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Parfum de campagne : Noël Mamère
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 27/01/2012 – 13:18

Ce n’est pas ma faute… France Culture a accompagné toute mon adolescence et a continué à me passionner et à me former dans mon jeune âge adulte. Alors oui je suis un peu triste quand le niveau du débat me semble tellement éloigné de cet idéal d’ouverture et de prospective… C’est sans doute l’âge : on idéalise le passé et on boude le présent…

Toujours est-il que, je le répète, nous ne roulons ici pour personne. Pas même pour EELV et pas non plus pour Noël Mamère, l’invité des matins du 24 janvier.

C’est bien de disposer d’une demi-heure sur un media qui s’il n’est pas le plus écouté bénéficie d’une certaine image culturelle, justement.

La chronique d’introduction par Brice Couturier ne donne pas dans la nuance pour estampiller d’arbitraire le pourcentage de centrales à fermer. Certes. Sauf que bien sûr on revient à l’antienne de « la réalité des besoins ». Evidemment ensuite on entend le couplet sur « moins de nucléaire = plus de CO2″.  

On nous rappelle aussi que la France va très bien, merci. L’Allemagne rejette 60% plus de CO2 par euro de PIB (on oublie la désindustrialisation de la France) et la Chine, bien sûr… cent fois plus par euro de PIB.  

Les 3 éoliennes de la Chine

Alors « que la Chine ait 2 ou 3 éoliennes » (SIC) ne compte pas » d’après Couturier. Mais simplement la Chine a installé plus de 41 Mw d’éolien ce qui en fait (selon Le Figaro) la première puissance éolienne du monde… Bravo le nombril français! Il aurait pourtant été possible de parler des vrais défis de l’éolien pour la Chine comme sur ce lien.

Certes nous ne devrions pas nous plaindre non plus de payer (pour l’instant) notre électricité 2 fois moins cher que les Danois qui, les malheureux,  ont misé sur l’éolien et le photovoltaïque. Merci encore pour notre indépendance … suivez mon regard vers le détroit d’Ormuz.

Quant au voltaïque et à l’éolien en France, la rente dont ils bénéficient est payée par le consommateur. Les sources citées sont neutres, ou peu s’en faut  : Fondapol … qui dépend seulement de l’UMP…

Un choix de mode de vie ?

Après cette charge on peut parler de constats « objectifs et chiffrés « …  Je suis désolé mais je ne puis qu’approuver Noël Mamère quand il dénonce ce journalisme à la hache et rappelle que la vraie question concerne la combinaison production +consommation+ mode de vie et qu’on a tord de dissocier ces paramètres.

Plus généralement, les écologistes (dont la ligne politique peut nous convenir ou pas, c’est une autre question) « ne sont pas des éco-fascistes ». Leurs références nous parlent et ne manquent pas de hauteur comme Jacques Ellul (« La technique ou l’enjeu du siècle ») mais encore le plus gascon mais injustement moins connu Bernard Charbonneau dont on a pu oublier de relire les articles dans la Gueule Ouverte ou plus sérieusement l’un de ses nombreux ouvrages dont « l’Hommauto ». Non décidément, le style « hard talk » ne mène pas loin et n’ennoblit pas le métier de journaliste.

Que cela ne vous décourage pas d’écouter sur ce lien  cette entrevue de 30 mn.

Certes, la carrière politique de Noël Mamère manifeste, disons, une certaine souplesse ondulatoire… Là n’est pas la question. Ce qui me pose problème est la façon dont le journalisme traite l’écologie, assène des platitudes, préfère relancer la discussion sur la politique politicienne, escamote les objections, rabote les débats.

Le vent l’emportera…

Le débat sur le nucléaire est traité ici à la hussarde à coup d’arguments et contre-arguments éculés. Le drame ne serait-il pas dans la méconnaissance de ces analyses par les journalistes eux-mêmes ? Le coût réel du nucléaire, son absence de souplesse, la sous évaluation des provisions de démantèlement, les déchets et les risques, etc…  ne devraient-ils pas faire partie de la boîte à outil de base de journalistes ? Ou bien, encore pire, ces journalistes imaginent-ils que les auditeurs sont tellement ignares et infantiles qu’ils ont besoin de ré entendre pour la centième fois les arguments de défenseurs du nucléaires déboutés depuis des décennies ? Pour revenir à Eole, vivement qu’un vent plus frais souffle sur ces jeunes antiquités journalistiques!

Le prix des ors républicains

Il n’est pas moins vrai que les écolos tombent parfois dans le piège, et c’est vrai aussi qu’ils se sont fait manipuler et récupérer lors du Grenelle (voir « Qui a tué l’écologie » de Fabrice Nicolo) – les lambris dorés de Matignon ou de l’Elisée peuvent monter à la tête… Pourtant, si les écologistes ont des tas de défauts, ils disent aussi des tas de vérités qui devraient ne plus faire l’objet de telles arrogantes dénégations. Comment avancer sur la réflexion avec ce qui ressemble à l’anti jeu de l’équipe de France (ou celle d’en face) de rugby dans ses plus mauvais jours? On fait du surplace.

Mais j’arrête ici. Nous faisons peut-être du mauvais journalisme, mais réchauffée pour réchauffée je préfère encore notre modeste cuisine.

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