poursuite de cette exploitation renforce durablement les menaces sur le climat.</p>
<p>Cependant, aux USA, les jeunes étudiants se mobilisent :</p>
<p><strong>6 &#8211;  </strong><strong style="font-size: 13px; line-height: 19px;">USA  </strong><em><strong style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><a title="desinvest" href="http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72468.htm" target="_blank">Désinvestir : le modèle anti-apartheid appliqué à l&#8217;industrie des énergies fossiles</a></strong></em></p>
<p>Des centaines d&#8217;étudiants participent à une campagne &laquo;&nbsp;Divest for Our Future&nbsp;&raquo; pour que leurs universités cessent d&#8217;investir des fonds dans les entreprises liées aux énergies fossiles. Cette initiative s&#8217;inspire de la campagne menée dans les années 80 contre l&#8217;apartheid en Afrique du Sud.</p>
<p>En ces temps de déroute démocratique et de scepticisme radical, en ces temps de désespoir, pour être clair, il est réconfortant de voir surgir cette autre « indignation » sur des sites comme :</p>
<p><a title="org" href="http://350.org/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><em><strong>http://350.org</strong></em></span>/</a></p>
<p>qui envoie au Président Obama une lettre dont nous pourrions nous inspirer … à condition qu’il y ait un pilote dans l’avion pas seulement occupé à neutraliser d’autres gaz encore plus nauséabonds :</p>
<p><a title="obama" href="http://act.350.org/signup/an-open-letter-to-president-obama/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><em><strong>http://act.350.org/signup/an-open-letter-to-president-obama</strong></em></span>/</a> (<em><strong><a title="trad" href="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/Obamafr.pdf" target="_blank">traduction ic</a>i</strong></em>).</p>
<p>J’avoue que j’ai signé&#8230;. Ce n’est pas le Grand Soir, mais c’est quand même bon pour la planète, non ?</p>
<p>Evidemment, c’est un peu naïf … les Américains, n’est-ce pas, sont de grands enfants. Et nous, que sommes-nous ? Des petits vieux ? A vous d’en juger. En tout cas l’énergie perdue en polémiques et l’ironie autour des scandales de notre république ne peuvent mener qu’à deux résultats : soit un soulèvement et l’avènement d’une 6<sup>e</sup> république, soit la victoire de l’extrême droite. Si nous ne voulons ni de l’un ni de l’autre (ou plus exactement si le rapport de forces ne permet pas la première solution et si nous ne voulons toujours pas de la seconde) il serait bon de nous adresser à notre Président avec la même mesure, la même pondération et le même respect que ces étudiants américains. Mais est-ce encore possible ? Je constate ici que Comte-Sponville avait tord quand il nous conseillait de nous intéresser avant tout aux compétences de nos hommes politiques et de ne pas nous inquiéter de leur moralité. C’est l’excès de cette négligence que nous payons aujourd’hui. Nous sommes finalement plus proches de Corneille que de Racine &#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank">Obtenir le livre </a></strong></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Cahuzac et les mensonges</title>
		<link>http://dtwin.org/WordDD/2013/04/03/cahuzac-et-les-mensonges/</link>
		<comments>http://dtwin.org/WordDD/2013/04/03/cahuzac-et-les-mensonges/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Apr 2013 14:43:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[cahuzac]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://dtwin.org/WordDD/?p=5189</guid>
		<description><![CDATA[Tenir un blog sans parler de l’affaire Cahuzac ? Impossible. En parler ? Dérisoire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’étais plongé – sans doute bêtement – dans le suivi des billets de la science et de la technique et je n’ai pas vu le printemps arriver. C’est trop bête. Mais alors c&#8217;est un printemps chargé de tempêtes et de menaces, de secousses terribles qui font cette fois vaciller pour de bon notre dernier esquif démocratique.</p>
<p><em><strong>Tenir un blog sans parler de l’affaire Cahuzac ? Impossible. En parler ? Dérisoire.</strong></em></p>
<p>C’est surtout stupide de n’avoir pas pris le temps quelques jours plus tôt d’écrire ce que je j’avais sur le cœur par rapport au mensonge. A présent, en pleine tempête, il devient plus difficile de dire qu’il y a plus grave. C’est très difficile parce que justement « cela »  est très grave, ce mensonge effronté, ces effets de manche et ces coups de menton face à l’Assemblée Nationale, cette incroyable impudence avant que le haut dignitaire en charge de la chasse à l’évasion fiscale se fasse prendre la main dans le gros sac de billets.</p>
<p><strong>Plus grave </strong></p>
