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National Council for Science and the Environment (NCSE)
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 10/02/2012 – 18:40

Le National Council for Science and the Environment (NCSE) (voir ce lien) est aux USA un réseau de 500 organisations, universités, ONG, « think tanks » et industries qui se donnent pour mission de faciliter l’interaction entre scientifiques et décideurs politiques.

Cet organisme a tenu sa 12e conférence annuelle du 18 au 20 janvier 2012 à Washington et a réuni près de 1000 participants.

Vous trouverez sur les deux liens suivants le compte rendu publié par le Bulletin Electronique de l’ambassade française :

Le changement climatique, enjeu majeur pour la sécurité mondiale

Conférence NCSE : énergie, eau, nourriture, leur sécurité en question

Que retenir de cet évènement ?

  • Climat : Le changement climatique va impacter la nourriture, l’eau, la santé, le développement.
  • Biocarburants : L’incorporation de 10% de bio carburant dans le secteur des transports a eu pour effet d’augmenter la déforestation en Asie du Sud-Est afin d’augmenter la production de biocarburant à base d’huile de palme.  
    Les biocarburants sont en compétition mondiale avec la production de nourriture sur les terres arables. Ils déstabilisent les prix du marché et mettent en danger des populations pauvres. Les régulations qui imposent un taux de biocarburant pour le transport sont critiquables
  • Démographie : La croissance démographique risque d’accroître les inégalités. Son contrôle est nécessaire et passe obligatoirement par l’éducation des filles, notamment dans les pays en voie de développement.
  • Régions menacées : Effet « aggravant » du climat dans des régions politiquement instable soumises aux inondations et aux cyclones.
  • Prise de conscience : La prise de conscience est très insuffisante.  Peut-être faudrait-il alerter les populations et les mobiliser face au risque comme on l’avait fait au moment de la guerre froide face au risque de bombardement nucléaire en décrétant une mobilisation nationale pour contrer un événement distant mais catastrophique.
  • ONU L’ONU se retrouve assez généralement autour d’un consensus sur le risque mais le Conseil de Sécurité refuse d’affronter des conflits où les pays riches pourraient se trouver mis en accusation.
  • Résilience : Développer la résilience des sociétés face au risque climatique – politiques novatrices et d’adaptation qui ne doivent surtout pas être considérées comme des solutions définitives au détriment des mesures à prendre sur les causes du dérèglement climatique.
  • Sécurité énergétique, de sécurité alimentaire et d’accès à l’eau potable : La sécurité énergétique est étroitement liée aux énergies fossiles liquides
  • Transition : La transition énergétique en cours est trop lente : 1% de progression annuelle pour l’électricité « renouvelable ». Il convient de l’accélérer.
  • Eau : La  production d’énergie et la  consommation d’eau sont intimement liées. Si l’on sait bien que l’énergie est souvent nécessaire pour capter et traiter l’eau, on sait moins que l’on consomme de l’eau pour produire de l’énergie – dans le cas de l’Inde c’est 25%.
  • ENRs : Les énergies renouvelables peuvent fournir une solution pour apporter l’eau et l’électricité partout dans le monde d’ici 20 ans. Elles permettent d’échapper aux fluctuations du prix de l’énergie en diminuant la dépendance au pétrole.
  • Transports : Le secteur des transports est particulièrement dépendant du pétrole. Son efficacité énergétique doit être fortement améliorée – le renforcement des normes de consommation de carburant pour les véhicules particuliers et les camions est en cours.
  • Nucléaire : Le modèle de production électronucléaire actuel n’est pas une solution adéquate puisque non rentable, même avec le soutien important des pouvoirs publics, Un créneau reste possible pour le développement de petits réacteurs modulaires d’une puissance inférieure à 600 MW.
  • Fossiles : Les intervenants soutiennent la production locale (USA) d’énergie fossile. Toutefois des ressources comme le pétrole restent – locales ou pas –  soumises aux fluctuations du marché mondial –ce qui compromet l’indépendance énergétique du pays. Le gaz naturel et les gaz de schistes seront une solution, selon les intervenants, si l’on parvient à les exploiter dans des conditions respectueuses de l’environnement (…).
  • Sécurité alimentaire : Les printemps arabes ont mis en évidence les conséquences déstabilisatrices des tensions sur l’alimentation
  • Système agro-alimentaire : Le système actuel de production de nourriture ne sera pas capable de faire face aux défis du 21ème siècle – changement climatique et forte croissance de la population mondiale.
  • Solutions :
    • Bio technologies pour accroître le rendement des cultures
    • Processus moins consommateurs de ressources
    • Chasse aux déperditions dans le système actuel  - 30% de pertes dans la chaîne de production/distribution.
    • Limiter l’élevage dans les pays développés, pour que « plus de nourriture soit utilisée pour nourrir les hommes et moins pour nourrir les animaux »,
  • Les subventions agricoles : Elles mobilisent des sommes énormes, injustement attribuées aux pays riches. Elles se traduisent par beaucoup de gaspillage. Parfois – comme en Inde – cet argent ferait mieux de s’investir dans la recherche.
  • Recherche : La recherche agricole est un enjeu majeur – notamment pour la mise au point de variétés adaptées au changement climatique.
  • Politique d’aide : L’aide des USA aux pays pauvres sera davantage orientée en faveur de productions agricoles locales.

Conclusion 

Nous retrouvons beaucoup de points que nous avons déjà évoqués ici – il est toujours bon de les rappeler. Néanmoins certaines solutions se heurteront à de vives résistances pour des raisons corporatistes mais aussi pour des raisons culturelles.

La disparition des subventions pour des paysans qui travaillent souvent très dur sans parvenir à équilibrer leurs comptes est non seulement difficile à faire accepter mais va pousser à une désertification et/ou invasion des campagnes  par le résidentiel. Culturellement, notre pays sort d’une longue histoire rurale et l’émotion serait grande. De plus le recul d’exploitation n’est pas le but recherché.

Certains de nos amis plaident pour les circuits courts – ce qui est une partie de la solution.

Enfin, même si l’évolution vers une nourriture moins carnée est en cours, la réduction de l’étal des bouchers après celui des poissonniers représente un changement profond. Même si la consommation fréquente de viande est récente, elle a été perçue comme un progrès social.

La décroissance devra savoir se vendre en proposant d’autres perspectives. Lesquelles ? Là est bien la question : on ne pourra pas changer la société à moitié, il faudra lui redonner du sens.

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