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Al Gore=Portes ouvertes ? Enfonçons-les !
This is my site Ecrit par Serge CLAVERO. on 17/07/2011 – 15:49

Pour certains amis de ce blog ce qui suit ne présente qu’un intérêt limité : tout a été dit. Pourtant il s’agit d’une des voix les plus fortes aux USA dans le domaine du réchauffement climatique : Albert Arnold Gore, Jr., plus connu sous le nom d’Al Gore.  
L’article qu’il a livré à la revue Rolling Stone fin juin 2011 est (paradoxalement peut-être) triplement passionnant. Vous pourrez en retrouver ici la transcription en VO et dans la traduction dont je suis responsable.

Article intéressant d’abord par son originalité et son style, son humour et son choix d’une revue plus habituée aux vedettes de la pop et du rock’n roll. On ne s’ennuie pas au récit de ce match de catch truqué qui illustre pour Al Gore le combat des défenseurs de l’environnement opposés aux lobbies des énergies fossiles.

Ensuite cet article est intéressant parce qu’il retrace – une fois encore me direz-vous – les manœuvres plus que douteuses de ces lobbies pour semer le doute et la confusion dans les esprits en dépit des vérités établies par la science.

Mais le troisième aspect n’est pas le moins intéressant : pourquoi n’écoutons-nous pas ce discours ? Ou bien oui, nous l’entendons au même titre que nous entendons la publicité pour le dernier gadget électronique venu – mais non : moins que cela même.

C’est là que la parabole du match truqué doit nous interpeler. Bien sûr, Al Gore n’est pas un saint : c’est même un milliardaire. Bonne raison pour ne pas l’écouter – remarquez pourtant que la raison inverse (je suis loin d’être un milliardaire) fait que justement on m’écoute d’autant moins !

Al Gore en effet est membre du conseil d’administration d’Apple, important actionnaire et conseiller de Google, co-créateur et président de Current TV, co-fondateur et chairman de Generation Investment Management LPP - fond d’investissements à long terme dans l’économie durable qui recueille des capitaux d’investisseurs du monde entier et en particulier de nombreux fonds de pension américains. Mais surtout Al Gore s’est lancé dans le négoce de certificats d’émissions de CO2. Là c’est définitif : ceci explique son acharnement « climatique ». CQFD.

Dans ces conditions tout le volet politique s’efface : ancien vice-président des USA ? candidat malheureux à cette présidence qui lui échappe de 537 bulletins face à Bush en 2000 (bien qu’avec 550 000 voix de plus)? Et alors? De même son prix Nobel de la Paix en 2007 compte pour rien – de drôles de prix Nobel de la Paix courent les rues…

Mais qui sommes-nous, dans quel monde vivons-nous ? Nous vivons dans un monde des complots, c’est possible, mais nous vivons aussi dans le monde de complots (contre les défenseurs du climat) que nous imaginons pour justifier notre immobilisme, notre passivité et notre inaction. Alors peu importe que le prix de ce petit jeu reste à la charge de nos enfants – l’important est la préservation de nos egos bien à l’abri dans nos avions charters et nos monospaces climatisés.

Seulement voilà : au-delà des gesticulations sur le ring médiatique, les compteurs continuent d’enregistrer le débordement fatal de nos agressions contre la planète. Comprenons ce que cela signifie : agresser la planète. Descendre dans l’arène affronter/agresser un taureau, bien peu d’entre nous oseraient le faire. Mais défier les limites raisonnables de l’exploitation de l’environnement, là oui, allons-y : nous ne risquons rien, nos enfants paieront. Mais non : NOUS paierons. Mais non encore : nous payons déjà.
Ce n’est pas tomber dans un holisme planant que de voir un lien entre la crise économique et financière d’une part et l’impasse du projet de développement sans limite vers lequel on nous pousse à coup de menaces de faillites nationales.

Alors oui, ne nous privons pas du plaisir un peu amer c’est vrai de lire ce que nous livre ce militant d’une cause qui devrait être la nôtre. Comme il est possible que vous n’en ayez pas le temps … c’est souvent le cas … je vous livre sa conclusion qu’il ramène à  4 conseils :

  1. devenir un défenseur de l’environnement engagé pour résoudre la crise.
  2. approfondir votre engagement en faisant des choix de consommation
  3. adhérer à une organisation vouée à l’action sur cette question.
  4. contactez vos journaux locaux et stations de télévision et faites-leur savoir que vous en avez marre de leur résistance obstinée et lâche à rapporter les faits de cette question.

En un mot : sautez sur le ring ! L’avantage c’est que le taux de testostérone et la masse musculaire ne sont pas un préalable – mais le courage pourrait bien s’avérer nécessaire.

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