<p>Et pourtant oui il y a plus grave. M. Cahuzac est un voyou, soit. Qu’il ait été choisi par un président « normal » pour faire appliquer une rigueur budgétaire anormale, c’est déjà moins « normal », justement. Qu’un journaliste ait pu accéder à des indices suffisamment convaincants sur cette situation 4 mois avant que l’état – qui dispose d’un arsenal autrement plus efficace – finisse par se rendre à la triste réalité est encore plus troublant. Et à présent le même journaliste n’hésite pas beaucoup pour avancer que le chef de l’état était au courant.</p>
<p>Mais non, je n’ai pas du tout envie de me joindre à cette meute d’indignés-là. On y côtoie de drôles de chiens qui ne sont pas exonérés de porter la rage. Et puis tirer sur les corbillards, non merci.</p>
<p><strong> Autre chose &#8230;</strong></p>
<p>Non, ce que j’aurais pu dire avant, ce qui me démangeait le clavier, c’était autre chose. C’était le mensonge, aussi, mais un autre mensonge – et pour moi il est plus grave. Il se situe sur trois plans.</p>
<p>D’abord, pour ne pas trop nous écarter malgré tout  de cette actualité cauchemardesque, d’abord donc sur le plan financier. Le premier mensonge est celui que font TOUS les dirigeants politiques à peu près lucides (et je fais à François Hollande le crédit de cette intelligence). Ils mentent quand ils choisissent<strong> l’austérité</strong>. Si un doute pouvait subsister, il aurait dû faire place à une toute autre politique suite aux récentes notes de l’OFCE et surtout d’Olivier Blanchard, chef économiste au FMI –  lequel a admis l’erreur faite sur le <strong>multiplicateur budgétaire</strong> de l’austérité. Non qu’il faille pérenniser les déséquilibres, mais le moment de l’intervention peut s’avérer totalement contre productif si elle a lieu en une période de forte récession – ce qui est le cas actuellement.</p>
<p><strong>La coûteuse comédie de la rigueur</strong></p>
<p>Je parle de mensonge parce que les chefs de gouvernement sont au courant et que la seule explication à leur obstination rigoriste est qu’ils ne veulent pas se retrouver isolés dans la mouvance néo libérale qui domine encore en Europe à travers l’Eurogroupe et les réunions du Conseil. Les « signaux » des marchés lors de l’élection de François Hollande ont suffi à provoquer une capitulation en rase campagne et le renoncement de fait à un plan de relance keynésien non sur la consommation mais sur l’équipement et les infrastructures – et en premier lieu les énergies renouvelables.</p>
<p><strong>La croissance</strong></p>
<p>Le second mensonge sera encore moins crédible à présent. Comment est-il seulement possible d&#8217;espérer une croissance? Comment l&#8217;évidence mainte fois répétée que la conjonction d&#8217;un accroissement simultané de la productivité et de la démographie &#8211; sans parler d&#8217;une redistribution incontournable du travail vers les pays émergents &#8211; pourrait-elle déboucher sur autre chose que la nécessité de partager le travail à l&#8217;intérieur même de notre pays?</p>
<p><strong>L&#8217;environnement</strong></p>
<p>Enfin, si on lit attentivement Jeremy Rifkin qui parle avec Tim Jackson du point précédent, il ne fait pas mystère de contacts cordiaux avec les principaux décideurs et chefs d’état européens. Les chefs d’état sont au courant de ces réalités que nous pensons prêcher dans un désert. La seule raison pour laquelle nous ne sommes pas entendus, la seule raison pour laquelle les dirigeants n’entreprennent rien de sérieux contre le <strong>changement climatique, le CO2 et pour les renouvelables</strong> – c’est que la population n’est que très peu ouverte à cette priorité. Mais la seule source de cette apathie ce sont les média. La main mise sur les média par les groupes industriels et financiers en situation sinon de monopole du moins de domination et de contrôle oligarchique est à l’origine de cette cécité collective qui s’attache également à attribuer au peuple les vices de ses dirigeants – l’égoïsme, l’individualisme et la lutte de tous contre tous.</p>
<p>A longueur de unes on nous décrit par le menu dans la presse régionale les crimes atroces commis dans les villes et les campagnes. Alors, en comparaison, n’est-ce pas, les mensonges des politiques et leurs petits et gros arrangements semblent peu de chose. Hé bien c’est tout le contraire. Le serial killer le plus frénétique ne pourra jamais se vanter de mettre en danger 1 million de personnes simultanément. Un homme politique oui, en maintenant en activité les centrales nucléaires les plus anciennes  dans des zones fortement peuplées. On pourrait multiplier les exemples (nous n’allons pas ré écrire notre blog). Mais bien sûr aussi un assassin de banlieue est infiniment moins efficace pour détruire la démocratie qu’un homme politique corrompu.</p>
<p>Pour rester raisonnables disons simplement que les mensonges sur l’environnement, la croissance et les dangers industriels sont quotidiens, ils sont constants sous les gouvernements de droite comme de gauche, et ils nous mènent non seulement à la catastrophe – mais aussi dans tous les cas à des bouleversements – écologiques, climatiques et sociaux -qui vont nous écraser sous leur brutalité et leur soudaineté de telle sorte que cette fois la « stratégie du choc » chère à Naomi Klein va pouvoir s’appliquer sans retenue.</p>
