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Pendant les grèves, les désastres continuent
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 14/07/2012 – 10:29

 Une étude prédit un effondrement planétaire irréversible imminent

Bien sûr nous sommes bouleversés par les problèmes sociaux industriels du moment. Pas la peine de répéter qu’ils ne sont pas pour autant inattendus.

Mais qu’en sera-t-il du désastre écologique ? Faudra-t-il attendre qu’il soit trop tard pour qu’on nous projette à l’heure de notre mort les images d’un monde merveilleux et disparu : les images de notre monde actuel – comme dans le film Soleil Vert de  Richard Fleischer, sorti en 1973 ?

Pas de panique : le film se situe en 2022… Nous avons le temps – à la mesure de notre cécité.

En se basant sur des théories scientifiques, des modélisations d’écosystèmes et des preuves paléontologiques, une équipe de 18 chercheurs, incluant Arne Mooers, professeur de la Simon Fraser University (SFU, Vancouver), prédit que les écosystèmes terriens vont faire face à un effondrement imminent et irréversible (voir le billet d’ambassade sur ce lien mais préférez la VO si possible sur ce lien.).

Le dernier point de basculement dans l’histoire de la Terre est apparu il y a 12.000 ans, lorsque notre planète est passée de l’âge de glace, qui a duré 100.000 ans, à un état inter glaciaire.

Des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1000 ans. Il y a une probabilité élevée que le prochain changement d’état global sera extrêmement perturbateur pour nos civilisations. Ainsi, si un système bascule vers un nouvel état parce qu’on a ajouté de grandes quantités d’énergie, même si on retire la nouvelle énergie il ne reviendra pas à l’ancien système. La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent.

L’étude conclut que nous serions avisés de ne pas transformer la surface de la Terre de plus de 50%, ou nous ne serions plus capables d’inverser ce processus. Nous avons aujourd’hui atteint 43% de ces changements, en convertissant les paysages en zones agricoles et urbaines.

« En un mot, les hommes n’ont rien fait réellement d’important pour éviter le pire car les structures sociales pour faire quelque chose ne sont simplement pas là », dit Mooers. « Mes collègues qui étudient les changements climatiques induits à travers l’histoire de la Terre sont plus qu’inquiets. En fait, certains sont terrifiés ».

La publication de cet article par la revue Nature a suscité deux commentaires que vous trouverez grâce au lien précédent. Le premier est de Vic Kley de l’université de Berkeley. Il salue la qualité de ce travail mais met en garde contre une présentation sensationnaliste dans la presse et sur le Net alors que « les conclusions des auteurs son modestes, claires et prudentes. »

Second commentaire de Kevin Matthiews PHd Université Iowa : « Magnifique synthèse […]…J’espère, pour le bien d’une humanité qui a désespérément besoin de s’y accrocher, que les éditeurs envisagent de rendre ce document de synthèse accessible hors de l’abonnement à Nature. Cela mérite d’être lu par quiconque en est capable. »

En fait, le document complet est protégé par Nature avec un droit d’accès assez élevé (30 livres) et comme je ne suis pas sûr d’en être « capable » j’espère aussi une meilleure diffusion. Des volontaires parmi les amis de La Croissance Autrement ?

Alors j’en resterai à ma conclusion elle aussi « sensationnaliste » :

Heureusement, nous, nous ne sommes pas terrifiés. Dormez, braves gens… il est minuit dans la nuit écologique. Les marchands de peur vous saluent bien ! A bientôt pour de nouvelles aventures.

Avez-vous mieux à proposer ? Ne vous privez pas de commenter… Ne vaudrait-il pas mieux faire en sorte que nous remédions à cette « absence de structure sociale » pour « faire quelque chose » ? Les conclusions « prudentes » de l’étude ne sont qu’une pierre de plus dans l’édification d’un rempart à ériger d’urgence – me semble-t-il – comme la barbarie ultime dont nous ne vouons à aucun prix. Mais s’agit-il encore de prix ? Il y a un monde au delà de l’économie : c’est le monde réel. Il n’est pas à sauver – mais notre espèce l’est.

 

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