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Le rapport Gallois et après
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 10/11/2012 – 15:05

Formidable quasi unanimité autour de ce rapport – on voit même des signes d’approbation de ce que Messieurs Hollande et Ayrault en ont retenu (félicitations du MEDEF). La messe serait-elle dite ?

Certes ce rapport a au moins le mérite de mettre en lumière l’état de désertification industrielle en cours. Ce qui est extraordinaire c’est que l’opposition conservatrice qui a détenu le pouvoir sans interruption pendant 17 ans (mise à part la parenthèse Jospin) ne se sent en rien  responsable de cette Bérézina. Ce qui est aussi extraordinaire c’est qu’on se félicite de voir le PS non seulement reprendre mais renforcer les recettes qui ont mené à ce désastre.

N’épiloguons pas. Ne tirons pas sur l’ambulance. Côté positif :

  • un souci de la formation – mais strictement industrielle.
  • Recherche et innovation
  • Baisse de l’euro
  • Dialogue social
  • Commissariat à la prospective
  • Renforcer la BPI
  • Trois priorités techniques et industrielles : (1) les technologies génériques, (2) la santé et l’économie du vivant et (3) la transition énergétique.

Evidemment côté négatif : mener les recherches sur les techniques d’exploitation des gaz de schiste – là le gouvernement a dit « non »… Mais par exemple Gallois avait aussi envisagé l’abandon des 35 heures .. qui n’apparaît pas dans le rapport. Si le gaz de schistes est toujours là c’est donc un choix.

Si pour nous faire une idée nous passons par le site de Reporterre nous trouvons chez les Basques (vous savez : ces brutes arriérées assoiffées de sang) un superbe article qui résume parfaitement la situation – on ferait bien de tous les expulser, ces Basques, non ?

Vous voyez , pas besoin de se fatiguer, d’autres l’ont fait pour nous. Tout y est de ce que le PS semble ignorer:

  • Energie chère
  • Fin de la croissance infinie
  • Fin des transports bon marché – donc fin de l’hyper mondialisation
  • Fin du centralisme, relocalisation politique et économique
  • Autonomie et diversité territoriales
  • Ressources locales spécifiques
  • Energies nouvelles, isolation, sobriété énergétique
  • Fin des LGV
  • Notre Dame des Landes
  • Fin de l’automobile, transports collectifs de proximité, réaménagement territorial
  • Fin de l’espoir d’une reprise de la croissance liée à une énergie bon marché,
  • Mauvaise redistribution des richesses produites
  • Nécessaire reconversion sociale et écologique de notre économie.

Au final le PS se moque bien de l’écologie comme l’a montré le Congrès de Toulouse et il se demande pourquoi on ne l’aime pas. Il situe ses adversaires à droite – une droite divisée et totalement dépourvue de projets réalistes, arc boutée sur la rigueur budgétaire et l’anti socialisme.

Non, Messieurs qui gouvernez la France, vos ennemis les plus redoutables ne sont pas ceux que vous croyez. Vos pires « ennemis » sont vos amis, ceux qui ont participé à votre accession à ces fonctions. Vos institutions semblent pouvoir se passer des minorités ? Détrompez-vous. Les récents trébuchages au Sénat ont montré que quelques communistes (mais demain des écologistes) peuvent faire basculer une majorité. Plus difficile à la Chambre … tant que les arguments des « alter » de tous poils ne déstabilisent pas les rangs des godillots…

Mais rassurez-vous : ce n’est rien. Ce n’est rien que la sourde révolte de trop nombreux citoyens, souvent jeunes, porteurs de vrais projets, de vrais espoirs de briser les cercles infernaux. Ce n’est rien par rapport à ce qui va se passer lorsque cette révolte, forte de la raison et de la connaissance, forte de ses multiples réseaux de réflexion et d’échange – va devenir audible à un large public. Parce que voyez-vous, les seules analyses qui se vérifient presque à tout coup sont celles, bricolées ou expertes, de ce courant de pensée.

Votre bonne volonté n’est pas en cause : c’est votre volonté qui l’est, la volonté d’écouter vos électeurs et la volonté de changer.

Pour revenir au nerf de cette guerre, l’argent, vous vous souvenez des propositions « pour une  révolution fiscale » (notre article). Nous en sommes loin. Voyez ici la réaction de l’un des auteurs de cette étude, Thomas Piketty, directeur d’étude à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

« Les mesures du gouvernement, « une régression intellectuelle et politique considérable »

Hollande et Ayrault:  peuvent  mieux faire.

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Une Reponse »

  1. @Ce n’est rien que la sourde révolte de trop nombreux citoyens, souvent jeunes, porteurs de vrais projets, de vrais espoirs de briser les cercles infernaux. Ce n’est rien par rapport à ce qui va se passer lorsque cette révolte, forte de la raison et de la connaissance, forte de ses multiples réseaux de réflexion et d’échange – va devenir audible à un large public.

    Si seulement! Mais je crains que certains fassent dériver la colère vers des choix nauséabonds nourris par la méthode du bouc-émissaire.

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