<p>Comme le dénonçait de longue date Hanna Arendt, mensonge et violence vont de pair. Alors, bien sûr, le mensonge de Cahuzac est un sommet. Mais la montagne ne doit pas nous cacher la galaxie.</p>
<p><strong>Populisme ?</strong></p>
<p>Et à présent, que faire ? La solution d’une mise à plat politique ne pourra plus laisser de côté un acteur peu fréquentable : le peuple.</p>
<p>Le peuple, c’est le populisme, n’est-ce pas ? Oui, et le populisme est aussi détestable à droite (le FN) qu’à gauche (Mélenchon). Hé bien, messieurs les politiques, c’est avec ces gens-là qu’il va falloir parler. Parler, c’est-à-dire écouter, discuter, éventuellement composer, oui. Parce qu’avec vous, qui d’autre voudra parler ? Qui va vous croire ?</p>
<p>Il y a longtemps que je ne me fais pas que des amis dans le camp qui m’est le plus proche en soutenant que Marine Le Pen avance des arguments de national-socialisme auxquels il faut répondre autrement que par le mépris. A l’opposé je ne me fais pas davantage d’amis en n’aimant pas non plus les attaques dévastatrices de Mélenchon contre le PS et son mépris total des contraintes économiques et industrielles.</p>
<p>Reconnaissons d’un côté que Mélenchon est attentif aux questions énergiques et environnementales (et sociales) et que de l’autre le reproche n’est pas fait à Marine Le Pen d’une logique isolationniste qui ne s’inquiète en rien du devenir des 99% de l’humanité qui ont le malheur de n’être pas français. Autant Mélenchon que Marine Le Pen rencontrent les préoccupations des gens « normaux », ceux qui paient au prix fort (chômage, pauvreté, santé) les atermoiements soi disant stratégiques de ceux qui se comportent de plus en plus en oligarques indifférenciés – et indifférents.</p>
<p><strong> Crise salutaire ?</strong></p>
<p>C’est pourquoi, oui, la crise actuelle est salutaire – ou en tout cas pourrait l’être si l’électrochoc opérait dans trois directions. D’une part pour dénoncer tous les mensonges et non pas seulement ceux liés à l’argent. D’autre part pour mettre fin à l’aventure rigoriste aveugle et enfin pour nous poser une bonne fois la question de la démocratie qui résulte d’une constitution française césariste sans César et d’une Europe qui n’est fédérale que pour assurer la protection des inégalités.</p>
<p>Mais soyez rassurés : il ne va rien se passer de tel. Les élections municipales seront là dans un an pour constater que rien ne change vraiment. C’est que les élus locaux n’ont pas de compte à Singapour et ne siègent pas à Bruxelles. La plupart des maires travaillent 50 heures par semaine en espérant ne pas tomber sous le coup d’une directive qui les mettrait hors la loi pour un poteau mal positionné ou un arrêté sur les chats errants. Le peuple, justement, les connaît partout dans les petites villes et les villages. Le tsunami va faire basculer quelques mairies mais les candidats ne sont pas si nombreux pour ces responsabilités locales mal payées et exposées.</p>
<p>Pourtant, un an c’est long quand le temps s’accélère, quand les rues s’emplissaient déjà de manifestants hétéroclites en bonne partie manipulés par des activistes qui appliquent méthodiquement des techniques d’agitation pré fascistes sous couvert de protestations civilisationnelle ou moralistes. Ce sera long pour ceux qui vont se trouver en fin de droits, pour ceux qui font aussi partie des 2 millions et demi d’emplois industriels perdus depuis 30 ans.</p>
<p>Bien sûr, ceux qui reliront ce billet dans un mois, dans un an – trouveront que je me suis trompé, que les choses se seront passées différemment, que je n’aurai rien vu venir. Mais, entre nous, aujourd’hui, qui se risque à prévoir quoi que ce soit ? Ce dont je suis sûr, aujourd’hui et au-delà de l’inquiétude, c’est de ma tristesse. Je ne souhaite qu’une chose : que ceux qui me reliront dans un mois, dans un an (ou, improbablement, dans 4 ans) … soient moins tristes que moi en ce 3 avril 2013.</p>
<p>_____________________________________________________________________________________________</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Obtenir le livre</span></a></strong></em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les marchands de doute version française</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 16:15:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur d'autres bases et à propos de l'affaire Seralini, Stéphane Foucard dénonce les mêmes méthodes dont nous parle "Marchands de doute". Il retrace ces dérives dans son livre "La fabrique du mensonge"]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>S&#8217;il y a une chose que je déteste c’est bien le complotisme.  Mais le détester n’empêche malheureusement pas la réalité de véritables complots. Et encore, dans « complot » il y a souvent un élément d’idéal – bon ou mauvais. Ici il n’est même pas question de l’ombre d’une idée – seulement d’argent, évidemment.</p>
