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Pour une justice sociale réelle : 4 – les valeurs
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 28/11/2013 – 18:21

Valeurs … et si possible solutions


Nous avons vu au cours des 3 volets précédents comment à la fois le système actuel générait de l’injustice, comment il ne satisfaisait pas les besoins réels – mais développait de faux besoins – et comment l’impôt restait insuffisant pour rétablir une justice sociale. Sur ce dernier point nous avons ébauché des pistes qui – hasard de l’actualité – sont au moins évoquées par le gouvernement.
Dans ce nouveau volet, nous aborderons la question des valeurs : comment des réformes pourraient participer à produire un cadre structurant pour nos existences, que nous soyons  riches ou pauvres – et comment elles pourraient tendre vers un présent que nous pourrions transmettre sans rougir à nos descendants. Les déséquilibres actuels sont tellement démesurés qu’ils nous renforcent dans cette certitude : le pire n’est pas certain et l’avenir sera bien différent, bien meilleur que les impasses qu’on nous présente comme définitives.

Re visitons les chapitres de ces impasses et nous verrons que nulle part la situation n’est univoque et bloquée.

Bien sûr, nos lecteurs fidèles trouveront des redites. Il est bon pourtant, nécessaire, de remettre cent fois cet ouvrage sur notre modeste métier. C’est long mais il se trouve que nous avons le temps : les gouvernements sont  encore plus lents que nous !

L’éducation

Nous avons vu à quel point l’école a cessé d’être le lieu de rattrapage des handicaps pour devenir celui qui perpétue, voire accentue, les différentiels sociaux. L’épineuse question de l’école passe indéniablement par des questions de contenu, de programme et de pédagogie. Elle passe aussi par des moyens financiers, et d’abord dans le primaire.

Une inversion des tendances dangereuses des années récentes est en cours. On ne dira pas que c’est suffisant mais ce n’est pas une raison pour ne pas saluer cet effort. Il est indispensable de pourvoir d’effectifs d’encadrement suffisants les établissements les plus exposés aux difficultés. Si ce n’est pas fait, cet effort devra se reporter en aval du côté de la répression d’un côté, du chômage de l’autre.

 L’illétrisme

La suite  malheureusement logique de l’indécision sur l’école débouche sur un constat terrible : l’illettrisme.

Les conséquences de l’illettrisme dans nos pays développés sont redoutables. La société exige de plus en plus de compétences liées à l’information écrite et les places de travail qui ne demandent pas l’utilisation de l’écrit se font de plus en plus rares.

Les causes pouvant conduire à l’illettrisme sont complexes, multiples et souvent cumulées dans l’histoire d’un individu. Elles ont parfois été dénombrées comme suit :

  • Rapport qu’entretient la famille avec l’école : L’attitude des parents face à l’écrit participe à la valorisation ou à la dévalorisation du mode de communication mis en avant dans l’apprentissage scolaire.
  • Milieu socioéconomique d’origine de l’élève : L’’École n’est pas « producteur » d’illettrisme mais plutôt reproducteur de positions sociales. Un fils d’ouvrier a 9 fois moins de chances d’obtenir un bac scientifique qu’un fils de cadre.
  • Enseignement manquant de souplesse, mal adapté aux conditions d’apprentissage de chaque enfant.
  • Importance que prend l’image à travers les médias par rapport à l’écrit…
  • Traumatismes psychologiques ou drames familiaux, chômage

Ce constat dessine en creux les inflexions souhaitables pour l’enseignement.

J’ajouterai par expérience – et en accord avec plusieurs rapports – que la cohésion des équipes pédagogiques est primordiale – contrairement à ce qu’on nous dit par ailleurs. A cela s’ajouteront quelques recommandations simples :

  • Les établissements doivent rester à taille humaine
  • Ils devraient accueillir tous les élèves 10 heures par jour afin d’offrir à tous un véritable temps de travail et d’étude – et pas aux seuls fils des classes moyennes qui disposent d’une chambre à eux quand ils rentrent à la maison
  • Ne tolérer aucun laxisme dans la présence et dans la remise des devoirs

Les 36 meilleurs lycées (classement par le ministère) qui appliquent ces principes atteignent pour tous les élèves – privilégiés ou pas – des taux de réussite au bac supérieurs à 80%. Malheureusement, 28 d’entre eux sont des établissements privés ! (pas forcément confessionnels il est vrai).

