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Olivier de Schutter : Le droit à l’alimentation.
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 15/05/2014 – 10:01

Je crois légitime de souligner la qualité de l’interview qui va suivre.

L’expérience d’un haut  fonctionnaire international s’exprime ici avec une fluidité, un calme et une conviction rares. Le discours élégant et posé n’en recèle pas moins une vision très critique de l’agriculture au XXe siècle. Mais ce qui est le plus extraordinaire, c’est la force d’espérance qui en émane néanmoins.

Cet espoir ne se fonde pas sur des convulsions révolutionnaires ou sur des hommes exceptionnels : il repose sur l’attention portée aux peuples les plus démunis, ces paysans du Sud qui sont en train de nous ré apprendre que l’agriculture est bien plus qu’un moyen de nous nourrir.

L’agriculture est un rapport à la planète, une vision de l’homme et de la société, patiemment élaborée par ces centaines de générations qui se sont accordés aux limites du monde et à ses difficultés, mais qui ont aussi surmonté l’individualisme vers quoi les poussait leur isolement et leur dur labeur. Ils nous donnent aujourd’hui une leçon de vie pour une meilleure façon d’être au monde ensemble et durablement.

Alors on peut se prendre à rêver : comprenons cette sagesse, appliquons-la à nos propres vies pour repousser la puissance écrasante des machines et des systèmes sociaux, financiers, économiques. Ceci  pourrait bien nous indiquer la voie … d’une Croissance Autrement ?

 

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Olivier de Schutter, rapporteur Spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, était l’invité de Ruth Stégassy pour l’émission Terre-à-Terre du 3 mai 2014.

 Jusqu’à la fin 2008 on pensait pouvoir résoudre le problème de la malnutrition en renforçant la spécialisation et l’efficience des régions les plus compétitives. Les régions en déficit alimentaires verraient alors leurs besoins satisfaits par le commerce et l’aide alimentaire. C’était l’idée d’un partage international du travail, alors qu’il faudrait aujourd’hui ré apprendre aux pays en difficulté à se nourrir eux-mêmes par l’agriculture vivrière.

L’impact du productivisme

On a pris conscience de l’impact d’une agriculture massivement productiviste et peu diversifiée sur la santé des gens, avec des aliments standardisés offrant l’avantage d’une longue durée de vie sur les rayons des supermarchés mais qui ne sont pas les plus sains. Et pour finir 4 limites écologiques ont été franchies.

D’abord, les sols sont largement dégradés. Ensuite le cycle de l’azote et les réserves en phosphates s’épuisent. Puis la consommation d’eau douce est beaucoup trop importante. Enfin, le changement climatique impose une révision fondamentale de nos modes de production.

 « On » a compris qu’il existait d’autres solutions. Les réalités nouvelles ne sont plus perçues seulement par des minorités. Elles sont admises dans la communauté internationale – tout au moins au niveau des discours. Dans la réalité, les investissements – principalement privés – n’ont pas pris en compte ce changement de cap.

Il faut pourtant en finir avec  la révolution verte, l’agriculture productiviste industrielle. Il faut redonner une place aux petits paysans, aux méthodes tournées davantage vers la main d’œuvre humaine et moins vers la mécanisation, les intrants, la chimie et les technologies.  On le dit lors des conférences internationales. C’est aussi ce que dit la FAO (et la Confédération paysanne).

 C’est un nouveau discours autour de l’alimentation

Reste que les gouvernements ne disposent pas des leviers nécessaires alors que les investissements sont le fait du privé qui ne voit aucun intérêt sur le court terme pour changer. En effet, les petits paysans produisent moins de volumes d’une agriculture plus diversifiée, incompatible avec les standards et les attentes des consommateurs.

Et puis, la révolution verte, avec les semences améliorées, les pesticides, les engrais azotés, la « machinisation » – présente un autre avantage pour les gouvernements.  Ils peuvent offrir aux paysans des cadeaux qui leur permettent à la fois de récompenser les amis politiques vendeurs de ces intrants et d’acheter la loyauté politique de leur électorat.. En revanche, la formation écologique, la diffusion des bonnes pratiques qui ménagent la santé des sols ne sont pas aussi rentables électoralement et elles ne développent aucun nouveau marché pour le secteur privé – elles signifient même la disparition d’espoirs de vente d’intrants.

