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Transition énergétique outre Manche
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 10/09/2012 – 17:19

Comme me le rappelait un ami anglophile (çà existe !) la grande qualité de ces peuples reste le pragmatisme. C’est peut-être ce qui fait que nos amis britanniques sont en train de mettre au point un plan de transition énergétique qui fait encore défaut chez nous et dont vous pouvez vous faire une idée à partir de ce lien.

Ce projet fait suite au Livre blanc sur le marché de l’électricité et au Plan carbone avec un triple objectif :

  • Décarbonation
  • Sécurité du service
  • Prix abordable

Dans les 10 ans à venir, plus de 25% de la capacité de production électrique est à renouveler en Grande Bretagne  (centrales atomiques et centrales au charbon en fin de vie). Coût estimé entre 100 et 200 milliards de livres.

Mais d’ici 2050 c’est un doublement de production qu’il faut assurer (transports, chauffage). Autres objectifs :

  • 80%de réduction des GES par rapport à 1990 d’ici 2050
  • 30% d’ENR dès 2020.

La loi prévoit des mécanismes stables de rémunération des énergies vertes mais aussi encourage les investissements dans des moyens de production d’électricité utilisés lors des pics de consommation.

Le prix plancher du carbone a déjà fait l’objet d’une législation. En 2013 il sera  d’environ 15,70 £/tCO2, puis il devrait grimper régulièrement pour atteindre 30 £/tCO2 en 2020 et 70 £/tCO2 en 2030 (prix constant, base 2009).

Le gouvernement ambitionne une coordination notamment dans la perspective de construction de nouvelles centrales nucléaires …  Bien entendu aussi, nous sommes au Royaume du Libéralisme : il y aura dans le même temps privatisation des pipelines d’alimentation des aéroports.

Il n’en reste pas moins que, selon les détracteurs britanniques du projet, rien n’est dit de la nécessaire disparition des centrales au charbon et de l’absence de CSC -. systèmes de capture et stockage du carbone encore bien loin d’être commercialement viable.

En ne donnant pas d’objectif clair pour l’électricité décarbonnée d’ici 2030, les ministres ouvrent la porte d’une nouvelle et dangereuse course vers le gaz, qui entraînera à la hausse à la fois la facture énergétique des familles et les émissions de GES, et qui augmentera la dépendance liées aux importations de combustibles fossiles.

Le nucléaire

Sur 8 réacteurs initialement prévus, seul un consortium emmené par EDF Energy reste en lice pour construire deux EPR à Hinkley Point. Avec le dérapage du coût de construction des centrales EPR en Finlande et en France, certains craignent que le programme nucléaire soit coûteux pour le consommateur et / ou le contribuable britannique.

Les ENRs

7 Md£ d’investissements dans les énergies renouvelables annoncés en 2011.

Le montant des investissements annoncés par le secteur privé dans les énergies renouvelables au Royaume-Uni a totalisé 7 Md£ en 2011, potentiellement créateurs de 20.000 emplois. Le Yorkshire et l’Ecosse sont les destinations les plus attractives pour ces investissements.

La grande question du coût

Un investissement requis de 200 Md£ d’ici 2020 représenterait 8.000 £ par foyer, et fait craindre une hausse importante du coût de l’énergie. A titre personnel je vérifie ici que 800 euros par foyer n’est pas si éloigné de nos (grossières) estimations (30 à 50% d’augmentation) – et ne tient pas compte de la baisse de consommation pour le gaz du chauffage.

De son côté, l’Institution of Mechanical Engineers (IMechE) rappelle l’importance des technologies de stockage de l’électricité et du besoin crucial de mesures claires de soutien du gouvernement pour leur développement.

Il ne faut également pas oublier le second grand moyen d’action pour réduire les émissions de GES : l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Nous voyons là nos voisins à la peine pour une vaste réforme « complexe et non testable ». C’est l’exemple type des questions contemporaines suite à la situation environnementale. On peut espérer que même dans un environnement hyper libéral le débat démocratique, longue tradition britannique, gardera suffisamment de vigueur pour de réels progrès.

Bien sûr, on peut ambitionner une production mieux connectée (où est passée la réforme du réseau?) et même une production fortement décentralisée ou coopérative style « Rifkin ». L’important reste tout de même le démarrage – le financement – d’un début de transition. Le reste dépendra de la volonté et de la pugnacité des citoyens, de la force de leurs organisations politiques et de la vigueur de leur volonté de changement – ce qui n’est pas une question à négliger…

Reste à savoir ce que nous, français grands distributeurs de leçons, allons mettre en place dans un proche avenir au delà des querelles dont pour le coup nous détenons le record toutes catégories. Il est vrai que l’herbe démocratique semble toujours plus verte de l’autre côté de la barrière  - de la Manche…

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