L’enseignement supérieur

Les difficultés pour les études supérieures ne sont pas moindres. Le saut culturel vers des structures de travail plus individualisées, une exigence d’autonomie personnelle mais aussi les conditions financières sont des difficultés pour les élèves issus des classes laborieuses.

D’autre part, il ne faudrait pas que l’autonomie des universités aboutisse à des situations comme en Australie où il n’est pas rare de devoir débourser plus de 30 000 euros pour une année dans l’enseignement supérieur.

L’université ne doit pas devenir un business, même si effectivement elle coûte cher. Raison de plus pour en réserver l’usage à la formation de jeunes qui seront employés et ne plus l’utiliser comme parc d’amortissement du chômage avant finalement de voir des jeunes surdiplômés se rabattre sur des emplois subalternes (caissières dans la grande distribution).

Une dernière remarque devrait nous ouvrir les yeux : la recherche aussi bien privée que publique a significativement reculé en France. Aucune entreprise française ne se trouve plus parmi les 15 plus forts budgets R&D privés du monde. Alors que le budget de l’enseignement et de la recherche en Allemagne se rapproches des 2.9% fixé par les objectifs de Lisbonne, la France a perdu 2 places au classement mondial des pays innovateurs – elle se retrouve à 24e place – ce qui n’est quand même pas catastrophique il est vrai, mais inquiétant. Cependant, paradoxalement (mais aussi du fait d’un acquis considérable et d’un enseignement malgré tout de qualité) d’autres auteurs placent la France dans les 3 premiers pays les plus innovants (cf.  La France contre-attaque de Karine Berger et Valérie Rabault  – Odile Jacob 2013).

L’emploi

Il serait hasardeux de penser que nos dirigeants ne se sont pas efforcés, chacun dans son style, de réduire le chômage. Mais au bout du compte celui-ci progresse inexorablement. Il dépasse les 10% de la population active selon des méthodes statistiques qui laissent dans l’ombre tous ceux qui ont renoncé à s’inscrire à Pôle Emploi ou n’ont même pas essayé de rechercher quelqu’emploi que ce soit. Inutile d’insister sur ce drame : si nous parlons de justice sociale, nous devons nous pencher en priorité sur cette question.

 Mais que pouvons-nous proposer ?

Après bien des hésitations, je finis par me rendre aux arguments de sociologues de la limite. Tim Jackson et Jeremy Rifkin, chacun de son côté et dans son style, développe une démonstration similaire, qu’un philosophe comme Bruno Latour reformule à son tour. On peut aussi lire Jean-Pierre Dupuy dans « Le futur de l’économie » et ce n’est pas très différent.

Le constat essentiel est celui des limites. Le beau livre de Geneviève Azam – « Le temps du monde fini » – expose très clairement cette situation, mais Rifkin et Jackson sont de leur côté des conseillers des chefs d’état et des gouvernements et on les soupçonnera moins facilement de militantisme.

 Le premier point est un double effet de levier. Même si c’est moins évident dans nos pays développés, la productivité du travail augmente régulièrement dans l’ensemble du monde – et plus particulièrement dans les pays émergents. Il est urgent de ne plus considérer la Chine notamment comme un immense atelier crasseux et misérable qui réalise des copies approximatives de nos produits industriels de base. Ce temps est révolu, même si les conditions sociales n’ont pas connu une amélioration aussi rapide que la technicité. Ce pays en particulier forme plus d’ingénieurs et de chercheurs que les USA – ce dont ces derniers s’inquiètent, d’ailleurs. Donc, pour revenir à notre sujet : une technicité et une production en constante augmentation vont de pair avec une forte croissance démographique.

 De plus, nous nous heurtons au mur des choses : nous ne pouvons indéfiniment puiser dans des ressources limitées – principalement ressources minières – afin de produire un nombre illimité d’objets. Plusieurs métaux, malgré des politiques de recyclage qui s’améliorent– sont en voie d’épuisement. L’horizon de l’épuisement du cuivre et de l’or par exemple ne se chiffre plus qu’en quelques décennies. Quant à l’aluminium, très abondant et largement utilisé, nous commençons seulement à nous apercevoir de sa toxicité – notamment pour notre système nerveux. Une récente émission sur Arte évoquait la menace d’un scandale de l’aluminium comparable au scandale de l’amiante – mais c’est peut-être une autre histoire ?

