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Guetteurs
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 12/02/2014 – 18:10

Pour une fois j’écouterai le sage conseil de César à Marius : « Laisse un peu mesurer les autres ».

L’agriculture, le souci de nourrir les hommes, sont des dimensions fondamentales d’un avenir qui ne serait pas seulement « soutenable » ou « durable » – mais simplement humain (parce que, bien sûr, « humaniste » c’est démodé).

Dommage(s)

Pesticides, agrochimie, agro business – comment en sommes-nous arrivés là alors même que la plupart des agriculteurs s’approvisionnent et sont conseillé par leurs coopératives ? C’est que, ne soyons pas naïfs, ces « coopératives » sont sous le contrôle des multinationales de l’agroalimentaire. Elles diffusent non seulement des produits « intrants » mais aussi de véritables « process » qui spécifient de plus en plus précisément les méthodes de culture. Ces mêmes coopératives achètent en aval les récoltes et les produits de la ferme. Cependant, l’évolution des marchés eux-mêmes est en train de ronger cette branche « aval » : les gros agriculteurs commencent à vendre sur un marché mondialisé, connecté à la bourse de Chicago et aux cours internationaux.

De plus en plus, les agriculteurs ont pris conscience des méfaits des intrants non seulement sur la nature mais aussi sur leur propre santé. Partant de là ils sont conscients aussi que les consommateurs sont exposés aux résidus de ces produits.

Les maladies professionnelles (reconnues ou pas)sont de plus en plus en plus graves et – heureusement – un peu mieux reconnues grâce à des actions collectives auxquelles les groupes industriels s’opposent de toutes leurs forces.

La solution d’une agriculture biologique ou tout au moins fortement raisonnée devrait s’imposer mais il faut être conscients de la situation de ces agriculteurs lourdement endettés par l’acquisition d’équipements spécifiques. Ces techniques se sont développées sans véritable contrôle à partir des années 70.  C’est pourquoi, de l’avis même des agriculteurs, l’avenir ne pourra s’améliorer qu’au travers de la formation, de l’éducation des jeunes qui vont prendre leur suite. Savoir si ces souhaits sont pris en compte dans les lycées et collèges agricoles est une autre histoire.

Pot de terre

Reste que ce combat des agriculteurs pour que leurs maladies soient reconnues en tant que liées à l’utilisation de produits phytosanitaires se heurte à la puissance juridique et stratégique du pot de fer des grands groupes. Qui s’en étonnerait ? Mais il reste aussi que ce combat – de plus en plus reconnu et respecté – déborde du cadre agricole et rejoint celui des ouvriers de l’industrie, notamment pour l’amiante aujourd’hui – qu’en sera-t-il de l’aluminium demain ?

Pour nous faire une idée de cette situation, Ruth Stégassy nous apporte avec son émission Terre-à-terre du samedi 8 février le témoignage de  Paul François et Dominique Marchal, de l’association Phyto-victimes, qui a pour objectif de venir en aide aux professionnels victimes des produits phytosanitaires.

Vous pouvez écouter cette émission sur ce lien.

Mais que pouvons-nous faire ?

Et bien nous, simples consommateurs, pouvons user de notre choix en préférant dans toute la mesure du possible des produits sains. Bien sûr, les AMAP, mais pas seulement. Une solution « provinciale » consista aussi à fréquenter les marchés de plein vent. En cette saison, ce n’est pas toujours confortable, mais c’est revigorant. Et bien sûr encore les produits présentés sur les étals n’offrent que bien peu de garanties. Mais une visite régulière vous apprend vite à repérer les producteurs locaux et dans ce cas le dialogue est toujours possible, souvent chaleureux et toujours enrichissant.

Mais il existe aussi d’autres moyens. D’abord le choix. Mais que choisir ? Là encre, « laissons mesurer les autres » : Greenpeace lance sa campagne sur les « GUETTEURS » avec une liste des marques en fonction des réponses qu’elles ont apporté aux enquêtes sur les OGMs notamment. Ensuite, un lien vous permet d’interpeller directement ces marques. Je sous soumets ce lien.

http://greenpeace.fr/guetteur/

A vous de voir. Tâchons de faire mentir le Grand Charles qui voyait en nous des veaux (aux hormones ?).

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    LE  livre  LCA  …(lien)

 

Classement  

3 Reponses »

  1. Cette description de l’agriculture chimique est bien plus qu’un « Faux-pas du Progrès ». Ce qu’on nous présente comme le progrès est-il toujours un progrès?

  2. Il est fondamental de faire ressortir le lien entre l’agrochimie et l’industrie, notamment pétrochimique, puisque c’est un lien direct et un pan entier du PIB mondial conditionné par les multinationales selon leur adaptation aux situations de vie des peuples et des territoires. Pour faire plus simple, les dites multinationales ont mis sur le marché ce qu’elles appellent « insecticides en temps de paix » et du char d’assaut au tracteur c’est le même principe du travail à la chaine des « Temps modernes », profitabilité de tous les temps, de paix ou de guerre, oblige.
    Le piège est que tout cela nous est vendu au nom de notre appétit pour le confort matériel pour lequel l’argument support de masse des gouvernants et des dirigeants de multinationales est celui de l’emploi.

  3. http://www.youtube.com/watch?v=MZzoUiFMuzg
    A voir pour comprendre
    Nicole

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