OMC

A l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)  on ne parle pas ainsi de l’agriculture. Et à Copenhague on a enterré le protocole de Kyoto. Mais Kyoto était un échec programmé : comment pourrait-on imposer des réductions de GES aux pays industrialisés et pas aux pays émergents ? Favoriser dans le même temps le commerce entre ces deux régions revient pour les pays riches à une solution simple : importer davantage à partir des pays moins développés vers lesquels nous externalisons les industries les plus polluantes.

Il y a un domaine qui demeure rétif à toute remise en cause de l’agro-industrie classique : c’est celui du commerce international. Celui-ci reste  focalisé sur l’idée productiviste du XXe siècle. La spécialisation de chaque région dans son cœur de performance entraîne une dépendance extrêmement périlleuse du fait des risques de rupture de cette chaîne de production. Malheureusement l’OMC ne se préoccupe que de l’augmentation du volume d’échange et des exportations. Ces critères ne sont pas ceux du développement rural et du recul de la pauvreté.

Cependant, de façon paradoxale, seuls 12% de la production mondiale traversent une frontière internationale, ce qui paraît peu. Mais ces 12% déterminent les politiques agricoles des pays du monde entier. Beaucoup de pays ont investi dans des cultures d’exportation et de rente (tabac, caoutchouc, arachide, café) pour augmenter l’accès à des devises. Ils se sont détournés du sorgho, du manioc, de la patate douce qui sont des cultures vivrières beaucoup plus importantes.

 Changer

Dans nos pays riches il n’est pas plus facile de sortir du modèle forgé dans les années 60, avec la PAC en 1961. L’objectif alors était de développer les exploitations, récompenser les économies d’échelle, éliminer les petits agriculteurs, réduire drastiquement la population agricole. Il sera encore plus difficile d’en sortir chez nous que dans les pays en développement qui ont encore, pour une part, des choix à faire. Mais le pic pétrolier et les menaces sur l’énergie fossile nous obligeront à sortir de modes de production fortement dépendant des engrais azotés et des machines, à l’origine d’une consommation considérable d’énergie qui ne peut plus durer.

A titre personnel je ne soutiendrai que prudemment cet arguent. Les industriels des énergies fossiles ne cessent de nous rassurer de la pérennité du pétrole et du gaz depuis leur exploitation non conventionnelle – pour ne pas parler du charbon. Vraie ou fausse, cette « abondance » ne tient pas compte de la principale menace qui est l’accumulation de CO2. Bien sûr, globalement, le résultat est identique : l’agriculture mécanise n’a pas d’avenir durable.

Nos habitudes de consommation

Nos habitudes de consommation ne vont pas non plus dans le bon sens, et elles ne sont pas extensibles à l’ensemble de la Planète. C’est là que les changements à effectuer sont les plus importants. Nos modes de vie nous ont poussés vers des nourritures rapides et faciles à préparer, avec une dépendance aux produits fortement transformés. Il sera extrêmement difficile de nous libérer du culte de la rapidité et de la facilité dans la préparation des aliments – à moins d’une véritable  « re-civilisation ».

 Quels leviers pour le changement ?

 Depuis maintenant 6 ans un mouvement de fond très important a eu lieu. De plus en plus de personnes ne veulent plus être simplement des consommateurs-électeurs et veulent agir en prenant des initiatives comme les potagers urbains, les AMAPs, et une multitude d’initiatives à une très petite échelle.

C’est de là que peut venir la véritable transition. C’est un mouvement mondial, avec des spécificités comme aux USA les Conseils de politique alimentaire. Dans les pays du Sud c’est au niveau municipal qu’on s’efforce de rebâtir les systèmes alimentaires locaux, reconnecter les petits producteurs locaux avec les cantines scolaires ou les marchés citadins. C’est le soutien de l’état qui a fait défaut par rapport à concurrence des grands groupes et c’est  ce qu’on réinvente à partir du bas.