<p>Stéphane Foucard n’a sans doute pas lu « Comment se faire des amis » de Dale Carnegie. Il a commencé par agacer de solides scientifiques en se constituant l’un des premiers opposants aux climato-sceptiques – ce qui fait, au final, qu’il peut trouver des amis parmi nous…</p>
<p>En effet, en décembre 2008 il révèle un scandale touchant des chercheurs de <span style="text-decoration: underline;"><em><strong>l&#8217;<a title="Institut de physique du globe de Paris" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_physique_du_globe_de_Paris" target="_blank">Institut de physique du globe de Paris</a></strong></em></span> (IPGP), plusieurs de leurs travaux dans la revue <span style="text-decoration: underline;"><em><strong><a title="Earth and Planetary Science Letters" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Earth_and_Planetary_Science_Letters" target="_blank">Earth and Planetary Science Letters</a></strong></em></span> (EPSL) ayant été acceptés pour publication par des scientifiques qui étaient à la fois membres du même IPGP et du comité éditorial d’EPSL</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>A propos de l’affaire Séralini</strong></span>, il écrit ce 21 mars 2013 sur le Monde un article intitulé <strong><em>Science : l&#8217;intoxication industrielle</em></strong> qui dénonce l’intervention auprès de ce journal de deux chercheurs américains qui proposent une tribune. Le toxicologue <strong>Bruce Chassy</strong>, professeur émérite de l&#8217;université de l&#8217;Illinois, et le biologiste <strong>Henry Miller</strong>, du Hoover Institute (université Stanford) ont adressé au Monde un mail plutôt étrange (intervention probable d’un institut de relation publique) d’une extrême violence intitulé : « Des scientifiques flairent l&#8217;arnaque dans une frauduleuse étude de génie génétique ». Il s’agit de l’affaire Seralini déjà évoquée sur notre site.</p>
<p><strong>Par exemple :</strong></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p><span style="color: #800080;"><em>« Les expériences présentées la semaine dernière montrent que [Gilles-Eric Séralini] a dépassé les bornes, entre le fait de simplement mener et faire connaître des expériences imparfaites et le fait de commettre de graves erreurs scientifiques avec tentative de fraude »<br />
&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
« Il est également important de signaler que la publication de cet article constitue un échec abject et incroyable de la compétence éditoriale de la revue à comité de lecture Food and Chemical Toxicology »</em><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">, […] </span></span><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><span style="color: #800080;">« Peut-être avons-nous atteint un point (&#8230;) où les médias réalisent enfin qu&#8217;ils ont été manipulés pendant des années par des escrocs experts et professionnels. »</span><br />
<span style="color: #800080;"> -</span>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<br />
</em><span style="color: #ff0000;"><strong><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Qui sont les auteurs de cette attaque en règle ?</span></strong></span></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Henry Miller</span></strong> : les<span style="color: #ff0000;"><strong> <em>tobacco documents</em> </strong></span>(documents secrets de l&#8217;industrie du tabac, déclassifiés en 1998 par décision de justice) était engagé dans les activités du <span style="text-decoration: underline;">Advancement of Sound Science Coalition</span> (<strong>TASSC</strong> ou Coalition pour la promotion d&#8217;une science solide), think tank imaginé par <strong>Philip Morris</strong> pour attaquer la «<em> mauvaise science</em> » pouvant conduire … à des réglementations !!!</p>
<p><strong>1992</strong> : publication du rapport de l&#8217;Environment Protection Agency (<strong>EPA</strong>) attestant des effets nocifs du tabagisme passif</p>
<p><strong>1993</strong> : création et gestion (confiées à une société de relations publiques, <strong>APCO Associates</strong>) du think tank <strong>The Advancement of Sound Science Coalition</strong>.</p>
<p>Mémo de Philip Morris: <span style="color: #800080;"><em>« Notre objectif primordial est de discréditer le rapport de l&#8217;EPA et d&#8217;obtenir d&#8217;elle qu&#8217;elle adopte un même standard d&#8217;évaluation des risques pour tous les produits. »</em></span><br />
<span style="color: #800080;"> Budget : 350 000 dollars pour les 6 premiers mois pour  recruter des scientifiques, identifier les journalistes susceptibles d&#8217;être favorables au discours promu par les industriels, adresser aux journaux des tribunes libres&#8230;</span></p>
<h3><span style="color: #ff0000;"><strong>Citations :</strong></span></h3>
<p><span style="color: #800080;"><em>« Sans un effort pour construire un doute raisonnable à propos du tabagisme passif &#8211; en particulier parmi les consommateurs -, alors virtuellement tout autre effort (&#8230;) aura une efficacité significativement réduite »<br />
