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Les hydrates : le gaz de schiste des mers ?
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 11/06/2012 – 14:21

Deux nouvelles ont attiré notre attention dans le cadre de la veille technologique.

La première concerne la Norvège et la seconde  nous vient des USA – les deux se recoupant.

Il s’agit des hydrates. Un article très complet vous renseignera sur ce lien.

Les quantités de méthane contenues dans les hydrates piégés au fond des océans et dans les régions arctiques en font une nouvelle source « miraculeuse » : plus de 400 milliards de m3 en mer de Norvège sur le plateau continental. Malgré les incertitudes techniques il serait «tout à fait réaliste d’envisager un lancement de la production commerciale dans 40 ou 50 ans. ».

De leur côté les USA en collaboration avec le Japon  ont réussi à extraire de manière continue des hydrates de méthane dans la région de North Slope, en Alaska,

La quantité de méthane supposée présente dans les formations d’hydrates de méthane est phénoménale, probablement plus importante que dans toutes les autres réserves de pétrole et de gaz connues au niveau mondial. Elle pourrait être aussi importante que 1.230.000 milliards de mètres cubes, soit 370 années de consommation mondiale de gaz naturel au rythme actuel.

 Le problème

Le problème réside dans la grande fragilité des formations d’hydrates de méthane. Si les conditions ambiantes sont modifiées trop brutalement – par exemple en cas de hausse de température ou de baisse de pression, les hydrates peuvent se « briser » et libérer subitement d’importantes quantités de méthane, qui peut alors se répandre dans l’atmosphère.

On rappelle que le méthane est un puissant GES, avec un potentiel de réchauffement moyen 23 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone. Les scientifiques craignent particulièrement que la déstabilisation d’une quantité importante d’hydrates de méthane, notamment due à la fonte du pergélisol ou à un accident industriel lors de leur exploitation (par exemple, une décompression accidentelle massive de gisements), entraîne un basculement du climat, provoquant une boucle de rétroaction du climat (un « cercle vicieux » d’émission de méthane et de hausse des températures) qui serait presque impossible à arrêter.

Solution miracle ou bombe climatique ?

 L’exploitation des hydrates de méthanes pourrait être « soit la prochaine révolution dans le monde de l’énergie, soit le pari le plus dangereux que l’humanité n’ait jamais fait » résume Richard Charter, fellow de la Ocean Foundation et membre du comité consultatif sur les hydrates de méthane du DoE. « Et pour l’instant, nous ne savons pas duquel il s’agit ».

Pour notre part nous n’oublions pas que le méthane, même s’il est moins polluant que le charbon, contribue toujours à renforcer la teneur de l’atmosphère en CO2. Passer du charbon au méthane dans l’alimentation des centrales électriques est théoriquement un gain – à condition que les fuites de gaz dans l’atmosphère ne viennent pas anéantir cet avantage comparatif – ce qui semble déjà être le cas avec le gaz de schiste.

Au final les amis de La Croissance Autrement seront pour le moins très réservés sur ce nouvel espoir qui ne fait que prolonger la logique des énergies fossiles. Les investissements et la recherche sur cette source d’énergie ne seraient-ils pas mieux utilisés dans le renouvelable ? Parmi les réponses qui viennent à l’esprit malgré le peu d’information dont nous disposons il y a la répartition des gisements éventuels. Cette fois-ci ce n’est apparemment pas le Moyen Orient mais bien les pays développés – et en premier lieu l’Amérique du Nord puis la Russie – qui seraient favorisés.  Les considérations écologiques passent peut-être après la géopolitique ou alors c’est de la paranoïa ?

Notez que Malicore a mis en ligne un article sur ce même sujet – beaucoup plus développé mais parvenant aux mêmes conclusions… pas très enthousiaste !

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