Les grands acteurs de l’agroalimentaire ne peuvent ignorer cette tendance de fond – les attentes des consommateurs ont changé. La grande diversité à des prix aussi bas que possible fait une place aujourd’hui à la soutenabilité environnementale, l’équité sociale, la proximité des producteurs. Le problème c’est que les groupes de la grande distribution n’ont pas de pertinence sur ces critères – et ces chaînes de distribution leur échappent en grande partie.

Coexistence ?

Pourtant on peut penser que les deux systèmes doivent et peuvent coexister – mais d’autres considèrent que la révolution alimentaire ne va pas s’arrêter là et que le système alimentaire dominant va devoir céder la place. Les arguments de ces derniers ne manquent pas – lois sur les semences, les productions vivrières, récupération commerciale des nouvelles formes d’organisation sociale,  OGMs : difficile d’espérer une cohabitation….

Dans ce combat – réel – la responsabilité des gouvernements est de favoriser  l’émergence des initiatives locales et aménager un espace pour cette inventivité des citoyens. C’est ce que fait le Brésil en créant non pas un mais deux ministères : d’un côté l’agrobusiness et de l’autre côté l’agriculture familiale. Même si Ruth Stégassy reste très sceptique, Olivier de Schutter continue de croire qu’il n’y a pas de solution sans cette coexistence.

Quelles troupes ?

Reste une objection. Au Brésil on peut envisager une solution parce qu’il reste des agriculteurs. Mais en France et aux Etats Unis, au delà d’une petite agriculture urbaine et périurbaine, les agriculteurs sont âgés, très peu nombreux, et le renouvellement est extrêmement difficile. Il faudrait rendre le travail d’agriculteur plus désirable, favoriser l’accès à la terre pour les jeunes – et la spéculation foncière est un obstacle majeur. Il faut aussi que ce travail soit valorisant, payé à sa juste valeur, dépende moins de subsides que de la production. C’est un réel défi.

L’accaparement des terres

La difficulté est encore pire quand on considère l’accaparement des terres , les spoliations de superficies énormes. Mais il ne convient pas de désespérer. A l’exception des négociateurs des accords multilatéraux, la communauté scientifique et les gouvernements dans les conférences internationales ont pris conscience d’un nécessaire changement de cap.

C’est vrai qu’il y a une course pour l’accaparement des ressources et une spéculation foncière mondiale, mais on a réalisé que la terre était une ressource rare. La demande va augmenter avec l’extension des villes et des infrastructures, mais aussi avec des pâturages qui occupent de plus en plus de place . Dans les pays du Sud, des millions d’hectares sont transférés à des investisseurs qui prétendent développer des terres mais privent d’accès les collectivités locales. Dans les pays du Nord, le problème est l’augmentation du prix de la terre : si l’on n’en hérite pas, il est extrêmement difficile de se lancer.

Les mauvais traités

On est bien obligés d’être d’accord avec Ruth Stégassy quand elle rappelle que l’hostilité face aux projets de l’OMC a été contournée par des accords bilatéraux, lesquels sont allés encore plus loin dans la privatisation et l’appropriation de la ressource par un petit nombre au détriment croissant de la majorité des paysans. Le bilatarélisme s’avère pire que le mutilatéralisme.

L’UE ne fait pas mieux en proposant aux pays d’Afrique Caraïbes Pacifique des accords pour mettre fin à leur protection en tant que pays en voie de développement. On cherche à renforcer la puissance commerciale européenne avec une accentuation de la division internationale du travail. La logique est toujours la même : importer les  matières premières des pays pauvres pour favoriser nos exportations tout en nous permettant de nous implanter dans les services et les commerces qui se développent peu à peu dans ces pays.

Les pays pauvres devraient au contraire être encouragés à diversifier leur économie, alors que ces accords visent à les confiner dans ce rôle de fournisseur de matière première et d’une agriculture d’exportation qui fait beaucoup de dégâts.

Ce type de rapport de forces s’applique aussi au traité en cours de négociation entre l’UE et les USA (voir notre article sur TAFTA).  Ces accords menacent les lois sanitaires qui correspondent au principe de précaution. Ces négociations se déroulent dans le plus grand secret y compris pour les parlementaires européens. Il est inouï que ces accords qui vont impacter la vie de millions d’européens s’effectuent entre des gouvernements conseillés par des multinationales, sans aucun droit de regard de l’opinion publique.