Donc, résumons-nous :

On produit de plus en plus d’objets– mais il va falloir ralentir – il faudra de moins en moins de main d’œuvre alors que la main d’œuvre disponible (démographie) ne cesse de croître.
Ces contraintes multiples se télescopent et le désarroi de nos élites n’est pas étonnant.

Seul un saut philosophique majeur nous permettra peut-être de résoudre ces contradictions autrement que par la violence et la guerre. C’est peut-être la démarche la plus urgente du moment. Les peuples attendent un Churchill qui leur indique la voie pour une sortie de cette crise qu’ils vivent comme un déclin auquel ils sont prêts à s’opposer par la première politique populiste venue.

Mais ce saut n’est pas formulé. Il se heurte à trois questions  majeures

  • La valeur du travail
  • L’exemplarité
  • La décroissance

Plus généralement, cette question renvoie aussi à un billet plus ancien de notre site :

Forum Philosophie à La Sorbonne du 26 janvier 2013.

La croissance rare

La croissance est effectivement devenue rare. Que les pays qui en ont été privés pendant longtemps en prennent une part significative – et même la plus grande – n’est que justice. Mais ce n’est pas une raison que les peuples qui ont payé le prix fort – humain et écologique – pour l’émergence de la modernité, soient punis d’avoir été plus novateurs et travailleurs avant les autres.

D’autre part, un principe de justice serait que soient récompensés non seulement ceux qui travaillent le plus, mais aussi ceux qui respectent le plus les hommes et la nature. La vielle arme rouillée du protectionnisme peut être porteuse d’un tétanos de domination et de guerre, mais en revanche, si elle s’articule avec des valeurs universelles, elle acquiert une légitimité qui rétablira ses capacités d’équilibre et de justice.

La valeur travail

Depuis Platon nous avons largement oublié que le travail devait avoir un but noble pour éventuellement mériter qu’on s’intéresse à sa valeur libératrice et surtout créative

Les pays développés vont rapidement représenter une minorité dans la démographie mondiale. Quel sera leur rôle ?

Il serait illusoire de continuer à nous considérer comme détenteurs exclusifs de capacités de production, de recherche et d’innovation. Il serait audacieux de prétendre que nous produirons (ou même concevrons) seuls les machines de demain. Aujourd’hui, une voiture ou un avion réunissent des éléments (et des savoir-faire) en provenance du monde entier. Et si nous nous battons via un certain protectionnisme nous devrons impérativement le justifier par nos valeurs humanistes : droits de l’homme, droits sociaux, conditions de travail.

Michel Rocard (mais aussi les auteurs que nous avons précédemment cités) en appelle à une réduction massive du temps de travail. En effet, il s’agira de répartir le travail. Comme nous avons expérimenté les problèmes posés par la réduction du temps hebdomadaire, nous pourrions écouter plus attentivement ceux qui proposent des congés sabbatiques réguliers – et l’extension des congés parentaux avec une parité hommes-femmes.

Parmi les opposants à cette solution, il est probable qu’on trouvera des syndicats s’ils ne parviennent pas à gérer le basculement massif des chômeurs vers l’emploi au prix d’une diminution des salaires des actifs (et des retraités) notamment dans les grandes entreprises. Seulement les syndicats en France sont déjà sous perfusion : ce n’est pas la base qui leur confère leur légitimité et leurs pouvoirs – c’est le gouvernement !  C’est donc encore une fois au gouvernement que revient cette difficile tâche d’explication et de conviction – exercice dans lequel il brille modérément en ce moment.

 L’exemplarité

Le seul rôle qui puisse légitimer une exception occidentale doit être l’exemplarité. Exemplarité démocratique, d’abord. Comment convertir les peuples (et surtout ceux qui se libèrent tant bien que mal des dictatures) à la démocratie si nous n’en démontrons que l’impuissance ?

