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Réveille-toi, Rousseau, ils sont devenus fous !
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 03/03/2012 – 17:02

Inquiets du devenir de la buy keyword viagra planète,  conscients des problématiques sociétales  et environnementales, nous nous répartissons en de multiples tendances que le camp des « fossiles » et autres « atomistes » ne manque pas d’exploiter afin de nous diviser. Une des lignes de fracture passe par la online tadalafil generic cialis décroissance, l’autre par la green industry. La bio-ingénierie pourrait bien nous départager…

Il est très humain d’espérer que le génie de notre espèce saura cette fois encore triompher des obstacles, dépasser les limites imposées par la nature et nous espérons toujours confusément qu’une voie existe, cachée, obscurcie par les intérêts des possédants – pour un meilleur usage de la nature.

Notre ami du Triptyque économique ne manque pas une occasion de nous mettre en garde contre une nouvelle hubris, un saut dans un inconnu qui porte le poison de notre vieux rêve de domination de l’univers.

La biomasse, nouvel eldorado?

Un des domaines dans lesquels les « ingénieurs » mettent le plus d’espoir est la biomasse, l’ensemble du vivant végétal sous toutes ses formes avec 230 milliards de tonnes de production annuelle dont près de 50% de sous la forme d’algues.

La biomasse intéresse les grands groupes industriels. Ce n’est pas nouveau si l’on pense aux géants comme APP qui s’illustre en cialis cheap online pharmacy Indonésie en transformant à son profit des forêts vierges en pâte à papier - l’agro-industrie a débuté bien avant avec la canne à sucre, puis la betterave et le blé, le maïs. Mais il y a buy viagra on line plus.

L’ingénierie Biologique

Au départ on s’est contenté des OGMs, puis on a mis en œuvre des manipulations génétiques de bactéries ou d’algues afin d’accroître le rendement des incubateurs chargés de produire divers carburants à partir d’organismes végétaux.

Pour nous en faire une idée écoutons ici l’extrait de l’émission à présent familière à nos visiteurs réguliers – Terre-à-Terre France Culture le 25 février. L’un des invités était Jim Thomas membre d’ETC Group à Ottawa (organisation internationale engagée dans le suivi du développement des nouvelles technologies) – voir leur site ici.

Le groupe ETC a suppliers of generic viagra été un pionnier des alertes sur les OGMs, la bio-piraterie et les nano technologie.

Les BIO MASTERS

Les nouveaux maîtres du bio sont à l’origine de l’évolution (du détournement?) de l’agriculture vers la production de matière première – combustibles, plastiques, carburants – en substitution du pétrole.

 Cela semble – nous semblait jusqu’ici – plus écologique. Cependant, pour obtenir ces matériaux il va falloir soustraire cette matière à la risks of generic viagra biomasse et cette source est limitée, « finie » au sens qu’emploie Geneviève Azam.

Dans un premier temps on a utilisé le sucre de canne ou de maïs pour les transformer en combustible – éthanol.
Afin d’éviter la concurrence directe avec la production alimentaire, les industriels se sont ensuite intéressés à un autre type de sucre, abondant, qui existe dans la cellulose – copeaux de bois, algues – notamment en vue de produire des matières plastiques. Le danger vient encore une fois de l’échelle de ces applications – notamment pour la production d’électricité. – qui aboutit à un accroissement considérable de generic cialis 5mg la pression sur les terres. Jusqu’où peut-on aller sans détruire la biodiversité ? Depuis les années 1980 on utilise plus de biomasse que ne peut en fournir la planète (jusqu’à 1.5 cette capacité).

Monétariser, bien sûr

Une solution a consisté à monétariser la biomasse. On peut s’inquiéter de risks of generic viagra ce recours aux marchés. Nous en connaissons les excès partout et ils ne vont s’impliquer sur ce terrain que pour  accroître la pression sur les terres, principalement sous  les tropiques par préemption des terres au détriment des agriculteurs et pastoraux locaux.

Les entreprises qui s’intéressent à ce secteur sont celles du monde ancien : les grandes entreprises chimiques, les gros producteurs d’énergie qui ont jusqu’ici contrôlé l’économie du pétrole et qui vont, comme Dupont se porter sur ce secteur auprès des grands groupes agricoles mais aussi de la recherche. Ne soyons pas surpris d’y retrouver entre autres Sanofi, viagra online fraud Total, BP et  Microsoft avec des investissements considérables dont on parle fort peu.

La biologie synthétique

La biologie synthétique, version extrême de l’ingénierie biologique va jouer un grand rôle dans la transformation du vivant afin de produire des matières premières jusqu’ici obtenues à partir du pétrole. Ces techniques vont plus loin que les OGMs pour  créer de toutes pièces les parties génétiques d’un organisme : on fabrique des viagra price cost brins d’ADN à partir de matière inerte pour l’injecter dans un organisme vivant. On peut ainsi « programmer » des levures, des végétaux, des insectes. On s’est ainsi à partir de 2003 aperçu qu’on pouvait recréer le virus de la poliomyélite, puis la grippe espagnole de 1918, puis des bactéries complètes – des organismes VIVANTS – les premiers à avoir été créés à partir d’un ordinateur. On injecte ces brins d’ADN dans des microbes et des bactéries de sorte que ces organismes deviennent de véritables usines. Tout cela représente un coût très réduit puisque par la suite les organismes se reproduisent automatiquement. Il suffit alors de fournir le sucre nécessaire.