« Cela doit s&#8217;inscrire dans une vaste mosaïque, qui rassemblera tous les ennemis de l&#8217;EPA en même temps »</em></span></p>
<p>L’APCO ouvre alors un front contre toutes les disciplines scientifiques utilisées à l&#8217;EPA, pour coaliser l&#8217;industrie <strong style="font-size: 13px; line-height: 19px;">contre les sciences de l&#8217;environnement.</strong></p>
<p>Les scientifiques enrôlés dans le think tank pouvaient toujours assurer qu&#8217;ils ne touchaient pas de subsides de l&#8217;industrie du tabac … leurs factures étant réglées par APCO Associates.</p>
<p>Henry Miller a eu  vingt-six tribunes publiées par <em>The Guardian</em>, ou sur son site Web, entre 2008 et 2011 – en faveur du génie génétique, l&#8217;agrochimie, la dérégulation, etc. plus un blog sur le site Web du magazine <em>Forbes</em>. Certains de ses billets sont publiés un peu partout aux Etats-Unis, et entre 2006 et 2007, dix tribunes libres dans le <em>New York Times</em>.</p>
<h3><span style="color: #ff0000;">Comme là-bas </span></h3>
<p><img class="alignleft" title="foucard" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/fabriqueMensonges.png" alt="" width="167" height="268" />Bref : nous retrouvons là les méthodes dénoncées par <a href="http://www.amazon.fr/Naomi-Oreskes/e/B0068AO0CA/ref=sr_ntt_srch_lnk_1?qid=1364130072&amp;sr=8-1">Naomi Oreskes</a> et <a href="http://www.amazon.fr/Erik-M.-Conway/e/B00796TCCU/ref=sr_ntt_srch_lnk_1?qid=1364130072&amp;sr=8-1">Erik M. Conway</a> dans leur «<strong> Marchands de doute </strong>» &#8211; la stratégie mise au point par les géants du tabac et généralisée à l’ensemble de la science dès qu’elle met en cause les intérêts des grands groupes. Rien de nouveau en effet – à part le nouveau livre de Stéphane Foucard, justement :</p>
<p style="text-align: center;"><strong>« La fabrique du mensonge: Comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger ».</strong></p>
<p>Il est question dans ce livre du sujet que nous venons d’évoquer mais aussi de <strong>l&#8217;ILSI</strong>, l&#8217;International Life Sciences Institute, qui réunit les principaux groupes agroalimentaires, avec la méthode d&#8217;évaluation de &laquo;&nbsp;seuil de préoccupation toxicologique&nbsp;&raquo; de nos aliments, approuvée par <strong>l&#8217;EFSA</strong>, l&#8217;Agence Européenne de Sécurité Alimentaire. En cause, des conflits d&#8217;intérêts entre scientifiques et industriels.</p>
<p>Rien de nouveau, en effet, pour les amis les plus vigilants de LCA comme Jean-Michel Masson qui nous a de longue date recommandé la lecture des « Marchands de doute ».</p>
<p>Il faudra aussi passer en revue les puissants groupes de pression tels que le <em><strong><a title="cato" href="http://www.cato.org/" target="_blank">Cato Instititute</a></strong></em> , le <a title="marshall" href="http://www.marshall.org/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><em><strong>George Marshall Institu</strong></em></span>t</a>e, le <span style="color: #0000ff;"><strong><a title="heartland" href="http://heartland.org/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Heartland Institute</span></a></strong></span> qui ont bénéficié de subsides de la part de l&#8217;industrie de l&#8217;énergie fossile alors que ni l<span style="color: #0000ff;"><em><strong>&#8216;<a title="ipa" href="http://www.ipa.org.au/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Institute of Public Affairs</span></a></strong></em></span> australien ni le <span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="gwf" href="http://www.naturalgaseurope.com/great-shale-debate-europe-will-come-around" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Global Warming Policy Foundation</span></a></strong></em></span> n&#8217;acceptent de révéler la liste de leurs donateurs.</p>
<p>Comment, dans ces conditions, nous en remettre à la seule démocratie pour sortir des mécanismes délétères pour notre mode de vie et notre civilisation ? Cette question s’étend à tous les domaines et en particulier à l’énergie. Négawatt, de son côté, préconise la création d’une <span style="text-decoration: underline;"><strong>Haute Autorité Indépendante pour la Transition Energétique</strong></span>. Il faut rapidement réfléchir à ce type d’initiative, faute de quoi l’issue vers une dictature verte (ou bleue? ou brune?) pourrait bien un jour s’imposer face à l’immobilisme.</p>
<h3></h3>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Agriculture  :  Stéphane Le Foll s’explique</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Mar 2013 17:29:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Serge CLAVERO.</dc:creator>
				<category><![CDATA[ALIMENTATION]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[elevage]]></category>
		<category><![CDATA[le_foll]]></category>
		<category><![CDATA[pac]]></category>

