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Chevènement et l’Europe
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 15/01/2014 – 09:22

Vous allez me dire (je vous connais) : pas le moment ! C’est vrai qu’après le virage en épingle à cheveux de notre Président, nous devrions avoir un grain autrement amer à moudre. Mais d’abord il y a le timing. Blogueur ou pas, il faut s’organiser. On ne prépare pas (contrairement peut-être aux apparences) un billet en cinq minutes sur un bord de table. Mais non : l’essentiel c’est qu’il va désormais falloir réfléchir à la nouvelle situation (et pas la Nouvelle Donne) qui se dessine. C’est pourquoi, avant de nous pencher sur les vagues de cette tempête idéologique dans un calice d’amertume, nous jetons un regard un peu nostalgique sur un homme posé et droit depuis longtemps dans ses convictions qui dérangent tout le monde. Mais je vous le promets : nous irons dans l’arène voir quelle est notre nouvelle place, si modeste soit-elle. Bientôt…

Référence : article de Marianne du 1er décembre 2013 (Eric Conan)

Contrairement au commentaire de Marianne, je ne trouve pas que Jean-Pierre Chevènement fasse l’objet d’une exposition médiatique exceptionnelle. A ce niveau, voyez plutôt du côté de Dieudonné et de Closer.

Pourtant je crois utile de nous pencher sur cet article de Marianne. Article de parti pris, partial, sans doute. Mais attention : risque de fond.

Le livre de Jean-Pierre Chevènement 1914-2014, l’Europe sortie de l’histoire ? ne ressemble pas à celui d’un dinosaure, un hass been de la politique. Il retentit de l’écho de ce perpétuel poil à gratter de gauche qui nous déclare que « L’Europe d’aujourd’hui ne pourra rebondir que si elle comprend non seulement pourquoi celle d’avant 1914 s’est désintégrée, mais aussi comment, après une guerre de trente ans, elle a été placée sous tutelle, et peu à peu, depuis soixante ans, réduite à l’impuissance. »

Un recul et une hauteur de vue qui contrastent avec les ruses social-diverses en cour actuellement. Il est question d’un siècle européen pris entre  une première crise de la mondialisation – opposant Allemagne et Grande-Bretagne avant 1914 – et celle d’aujourd’hui, opposant Etats-Unis et Chine et larguant une Europe minée par une malfaçon communautaire qui a fait diverger France et Allemagne.

La mise en perspective – iconoclaste – de l’ambition allemande de domination du continent et de son pendant anglais, les conséquences du laxisme du traité de Versailles (et non plus ses excès) pourraient ranimer l’image d’un Chevènement isolationniste et souverainiste. Il n’en est rien quand il se déclare en faveur d’un couple franco allemand basé bien plus sur « l’homme d’état » Merkel » que sur le PS français. «Angela Merkel ne doit pas apparaître comme la troisième personnalité allemande à avoir détruit l’Europe en l’espace d’un siècle après Guillaume II et Hitler.».

Beaucoup des difficultés actuelles tiennent à une monnaie mal adaptée à la réalité européenne, qui a ruiné certains pays au profit momentané d’autres et au risque d’un laminage social et politique. Chevènement plaide-t-il  lui aussi (après certains proches d’Attac) pour une transformation de l’Euro en monnaie de réserve et d’échange et pour le retour des pays à leurs anciennes monnaies « internes » avec une série de dévaluations négociées? A vérifier…

Discutable … A condition de le lire !

Donc, peut-être, un livre à ne pas manquer. A vous de voir. A lire vos retours !

Classement  

2 Reponses »

  1. Ces éventuelles dévaluations « internes » ne se traduiraient -elles pas par une chute supplémentaire et vertigineuse du pouvoir d’achat ?

  2. Oui et non, cher Jean-Michel,
    Supposons un retour au franc avec une parité réduite par rapport à l’euro. Il y aurait érosion des dépôts en banque, certes. La dette externe, exprimée en euros, pèserait plus lourd mais ni la dette internes ni dettes des particuliers. Au contraire. Les produits internes et les services n’augmenteraient pas forcément. Les produits importés augmenteraient – dont l’énergie (raison de plus pour nous libérer de 60 milliard d’importation !).
    Mais nos produits exportés baisseraient et deviendraient compétitifs non pas de 2 ou 3% comme avec les mesures « Hollande » mais de 10 ou 20% – ce qui rétablirait une certaine vérité des coûts. C’est la position d’Attac, en partie.
    Evidemment, il n’est pas question de revenir aux dévaluations compétitives pré européennes, mais en tout cas les défenseurs de cette alternatives croient davantage à des réalignement négociés entre pays qu’à une monnaie unique qui devient à tort le seul symbole d’une Europe en échec sur le plan social et politique. Libérons-nous de c e fétichisme qui ne nous a pas protégés de la voracité des financiers et des spéculateurs – et des « entrepreneurs » qui ne songent qu’à revendre leur entreprise après 5 ans d’exercice avec des plus-values qui peuvent atteindre 1000% (j’en connais !).
    Et puis, Jean-Michel, nous ne pouvons pas à la fois prôner une forme de décroissance et prétendre qu’elle serait indolore. L’avenir sera de toute façon difficile – reste à savoir si ces efforts ont un sens. J’écrirai pourquoi je ne crois pas que les mesures actuelles en aient véritablement un pour nous, citoyens de base.
    Ceci dit, l’affaire se discute. Qu’en pensez-vous ?

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