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Pierre Emmanuel Neuroh : le parti de la résistance
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 04/03/2013 – 17:02

La fin des avions ?

 Saluons le combat singulier de Pierre Emmanuel Neurohr, fondateur du ‘ »Parti de la résistance » 

Encore une fois c’est à Ruth Stégassy que nous devons cette découverte – il faut dire que la couverture de cette initiative est pour le moins confidentielle. Qui parle de P.E. Neuroh ? En tout cas personne sur le Web ! Et pas beaucoup plus dans la presse.

Pourquoi écouter cette voix originale avec son Parti aux 15 membres ? D’abord pour nous rappeler à quelques évidences. Le site de Pierre Emmanuel Neurohr comporte peu d’articles mais nous pouvons au moins trouver quelques vérités utiles par exemple sur ce billet.

Pourtant, quelqu’un qui se révèle capable de payer de deux mois d’emprisonnement – quasi d’embastillement – ses convictions, mérite au moins qu’on l’écoute 20 petites minutes ici

L’interview diffusée le 2 mars 2013 su France culture nous permet une petite rencontre virtuelle – et pour ma part largement intergénérationnelle. Neurohr s’attaque essentiellement au changement climatique. Les réévaluations successives ne cessent de se renforcer vers l’aggravation. Extrêmes climatiques, sécheresses et inondations, disparition des espèces et de la biodiversité se traduiront aussi par des baisses de production agricole d’ici une quinzaine d’années. Les risque de famines qui s’ensuivent ont décidé Neurohr à fonder son parti politique.

Il est encore plus difficile de définir ce qu’il conviendrait de faire pour essayer de limiter le changement climatique. Les pays riches sont prêts à tout pour continuer à sur-consommer l’énergie. Or, il existe des limites à ne pas dépasser. Par exemple 1.5 tonne de CO2 par personne et par an. En France nous en sommes à 6 tonnes par personne et par an. Si on réfléchit en termes concrets, un seul voyage transatlantique en classe éco suffit pour dépasser cette limite – et les parcours courts sont encore plus inappropriés à l’avion. Si on était rationnels, il faudrait interdire l’avion. L’idée de la liberté de chacun à se déplacer en avion est incompatible avec la préservation du climat. Evidemment cet impact est relatif et dépend des pays.

Le choix de Neuroh rconsiste d’abord à agir clairement sur le plan politique sans passer par une association. Celles-ci, le système s’en accommode : elles ne parviennent pas à le remettre en cause. Ce que proposent les partis est très insuffisant face au monde réel. Le Parti de la Résistance agit concrètement autour d’objectifs clairs et simples. En 2012 : 5 sit-in devant un avion sur l’aéroport CDG. Résultat : 2 mois de prison.

Plusieurs remarques. D’abord les hommes politique qui acceptent d’aller en prison pour leurs idées sont rares. Le plus souvent la case prison fait suite à des détournements et malversations qui nous surprennent moins.

Ensuite, au fond, voilà une idée claire : les avions polluent, cessons de les utiliser. Stupide, évidemment. Comme il était stupide au début des années 70 de s’opposer au Concorde sous prétexte qu’il polluait. Hé bien au cours de ces années-là j’étais sérieusement embarrassé : je confesse la fierté et le plaisir que j’avais à travailler sur cette machine – et pourtant je comprenais en même temps les arguments des écologistes. Quels que soient les ressorts et les manœuvres pas toutes innocentes, le Concorde a constitué un échec commercial majeur, sa production s’est arrêtée et ce concept a fait jusqu’ici long feu. Mon côté fataliste (et certainement inculte ou naïf) me fait dire que c’était le sens de l’histoire…

Amis Toulousains, imaginez une minute que notre jeune militant soit, lui, dans le sens de l’histoire. Adieu veaux, vaches, cochons, poulets : nos immenses volatiles énergivores vont finir à la casserole – et nous aussi avec notre quasi mono industrie. Inimaginable!

Et pourtant, il y a tellement d’évidence dans le raisonnement de Neurohr … que ce n’est tout simplement pas exclu – et peut-être même est-ce plus ou moins inéluctable.

Plutôt que suivre l’avis selon lequel s’il n’y a pas de TGV il faudra un second aéroport, peut-être faudrait-il commencer à penser que – TGV ou pas – le développement ferroviaire est le seul possible pour Toulouse ?

On nous reproche assez la complexité, le flou de nos idées ? Hé bien allons-y, rejoignons le Parti de la Résistance, non ?

Ce que je pense pour ma part c’est que les partis politiques auront un rôle considérable à jouer lors de l’inévitable et imminent virage énergétique, écologique et sociétal. L’Allemagne n’a pas attendu de faire une révolution pour prendre des décisions dans ce domaine – décisions beaucoup moins relayées par les media que les prouesses en termes de dumping social. Nous qui faisons si peu, nous n’aurons pas l’énergie de mener de front une bataille révolutionnaire et une bataille technique et environnementale – et nous devrons le faire avec les moyens du bord : nos vieux partis, nos institutions ensommeillées et contre productives, et même nos représentants qui ne sont pas à l’abri des lobbies de l’énergie fossile, des gaz de schiste et du nucléaire.

Avez-vous mieux à proposer ? Adressez-vous à Pierre Emmanuel Neurohr – lui n’a pas attendu. Mais attention : la politique est un dur métier et pour ma part ce n’est pas le mien. Si vous êtes assez jeunes, çà pourrait bien devenir le vôtre un jour : pensez-y.

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