Très précisément et pour revenir au cœur de la question initiale (qui consiste à nous demander à notre tour : « que faire ? ») , au lieu de seulement nous désoler de voir le verre à moitié vide, adoptons une démarche plus fréquente chez nos amis anglo-saxons : un pragmatisme opportuniste.

Même s’il n’est tombé qu’une goutte dans le verre, saluons-là si elle est faite d’un bon cru. Sachons reconnaître les démarches et les efforts de nos dirigeants même si très souvent ils nous déçoivent – et mettons-nous aussi à leur place – même si nous ne sommes pas du même bord politique.

 … Nous en sommes loin

Confrontés à la crise, les pays européens offrent le spectacle de l’égoïsme et de l’absence de solidarité. Ce repli empêche de résoudre des problèmes qui ne présenteraient aucune difficulté sérieuse – comme la Grèce et encore plus Chypre ! Mais comment pourrait-il en être autrement ? Il devient par exemple courant de considérer que l’homme est mauvais et mû uniquement par l’intérêt individuel. Qu’il est loin le temps où Marc-Aurèle défendait une toute autre vision ! Pour lui – et pour tous les stoïciens – l’homme était par nature relié à un grand Tout qui faisait sa vocation naturelle, son penchant et sa raison au service de ce grand Tout. Il était naturel pour chacun de tendre vers le bien commun de l’humanité. A lire ce qui s’écrivait il y a 1900 ans il semble que le progrès de l’humanité soit pour le moins en panne. Qui tient de nos jours ce discours de logique et de raison, de morale élémentaire ? Mais qui l’empêche ? Personne – pour l’instant

Déficit démocratique européen

Nous connaissons un déficit fondamental dans le fonctionnement démocratique. Nous nous plaignons des imperfections de notre gouvernement national et de nos administrations mais si nous recherchons des solutions de justice sociale, c’est de plus en plus du côté de Bruxelles et de Strasbourg qu’il faut porter notre regard.

Comment parler de justice sociale dans un ensemble politique qui tend vers un fédéralisme économique sans unification des lois sociales, sans un rapprochement des conditions sociales des divers pays qui composent l’Europe ?

Bien sûr, l’idéal serait d’amener l’ensemble des peuples vers le niveau des pays les plus développés et les plus avancés. Mais ce serait encore une fois oublier la réalité des limites. Plus profondément ce serait rester aveugles aux conditions qui ont permis à certains pays de dégager des positions dominantes. Tant que la compétition de tous contre tous, l’Europe ne sera un exemple pour personne et continuera même à s’auto dévorer.

Le problème et la chance avec cette question, c’est que les solutions ne pourront en aucun cas en rester à l’approche quantitative et matérialiste. Il est par conséquent urgent de redonner à tous les peuples le goût de vivre en lien, ensemble avec leurs voisins, dans la paix et les valeurs partagées. Cet idéal est tout aussi réalisable que celui qui a permis de passer des accords CECA à la Communauté Européenne – appellation dont nous avons oublié le sens majestueux et magnifique !

La décroissance

Il peut sembler scandaleux d’accepter l’idée de produire moins alors que les deux tiers de l’humanité n’aspire qu’à rattraper nos conditions matérielles d’existence.

Mais la vraie question est : comment annoncer que la « croissance » ne reviendra jamais ? Si une croissance mondiale a lieu, elle se portera vers les pays émergents – et bientôt vers l’Afrique – et non vers les pays développés. La seule solution possible à court terme est donc un vrai partage du travail, des connaissances et des richesses.

La décroissance est déjà présente dans nos pays – mais certainement pas au plan mondial. Faut-il (ou peut-on ?) généraliser cette décroissance ou au contraire retourner cette croissance vers nos pays occidentaux ?

La réponse en faveur de la décroissance est relativement facile pour nous qui sommes des citoyens éloignés des responsabilités nationales. Pour nos pays, cette décroissance est non seulement inévitable mais dans une certaine mesure souhaitable – limites écologiques, limites des ressources, partage international . Mais pour des dirigeants politiques ce choix – même si certains y pensent et d’autres (beaucoup plus rares) l’évoquent – entraîne des conséquences sociales très lourdes. Au moment où on ne cesse de promettre une amélioration du chômage et une sortie de crise grâce à la croissance, avouer que celle-ci ne reviendra pas équivaut à désespérer non plus Billancourt mais l’ensemble des citoyens actifs ou au chômage. A moins de simultanément dessiner un paysage totalement différent et provoquer pour le coup un choc positif, sans commune mesure avec ceux qu’on nous présente régulièrement comme des remèdes miracles.