Toutes les technologies et les infrastructures agroalimentaires ont été développées pour les grandes firmes de ce secteur et par elles. On n’a en rien développé les mêmes moyens pour une agriculture paysanne.  Ces verrouillages s’appuient sur les économies d’échelle que peuvent réaliser les grandes firmes, lesquelles  jouent un rôle sociopolitique par un droit de veto sur les mutations de système. Mais il y a aussi des obstacles culturels liés à modes alimentaires formatés par une offre de produits fortement transformés.

Le droit universel à l’alimentation

Il n’y a qu’un moyen simple d’en sortir : il faut partir du droit à l’alimentation avec la démocratisation de la prise de décision. Cela commence par des parents qui demandent à la cantine scolaire de s’approvisionner bio à partir de producteurs locaux. Même chose dans les cantines d’entreprises. A l’échelle des quartiers, les habitants peuvent se grouper pour recevoir les paniers des producteurs locaux. A partir de là on peut imaginer une transformation.

On n’est plus dans la caritatif

Le droit à l’alimentation fait partie des Droits de l’homme et figure dans la déclaration universelle. C’est ce qui a permis de pousser les gouvernements de la politique agricole vers des politiques alimentaires qui intègrent l’agriculture, les questions de santé et de nutrition, l’environnement, la santé des sols, le développement rural, le développement social et lutte cotre la pauvreté.

Les pays qui ont intégré ce choix se sont donné un plan d’action avec des échéances et des objectifs très précis.  Le droit à l’alimentation impose des obligations de respect de ces obligations et un suivi des indicateurs correspondants. Il y a des exemples de ce type en Amérique latine, quelques exemples en Afrique. Au Brésil, depuis 2003, le programme «  Faim zéro », qui s’est révélé extrêmement efficace en termes de réduction de la mortalité infantile et de malnutrition, repose sur une participation citoyenne, une forte démocratie participative, des plans d’action adoptés tous les 5 ans avec un conseil consultatif fédéral composé pour deux tiers de membres de la société civile et pour un tiers de membres du gouvernement.

Cette organisation va bien au delà de l’agriculture.  Droit à l’alimentation et démocratisation des décisions se sont révélés parfaitement efficaces et c’est un exemple très significatif. Mais la difficulté vient de ce que tous les pays deviennent interdépendants et les pays pauvres ont de moins en moins la possibilité de s’extraire de l’économie mondialisée avec une segmentation des problèmes et des sujets majeurs. Face à cette disparité, les réformes de la gouvernance mondiale pour l’alimentation ont un rôle très important à jouer.

Une responsabilité à partager

Encore une fois il est à regretter que le commerce international continue à s’opposer à cette dynamique. Si l’on veut que les pays du Sud réinvestissent dans leur agriculture vivrière et lui redonnent des chances, qu’ils rendent l’agriculture désirable pour les jeunes générations, il faut que nous arrêtions de focaliser nos propres politiques agricoles sur l’exportation vers ces pays.

Cette mutation ne se fera pas sans difficulté au sein même des pays pauvres assujettis à l’importation de nos denrées – dont le coût est rendu artificiellement bas du fait de subventions payées par nos contribuables. Cette politique dispense les pays pauvres de réinvestir dans l’agriculture locale mais malheureusement c’est une impasse qui les jette dans un piège dès que les prix internationaux remontent comme en 2008 et 2010. Ces pays doivent effectuer cette transformation et nous devrions les accompagner sur le 5 à 10 années qui viennent en re localisant progressivement nos propres politiques agroalimentaires, et en évitant de tout miser sur l’agriculture d’exportation.

En même temps, une gouvernance mondiale doit réparer les effets d’une orientation qui n’a pas été conçue pour favoriser le développement rural dans les pays du Sud. Elle doit discipliner les états, les rendre attentifs aux effets extérieurs des politiques qu’ils conduisent chez eux. Jusqu’ici, la politique mondiale sur-valorisait le commerce international. Il faut rééquilibrer, dynamiser les marchés locaux et régionaux pour donner aux petits producteurs des débouchés et pour encourager une production qui satisfasse les besoins d’une communauté locale.