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		<description><![CDATA[A propos de l’interview accordé par Stéphane Le Foll sur Les Matins de France Culture le 12 mars 2013]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 13px;"><br />
<span style="color: #ff0000;"><strong>Interview France Culture</strong></span></span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">L’agriculture, pour nous, citadins « modernes », c’est bien loin. Les plus motivés d’entre nous se sont un jour inscrits à une AMAP… et n’y sont pas toujours restés. Bien sûr, nous recherchons une alimentation saine et des circuits courts, voire des produits « bio » au rayon de nos supermarchés. Pourtant, sitôt que l’on se penche sur cette question, on ressent à quel point elle touche à notre nature même d’êtres humains. Je me permets de mettre <a title="audio" href="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/media/lefoll.mp3" target="_blank"><span style="color: #0000ff;"><em>en lien ic</em></span><em>i </em></a> un extrait de l’interview accordé par Stéphane Le Foll sur Les Matins de France Culture le 12 mars 2013 (30 mn). Attention : le découpage est un peu brutal et l&#8217;extrait démarre par une réaction de Le Foll très vive sur la nécessité d&#8217;un discours sur l&#8217;avenir qui n&#8217;est pas pour déplaire ici, avouons-le.</span></p>
<p><strong style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><span style="color: #ff0000;">Décryptage</span></strong></p>
<p><em style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">A l’occasion du cinquantenaire de la PAC il n’est pas rare d’entendre dire que ce dispositif européen est trop coûteux, inefficace et injuste : la France aurait  profité depuis trop longtemps de dispositions qui lui étaient favorables, les 4/5 des subventions vont au 1/5 des agriculteurs les plus riches, la PAC favorise un type d’agriculture industrielle et polluante.</span></em></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Le ministre précise donc que son objectif est précisément de <span style="text-decoration: underline;">« verdir » le tiers de ces subventions</span> afin de préserver les intérêts écologiques au niveau de l’Europe – par exemple avec 3 rotations de cultures, des prairies permanentes, une nouvelle répartition des aides, leur plafonnement ou leur progressivité, la lutte contre les distorsions de concurrence (nouveaux pays de l’Est) et contre le lobby des plus grandes exploitations . Le but est d’aider en priorité les petites exploitations en favorisant les 50 premiers hectares mais aussi et surtout l’élevage &#8211; un élevage plus naturel où on n’entasse pas le bétail  en stabulation d’un côté pour stocker ensuite leurs déjections et plus tard fertiliser artificiellement les prairies. </span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">L’élevage hérite d&#8217;une longue tradition, un pacte entre l’homme et les animaux qui servaient aussi à la traction et à la fertilisation. Le pacte rompu peut être renoué différemment si des efforts sont faits par exemple sur la méthanisation des déjections et des déchets – domaine où nous accusons un retard considérable. </span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong><img class="alignleft" title="lefoll" src="http://dtwin.org//WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leFoll.png" alt="" width="177" height="183" />La situation de l’élevage est critique</strong></span><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;"> et profondément significative à plus d’un niveau. Critique d’abord parce que</span><span style="text-decoration: underline;"> de plus en plus de jeunes agriculteurs se suicident en France</span><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;"> parce qu’ils n’arrivent plus à s’en sortir financièrement, parce que l’élevage, surtout, nécessite beaucoup de travail très peu rémunérateur, parce qu’il est de moins en moins rentable et qu’il réclame des investissements très lourds pour constituer le cheptel. Peut-être aussi pour moi qui ai fréquenté ces villages parce que des fermes de plus en plus étendues, de plus en plus isolées, c&#8217;est tout simplement la solitude et l&#8217;absence des femmes ?</span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 1(px;">Dans ce contexte, <strong>l’Europe</strong> jusqu’ici se contente d’accumuler de nouvelles contraintes, de nouvelles normes – parfois contradictoires &#8211; dans un grand désordre fiscal pour tenter de sauver le modèle qui a prévalu dans les 30 ou 40 dernières années – alors qu’il conviendrait d’engager le passage vers un nouveau modèle profondément différent, à la fois productif et performant écologiquement. </span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">Cette ambition est à notre portée avec des idées comme le recours au lin et aux oméga 3 pour l’élevage (moitié moins d’émission de méthane). Mais au final c’est encore une fois une question de choix et de volonté. Nous pouvons, bien entendu, fermer vertueusement nos élevages … et importer des porcs allemands élevés dans des conditions que nous refuserions chez nous. Le rejet de l’élevage, la diminution de notre production – sont le symptôme de notre hésitation à nous engager dans une nouvelle voie et finalement c’est renoncer à nous battre, parce que c’est trop compliqué et que nos convictions intimes face à notre relation avec le monde animal sont incapables de se renouveler et recherchant un nouveau pacte avec cet univers qui a fondé notre civilisation.