 Sortir d’une organisation sociale basée sur le travail

L’ensemble de notre système social (et de notre fiscalité) est articulé autour du travail. Nous pouvons évidemment poursuivre le contrôle et la domination des masses en utilisant de façon classique le volant  « d’en trop » : une masse considérable de chômeurs, armée « jaune » de réserve pour modérer les salaires et les revendications de ceux qui ont un emploi, pour les inciter à être plus « flexibles » et performants, à travailler plus … et à gagner moins. Mais même une politique très coercitive ou dictatoriale ne pourra probablement pas résister au mécontentement de masses à un niveau jamais atteint dans nos populations.

 Partager le travail et les richesses sur d’autres bases

D’où l’idée du partage du travail. Il sera un jour opportun de nous demander si chaque citoyen n’a pas droit, de sa naissance au jour de sa mort, à un revenu inconditionnel, un minimum lui garantissant des conditions de vie modestes mais dignes.

On me dit aussitôt : mais dans ces conditions pourquoi travailler ? Jean-Pierre Dupuy nous rappelle utilement le paradoxe de la prédestination calviniste qui a si bien réussi à féconder le capitalisme naissant au XVIIIe siècle :

Si je suis choisi par Dieu et prédestiné à lui, je n’ai aucun besoin d’agir… Et si j’agis, est-ce pour honorer cette prédestination ou pour me prouver à moi-même que, Dieu m’ayant choisi, il me fera réussir ?

Le pari est souvent paradoxal et contradictoire. L’homme n’est pas une machine logique – et c’est pourquoi l’hyper libéralisme est voué à la catastrophe.

Plus prosaïquement, lequel d’entre nous s’arrêtera de travailler s’il sait que dans ce cas le gîte et le couvert lui sont accordés sans condition ? Lequel d’entre nous n’aurait pas le désir d’améliorer sa condition en ajoutant à ce revenu inconditionnel le surplus d’un salaire – très modéré donc plus facile à financer pour l’employeur ? D’ailleurs, l’exemple (si l’on peut parler d’exemplarité) ne vient-il pas de ces retraités qui reprennent une activité d’auto-entrepreneurs ?

Mais soyons honnêtes aussi : lequel d’entre nous envisage-t-il cette perspective sans hésiter, sans avoir l’impression d’un saut dans l’inconnu ? C’est ce qu’en dit Hanna Arendt, en tout cas : nous sommes tellement culturellement imprégnés d’une organisation autour du travail qu’il nous serait extrêmement difficile de revenir … à la vision de Platon. Car c’est un retournement de l’histoire où les esclaves sont simplement remplacés par des machines !

S’agit-il pour autant d’une société plus juste au sens où Philippe Van Parij pose la question ? A mon avis c’est une question ouverte et un tel projet n’est ni juste ni injuste – c’est simplement un territoire vierge possible sur lequel bâtir des règles morales.

 Essayons de conclure cet article.

Merci pour votre constance, votre fidélité. Nous n’avons que dégrossi ce rocher d’incompréhension, d’injustice et de paradoxes. Les diamants de l’espoir sont au bout de longues mines, au cœur de pierres rétives. Mais ils sont là. C’est encore une fois le message déjà ancien de Jean-Pierre Dupuy pour qui l’amorce des solutions se trouve toujours au sein du pire désordre, du pire désespoir. Comme disait mon vieil ami Algérien : « Il n’est si longue nuit que n’atteigne l’aurore » – proverbe arabe… Mais c’est une phrase de Shakespeare… Ces Arabes sont d’incorrigibles pillards ! Heureusement qu’on peut piller leur pétrole, en revanche !

 

    Et le livre  LCA  …(lien)

Classement  

Une Reponse »

  1. La question démographique, en particulier la croissance démographique exponentielle actuelle est très rarement posée. Un tabou?

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