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Faut-il parler de Doha ?
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 04/12/2012 – 05:54

Faut-il parler de Doha ? Oui … et non.

Alors ce sera oui. Arte nous propose un petit tableau de la situation très clair :

Ce qu’il faut savoir sur la conférence de Doha 

Particularité de ce sommet

Pour une fois, tous les grands pollueurs sont présents.

Objectif de la communauté internationale

Contenir le réchauffement climatique à + 2°C. Un seuil qui, s’il est franchi, pourrait aggraver l’écosystème.

Défis

  • Relever le niveau des ambitions avec des engagements plus forts pour réduire les GES, les gaz à effet de serre.
  • Répartir de façon équitable les efforts entre pollueurs pour limiter le réchauffement, avec la participation de la Chine, premier pollueur mondial.

Les outils

Acte II du protocole de Kyoto avec la signature d’une deuxième période d’engagement. Kyoto expire fin 2012

Les illusions

Kyoto II sonne déjà comme un échec. Le Canada, la Russie et le Japon refusent de continuer à s’engager. Quant aux Etats-Unis ils n’ont jamais ratifié le protocole.

Les espoirs

Si de nombreux experts sont pessimistes, Greenpeace veut y croire. L’organisation écologiste compte notamment sur l’ouverture « de nouveaux marchés, de nouvelles technologies et de nouvelles entreprises en matière d’énergie renouvelable ».

Conclusions

Le 4 décembre, lorsque plus de 100 ministres auront rejoint ce 18e sommet afin d’entériner les décisions qui seront prises en vue d’un accord global prévu en 2015, pour une mise en vigueur en 2020.

 Marina Mekaoui / ARTE Journal

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« Les illusions », oui. La conférence vise un accord qui ne sera signé si tout va bien que par l’Europe, la Suisse, la Norvège et  l’Australie – 15% des émissions de CO2.

Pourtant justement, quelle différence ici en Australie, depuis ma dernière visite il y a 3 ans ! Le premier ministre (en fait la première ministre) a beau manquer visiblement d’envergure et se trouver empêtrée dans une mise en question sur des abus de privilèges et détournements divers et fumeux elle n’en est pas moins porteuse des idées des travaillistes sur ce sujet. Des idées et des actes puisqu’ils sont parvenus à imposer en novembre 2011 en dépit d’une opposition farouche une taxe carbone qui fait hurler de rage les libéraux locaux – hyper libéraux en réalité. Et mon voisin ici dresse à présent l’oreille quand je dis m’intéresser à ces questions.

La TV australienne ne manque pas de donner des nouvelles de Doha agrémentées de documentaires sur les conséquences dramatiques du dérèglement climatique – ouragans et sécheresses. C’est très nouveau dans ce pays champion du monde des émissions de CO2 par habitant – mais l’Australie est tellement vaste (et riche) et ses habitants si peu nombreux qu’on aurait tendance à leur pardonner leur voracité qui ne pèse guère dans le bilan mondial.

Mais non : c’est une question de principe quand on veut figurer parmi les pays qui ambitionnent de tenir un rang dans la communauté internationale. Enfin.. pas toujours. La position de la Chine et des USA semblent démontrer le contraire. Semblent. Il faudrait aller y voir. La Chine, ne l’oublions pas est aussi championne du développement des ENRS et aux USA le président Obama a évoqué plusieurs fois ces questions et semble vouloir infléchir son second mandat – mais le Congrès ne le suit pas forcément.

Oui mais…

Ici la première ministre Julia Gillard  n’a pas le temps d’assister à cette conférence, bien sûr. Pas plus que son ministre de l’environnement Greg Combet trop occupé par l’autre volet de son mandat – ce qui ravit l’opposition conservatrice. Décidément nous sommes tous dans des drôles de démocraties. Un jeune ami de LCA  m’a transmis ce Discours de Tommy Douglas en 1944 au Canada qui explique pourquoi les souris élisent des chats noirs pour mes gouverner. Ce document qui gratte un peu n’a rien perdu de son actualité. Attention toutefois de ne pas en tirer un relativisme populiste (« tous pourris) : Tommy Douglas croyait au socialisme et gouvernait avec cette conviction.

Tommy Douglas (né le 20 octobre 1904 à Falkirk (Écosse) et décédé le 24 février 1986 au Canada), est un ancien Premier ministre de la Saskatchewan  (province au centre du Canada) de 1944 à 1961. Il a dirigé le premier gouvernement socialiste en Amérique du Nord, et il était le premier chef fédéral du Nouveau Parti démocratique.

Alors oui, parlons-en, mais sans plus. Un échec à Doha ne signifie pas un désastre et un accord ne résout pas grand chose. L’important c’est qu’ici par exemple en Australie on voit quotidiennement s’exprimer les délégués de Doha sur la situation alarmante de la planète, la multiplication des signes de l’accélération de ce réchauffement auquel il y a peu on ne croyait pas du tout. L’opinion publique ne peut rester insensible si on lui présente ces réalités et Doha est une formidable chambre d’écho. Ce qui semble différent en Australie, c’est l’espèce de fraîcheur des gens, une sorte d’esprit pionnier qui au fond les rend peut-être plus sensibles quand les images leur parviennent. Non les orateurs de Doha ne parlent pas dans le vide – et la planète s’exprime aussi avec une redoutable véhémence pour nous convaincre de l’urgence de faire ce que nous ne faisons pas.

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