</span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">Bien sûr il y a la question des moyens. Compter, comme le fait Stéphane Le Foll, sur le crédit impôt recherche pour permettre aux producteurs d&#8217;augmenter leurs prix sans que la grande distribution répercute ces hausses est un mécanisme dont l&#8217;efficacité restera à démontrer&#8230; En réalité, là encore, ne vaudrait-il pas mieux présenter comme inévitable (malgré la baisse de la TVA) une augmentation modérée du coût d&#8217;une alimentation saine ?</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Vu autrement</span></strong></span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Mettons ces éléments en perspectives, si vous le voulez bien, en deux temps.</span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">D&#8217;abord, je repense au roman « Le nègre du Narcisse ».  </span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">Joseph Conrad a écrit ce roman en 1897 et il espérait faire une œuvre populaire. Hélas pour lui et heureusement pour nous, il ne fut jamais lui-même tout à fait conscient de ne pas écrire que des romans de mer. A l’instar de Jack London &#8211; autre écrivain navigateur &#8211; il était à la charnière de deux époques, dans l’incertitude de cette fin de XIXe siècle avec la fin prochaine des grands voiliers, ces trois mats magnifiques que des remorqueurs couverts de suie accompagnaient à grands coups de fumée noire à la sortie des ports. Sur le Narcisse il y a deux marins. L’un est noir et d’une certaine manière son âme est noire aussi et dérisoire alors qu’il agonise tout au long de la traversée. L’autre est son meilleur ami, Donkin, un mauvais marin paresseux, manipulateur et acrimonieux dont la mauvaise foi corrompt l’équipage, le fourvoie dans des révoltes infondées et sans aucune grandeur. Pourtant, à bien écouter, des accents « syndicaux » sont présents dans les reproches qu’il déverse sur le capitaine et ses seconds. </span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">Notre révolte, notre indignation – ne doivent pas faire de nous des Donkin mais plutôt des Etienne Lantier du Germinal de Zola. Nous pouvons sans nous renier écouter un ministre avant d’affirmer que rien de change et ne changera jamais &#8211; car de toute façon tout va changer, en mieux ou en pire – et notre tâche à chacun est d&#8217;éviter le pire.</span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Plus près de nous, autre repère essentiel, le film de </span>Coline Serreau</strong></span><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> « </span><span style="font-size: 13px; line-height: 19px; text-decoration: underline;"><em>Solutions Locales pour un désordre Global</em></span><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> ».</span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;"><img class="alignleft" title="serreau" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/serreau.png" alt="" width="151" height="150" />Coline Serreau nous invite aussi à nous remettre en question – c’est toujours utile quand les repères s’affolent et que la tentation survient d’en finir au plus vite avec selon les goûts de chacun « tous pourris », « on n’y peut rien » et divers autres « c’est trop tard de toute façon » ou le fameux TINA de Thatcher.</span></p>
<p>Vous pouvez vous rendre sur ces liens Youtube qui renvoient à ce film sous forme de série de 7 épisodes très courts :</p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"> </span><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" title="serreau1" href="http://www.youtube.com/watch?v=CI7nMaLnUa4" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=CI7nMaLnUa4</a></li>
<li><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" title="serreau2" href="http://www.youtube.com/watch?v=pNcDnFJ59I4" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=pNcDnFJ59I4</a></li>
<li><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" title="serreau3" href="http://www.youtube.com/watch?v=aGjcIYzc2gg" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=aGjcIYzc2gg</a></li>
<li><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" title="serreau4" href="http://www.youtube.com/watch?v=W-6DpHOBAso" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=W-6DpHOBAso</a></li>
<li><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" title="serreau5" href="http://www.youtube.com/watch?v=iRBJLRWZBJ0" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=iRBJLRWZBJ0</a></li>