La voix des paysans pauvres

Un gros problème subsiste en dépit de la prise de conscience des gouvernants. Dans beaucoup de pays du Sud, les paysans sont dans l’incapacité de faire entendre leur voix dans les processus de décision politique. Les gouvernants favorisent les populations urbaines, la classe moyenne urbanisée émergente. Et cela s’accompagne d’une forme de mépris pour le monde paysan.

Néanmoins, le changement est en marche au sein de chaque pays et au plan transnational. Au Mali ou au Sénégal, les organisations paysannes sont devenues des interlocuteurs auprès des gouvernements. On va donc dans le bon sens mais c’est très lent et le monde agricole lui-même est très divisé ;  en France par exemple les thèses de la Confédération Paysanne ne sont pas celles de la FNSEA et on peut pointer bien évidemment des contradictions.

Il reste que nous pouvons apprendre de l’expérience de certains pays du Sud l’importance d’une meilleure organisation des paysans. Par nature, les paysans sont des personnes individualistes parce qu’elles sont dispersées sur des espaces parfois très grands et qu’elles ont par conséquent du mal à se mobiliser ensemble. Les paysans ont aussi beaucoup de travail, peu de temps pour l’investissement dans la politique ou le syndicalisme. Il est pourtant tout à fait vital qu’ils deviennent des interlocuteurs respectés du monde politique – non pour former un lobby de plus ou pour être encore plus influents comme le sont déjà quelques grandes centrales agricoles, mais pour que la diversité du monde agricole puisse être entendue dans la sphère des décisions politiques et pour que la petite agriculture familiale puisse faire passer le message qu’elle a des services à rendre. Ces services qu’elle rend en termes de biodiversité, de préservation des ecosystèmes,  de développement rural, ne sont pas aujourd’hui récompensés comme il le faudrait. Ce qui est nouveau c’est qu’on reconnaît le caractère vital de ces contributions.

Une bataille a été gagnée

Pour Olivier de Schutter la bataille des idées a été gagnée. On est au milieu du gué. Reste à savoir comment le traduire sur le terrain.

Pour nous, amis de LCA,  se pose encore une fois cette évidence : le monde actuel est divisé en deux blocs fondamentalement opposés. D’un côté le monde réel, celui des paysans mais aussi celui des ingénieurs, des industriels, des travailleurs de toutes sortes – et de l’autre celui de la finance. C’est ce dernier qui prétend diriger le monde, avec ses algorithmes, ses optimisations, ses objectifs d’accumulation du capital. Et il y réussit parfaitement : l’accumulation et la concentration du capital ont retrouvé le même taux phénoménal qu’à la veille de la première guerre mondiale.

Comme le montre Thomas Picketty, l’écart entre le taux de profit du capital et le taux de croissance (écart particulièrement élevé en ces temps de croissance quasi nulle) ne fait que renforcer cette tendance. Cette prééminence se fait à l’encontre de tous les autre paramètres d’un développement harmonieux : sort de plus pauvres, chômage, état de la Planète. Je ne puis, peu à peu, que me ranger à l’opinion de notre ami du Triptyque économique, lequel, comme Ruth Stégassy (et bien d’autres), doute très fortement d’une « coexistence pacifique » entre une finance dérégulée et un modèle sociétal juste et durable.

A noter pour finir que les déclarations d’Olivier de Schutter suscitent  un certain intérêt dans la grande presse – le Monde, l’Humanité, Le Point, Libération. Mais pas au gouvernement. Qu’en pense notre Ministre de l’agroalimentaire et de la forêt ?

Il ne serait peut-être pas superflu de nous enquérir auprès du Ministère (lien). Mais vu la perfection communicatrice de ce site – ou l’intensité du trafic twitter de son prédécesseur Stéphane Le Foll … je ne me sens pas taille… mais j’essaie de ce pas. Et vous ?

Qu’en pensez-vous ? J’attends votre avis.

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    LE  livre  LCA  …(lien)

 

 

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