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Savoir et s’engager
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 11/06/2012 – 11:01

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

  • D’abord il y a cet article de Frédéric Lordon (Le Monde Diplo) – et oui : 13 pages…
  • Ensuite il y a la Troisième Révolution Industrielle (notre article)
  • Ensuite il y a la fin des matières premières (notre article)
  • Ensuite  cet édito à propos du rapport  de la Royal Society a publié fin avril 2012 intitulé « People and the planet », sous la direction de Sir John Sulston, Prix Nobel 2003 de Médecine, président de l’institut pour la science, l’éthique et l’innovation de l’université de Manchester.
  • Enfin les scénarios démographiques sous l’aspect de l’immigration sur ce lien (rapport du  Government Office for Science of London – 234 pages en Anglais).

On arrête là… pour l’instant ! Comme ce n’est pas notre précipitation vers les urnes qui a compromis notre week-end, nous avons là largement de quoi nous occuper.

Voyez ce que nous dit Lordon : nous avons les clés pour comprendre le fonctionnement des banques, de la monnaie, des banques centrales. Dire que nous avons la solution pour sortir de la crise serait pour autant stupide. Cette sortie de crise relève de tout autre chose qu’un Nième plan de sauvetage, en tous cas. Mais nous sommes sur la bonne voie quand nous comprenons qu’un pays n’est pas une entreprise – encore moins comparable à une économie de ménage bourgeois. Un pays c’est beaucoup plus vaste, plus puissant et – normalement – plus ambitieux. La solution devra non seulement s’appuyer sur de nouveaux outils – Lordon propose la taxe SLAM qui limiterait les taux de rémunération du capital – mais elle relève aussi d’une autorité légitime, souveraine, incontestée. Alors là, oui, vous cherchez : Hollande ? Merkel ? Obama ? Quand même pas Marine LePen, quand même ?

Non : la solution est bien plus simple : le peuple, la démocratie. Nous voici revenus aux élections législatives en France ? Hum… Disons : partiellement !

Depuis quelques mois un mouvement relativement discret s’est mis en route : Roosevelt 2012, actuellement rejoint par plus de 60 000 citoyens. Parmi les fondateurs : Stéphane Hessel, Edgar Morin, Michel Rocard, Pierre Larrouturou , Patrick Viveret,  Susan George, Claude Alphandéry, Dominique Méda … et bien d’autres.

Il s’agit cette fois de rappeler à nos (nouveaux) dirigeants que nous ne sommes pas sans savoir, que nous ne sommes pas sans expérience, que d’autres, bien avant eux, ont su faire face avec courage et détermination à des situations réputées sans issue. Et le premier d’entre eux est Franklin Roosevelt – on aura beau objecter que la seconde guerre mondiale fut un paramètre important, il a tout de même réagi dès 1933 avec une détermination et une énergie qui ont donné l’impulsion. C’est donc son nom qu’a repris ce mouvement pour appuyer et amplifier les promesses socialistes. C’est cela que nous en sommes en droit d’attendre d’une démocratie vivante et véritable.

Libre à vous de vous faire votre propre opinion mais voici pour une fois un mouvement indépendant qui met à plat les 3 chantiers essentiels de l’urgence : le social, l’économie et l’écologie. Voici un mouvement qui propose 15 mesures à mettre en place immédiatement pour nous libérer du carcan financier, pour orienter une reprise intelligente vers des travaux d’avenir et pour anticiper les crises environnementales et des ressources. Le partage du travail est aussi examiné sous un angle défendu par Rocard depuis longtemps déjà – une réduction massive qui va dans le sens préconisé par Tim Jackson.

Le débat le plus aigu ne sera même pas celui de la finance – bien qu’elle pèse très lourdement sur les décisions et les orientations du proche avenir. Le débat essentiel sera celui qui n’aura peut-être pas lieu – en tout cas pas sans l’intervention concrète de mouvements importants comme Roosevelt 2012 : c’est le débat sur la croissance. Il y a 10 ans maintenant que Serge Moscovici écrivait dans « De la nature » : 

« En résumé, les libéraux veulent toujours faire croître le gâteau sans s’occuper de la façon dont il sera partagé : ils laissent au marché le soin de le faire. Les socialistes veulent l’augmenter en le partageant au mieux : si l’on modifie le partage, il pourra continuer à grossir. Et les écologistes s’interrogent sur le goût, les capacités nutritives de ce gâteau : faut-il s’épuiser et épuiser ses ressources à la fabrication d’un gâteau énorme mais empoisonné ? » A lire absolument !

Il y a dix ans. C’est beaucoup et c’est peu. Souvenez-vous du film de John Huston, les Misfits, en 1961. Tout était dit – et avec tellement de talent, de retenue et d’émotion. Nous n’avons toujours pas fait le choix de Clark Gable à la fin du film. Pas encore…

La question est toujours la même : quelle croissance dans un monde fini ? En réalité : quelle liberté, quel destin ?Cela ne signifie pas la fin de la croissance : cela signifie, précisément « La Croissance Autrement » !

L’heure du repos n’est donc pas arrivée pour ceux qui ont placé quelque espoir dans le changement de majorité – et surtout pour ceux qui se refusent à abdiquer devant les difficultés et la complexité du futur proche. Il convient de toujours  travailler, de nous informer, de nous former, de rester aussi vigilants et aussi actifs que possible.  Il convient avant tout de rester debout, arc-boutés sur une longue histoire, une culture ancienne et profonde, une dignité conquise et reconquise par nos pères et les pères de nos pères – une dignité face au pouvoir de l’argent et l’obscurantisation délibéré des peuples.

 

« Possible » : vous connaissez ce mot ? Alors…

 

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