<li><a style="font-size: 13px; line-height: 19px;" title="serreau6" href="http://www.youtube.com/watch?v=wfeqVEWzIkA" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=wfeqVEWzIkA</a></li>
<li><a title="serreau7" href="http://www.youtube.com/watch?v=7JPQzzq4DaM" target="_blank">http://www.youtube.com/watch?v=7JPQzzq4DaM</a></li>
</ul>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Impressionnant, non ?</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><strong>Fondamentaux</strong></span></span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Un problème fondamental se pose à nous : la place centrale de l’agriculture dans notre société </span>industrielle<span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">. D’un côté nous sommes de plus en plus nombreux à habiter les villes et nous ignorons la réalité de la vie dans les fermes et les élevages, et une idée très simple n’arrive même pas à émerger :<span style="color: #ff0000;"><strong> la terre n’est plus la terre</strong></span>. </span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">Les champs soumis depuis 30 ans à l’agriculture intensive sont devenus des univers artificiels,<strong> paradoxalement hors sol</strong>. La terre n’est plus capable de rien produire par elle-même, sans engrais et sans pesticides. J’ai été frappé par un argument d’une grande clarté qui place sous une lumière crue les bouleversements issus des deux derniers grands conflits mondiaux. La première guerre mondiale est présentée comme une machine à exterminer la paysannerie. L’invention du char d’assaut précède de peu celle des tracteurs et l’utilisation des gaz de combat se prolonge avec des produits à peine différents par celle des pesticides. Pour finir, la synthèse de l’azote a permis la production en masse d’explosif pour les obus et les bombes avant que les usines se reconvertissent vers la production d’engrais. Parfois les choses sont tellement évidentes qu’on oublie de les regarder – mais évidemment aussi, les champs et les prairies sont bien loin des orgueilleux centres de nos villes. </span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le tiers monde a beaucoup à nous apprendre.</strong></span> Nous évoquions les suicides dans nos campagnes : bien peu de chose comparé à ce qui se passe en Inde – et notamment depuis l’introduction des OGMs. </span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;">C’est tout ce cycle qui doit être interrogé : les terres dévastées, épuisées, ne peuvent survivre que par l’apport d’intrants produits par des multinationales et en suivant des process entièrement dépendants des grands semenciers. Après, les terres sont malades et il faut leur apporter les produits phytosanitaires des grands groupes &#8211; et enfin c’est nous qui tombons malades et qui nous nous retrouvons dans les cliniques rachetées par les groupes financiers à consommer les médicaments développés par les laboratoires privés. Cà marche … si on veut. Reconnaissons qu’il y a mieux à faire ?  </span></p>
<p><span style="font-size: 12px; line-height: 15px;"><strong>Pourquoi pousser autant de gens vers les villes</strong> où Il est de plus en plus en plus difficile de trouver du travail tant la productivité est développée alors que le maintien des petites exploitations donne à chacun de ces exploitants un bien inestimable : la fierté et la liberté ? C&#8217;est en rester à la vision &#8211; en son temps prophétique mais que nous devons dépasser &#8211; d&#8217;un Raymond Aron et de la croissance urbaine sans limite.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;"><span id="more-5046"></span><strong>Confiance ?</strong></span></span></p>
<p><span style="font-size: 13px; line-height: 19px;">Même si c’est incomplet, même si nous avons des doutes, il me semble, en toute naïveté, que les propos de Stéphane Le Foll sont porteurs d’un peu d’espoir pour sortir d’un système qui va de toute façon à sa perte – un autre volet de cet effondrement que nous ne cessons de dénoncer. Qu’il nous soit accordé au moins ce constat que nous proposons aussi de nous pencher à chaque fois sur des solutions et des perspectives au lieu de nous lamenter sur cet avenir qui n’est désespérant que par notre incapacité à changer, peut-être, mais aussi notre incapacité à faire confiance à qui que soit pour le changer.</span></p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" title="livre" src="http://dtwin.org/WordDD/wp-content/uploads/an2013/images/leLivre.png" alt="" width="306" height="86" /></p>
<p style="text-align: center;"><a title="Les faux-pas du progrès : le livre électronique" href="http://dtwin.org/WordDD/2013/01/23/les-faux-pas-du-progres-le-livre-electronique/" target="_blank">Détail</a> ou <span style="color: #0000ff;"><em><strong><a title="amazon" href="http://www.amazon.fr/Les-faux-pas-du-progr%C3%A8s-ebook/dp/B00B3F5XXU/" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">Acheter</span></a></strong></em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">
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