Des dangers non maîtrisés

Ces procédés entraînent des dangers de toutes sortes, mal connus, mal maîtrisés. Les séquences d’ADN créées sont entièrement nouvelles et leurs effets sont imprévisibles. Ces nouveaux organismes débouchent sur de multiples applications complémentaires – par exemple le nettoyage de l’environnement suite aux marées noires, la désalinisation de l’eau, l’absorption du CO2. Pour les biocarburants on envisage de plus en plus l’utilisation d’algues dans de vastes étendues d’eau – ce qui évidemment ne pourra que favoriser la dissémination dans les cours d’eau. Nous connaissons déjà les dangers créés par la dissémination d’algues naturelles – quels seront les effets de ces nouvelles algues ? Nul ne peut le prédire précisément – impact sur la nature, sur la santé des animaux et des hommes.

Loin du miracle

Nous découvrons une fois encore qu’il n’y aura pas de miracle, que la production d’énergie par la terre a des limites, que l’on ne peut impunément soumettre le vivant à la voracité de la croissance. En ce sens les éoliennes et le solaire extraient une part infime de l’énergie provenant du soleil et se situent encore du « bon » côté de cette barrière qu’Hannah Arendt voyait dans la transgression de la nature. Nous aventurer dans le domaine des dieux risque de nous faire oublier que nous ne sommes que des hommes et que c’est pour ces hommes et non pour la prospérité de quelques uns que nous œuvrons.

Probablement, le solaire et l’éolien ne couvriront pas de sitôt l’ensemble des besoins et ils poseront de multiples problèmes dès que leur part de production d’énergie dépassera le seuil de 20%. ou 30% Mais en cela nous pouvons nous reposer les ingénieurs et les gestionnaires – ce qui n’empêche que, au bout du compte, il nous faudra vivre très différemment - consommer en fonction de la disponibilité de l’énergie, mettre en place des banques de l’énergie, et surtout réduire considérablement notre consommation.

Mes chers lecteurs, il y a une expérience que nos gouvernements sont ravis de nous fournir gracieusement : celle du chômage. Quiconque est passé par cette case en ressort avec une multitude d’astuces et une intelligence de l’économie familiale qui nous rassurent sur une chose : bien souvent nous pouvons vivre avec beaucoup moins et finalement – n’était-ce l’angoisse de la précarité – pas beaucoup plus malheureux.

J’espère ne pas vous choquer : il ne s’agit pas de nous réjouir de la privation de ce droit fondamental  à travailler pour conquérir l’essentiel nécessaire à nos vies. Il s’agit simplement de nous rappeler que le bonheur n’est pas que dans l’accélération sans fin du cycle de production, consommation et destruction.

Alors, oui, peut-être notre ami du Triptyque Economique a-t-il raison de défendre une certaine décroissance solidaire…

A minima réfléchissons avant de signer des pétitions comme celle-ci : Convertir le CO2 en pétrole. Ce qui est curieux c’est que cette requête sur un moteur de recherche aboutisse à des pages entières de liens. Sans tomber dans la paranoïa…. S’il faut en croire Mediapart , BSF en Espagne – une entreprise dont l’ingénieur français Bernard Stroïazzo-Mougin est le président fondateur – serait parvenue toutefois à un système basé sur une bactérie sans manipulation génétique. A Alicante, peut-être mais la tentation sera grande un jour ou l’autre… D’autre part si on creuse un peu (voir document) le bilan énergétique est négatif et le risque de dissémination des algues est bien réel et même évoqué par BSF.

Réveille-toi- Rousseau : ils sont devenus fous !

Ils veulent saigner à blanc notre terre et la nature ! Ils oublient tout de la diversité, de la beauté de cet univers, ils oublient tout de nous ! Sont-ils au moins heureux ? Ceux que je connais (bien) ne le sont guère et ne poursuivent plus, solitaires et riches,  que leur adrénaline.

Peut-être serait-il temps de nous remettre en route aux côtés de vieux sages comme Lovelock et Pierre Rabhi sur les chemins de Jean-Jacques, à pied et balluchon à l’épaule-  peut-être pour y retrouver Rimbaud :

« Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme. »

Je m’égare…

Le problème reste posé de la limite vers cette fabrication du vivant.
La liberté, c’est quand on sait que plusieurs voies sont possibles, qu’on les connaît, et qu’on choisit. A tord ou à raison (mais sur la base d’un suivi consciencieux de l’actualité) nous considérons que certaines voies comme l’atome, les OGMs et l’ingénierie biologiques sont des solutions dangereuses voire anti humaines.
Ceci ne nous renvoie pas à l’âge de pierre et si nous prônons une certaine sobriété c’est précisément parce que nous pensons qu’elle est un prix supportable pour le respect de ces valeurs. A tout le moins la question mérite rapidement un débat démocratique dont je ne vois guère de trace ?

Nota : La question de l’ingénierie biologique fait l’objet d’un ouvrage 
Fabriquer la vie : Où va la biologie de synthèse ?
de Bernadette Bensaude-Vincent et Dorothée Benoit-Browaeys aux éditions du Seuil.

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